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MERCI DE PRENDRE EN PRIORITÉ LES RÔLES MASCULINS

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 Thybalt A. Andreotti ♣ Our fingerprints don’t fade from the lives we’ve touched.. »

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Thybalt A. Andreotti
LA MANIPULATION & LA TRICHERIE ♠ sont un art, n’est pas Giulio Andreotti qui veut.

■ Messages : 3716
■ Age du Personnage : 25 ans
■ Logement : ANDREOTTI; 34 Via Barchetta ; Citta Antica
■ Date d'arrivée à Vérone : 12/12/2009

♠ ♠ ♠ ♠
■ Relazioni & Famiglia:
■ Job: Maire de Vérone
■ Sono : marié(e)

MessageSujet: Thybalt A. Andreotti ♣ Our fingerprints don’t fade from the lives we’ve touched.. »   Dim 6 Mar - 14:58



crédits ϟ absofreakinlutely

thybalt aaron andreotti

25 ans ♣ Marié ♣ Citta Antica


Je m'appelle Thybalt Andreotti, je suis d'origine italienn plus précisemment scillienne, je suis née et j'ai grandi à Rome. Si tu veux me souhaiter mon anniversaire c'est le DATE. Quand je fais ma déclaration d'impôt j'ai envie de déclaré que je suis plutôt bourgeois. J'ai mené ma barque jusqu'à aujourd'hui, de cet fait j'éxerce le métier de Sénateur. En ce moment, je suis marié. Comment ça pourquoi ? Mais, parce que j'ai rencontré mon âme soeur, et figurez vous qu'une mauvaise plaisanterie de ma soeur nous a forcés à nous marrier. J'appartiens aux bachert. C'est bien jolie tout ça mais il serait peut être temps d'entrer dans les détails non ?!


all you need is love ?


Ne soit pas timide, c'est quoi ton petit nom ? Moi c'est Pow mais tu peux aussi m'appeller Dieu
Age: 21 ans et oui on veillit vite mes amis.
Scénario, personnage inventé ou Bachert: Un Bachert.
Mais qui c'est lui ? Rpattz.
Tu n'aurais pas un code pour nous ? Ah je le connais mais je vous le dirais pas.
Autre chose à ajouter ? this version will rock.










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Thybalt A. Andreotti
LA MANIPULATION & LA TRICHERIE ♠ sont un art, n’est pas Giulio Andreotti qui veut.

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■ Job: Maire de Vérone
■ Sono : marié(e)

MessageSujet: Re: Thybalt A. Andreotti ♣ Our fingerprints don’t fade from the lives we’ve touched.. »   Dim 6 Mar - 14:59



crédits ϟ tumblr

sometimes, i pretend to be normal.



Ma vie a tout d’un drame Shakespearien, sauf que dans mon cas. On dit souvent que lorsque l’on a frôlé la mort de près, lorsque les doigts glacés de la faucheuse vous ont étreint l’espace d’un instant avant de vous relâchez, on prend conscience de l’importance de la vie. Pour moi rien ne s’est passé dans l’ordre naturel des choses. J’avais frôlé la mort, j’avais cru mourir, j’avais même souhaité mourir, de toute mon âme, de toutes mes forces. Mais ce destin clément ne m’avait pas été accordé, j’avais survécu, j’étais Le Survivant. Et chaque jour que Dieu fait, chaque matin, je souhaite ne jamais me réveiller, et pourtant, je suis toujours en vie. Le suicide ? Oui, j’y ai pensé, je ne mentirais pas, j’ai souhaité mourir mais j’ai été trop lâche pour accomplir ce geste. Une soirée, une seule et unique soirée, avait suffit pour faire basculer ma vie. Un stupide accident de voiture, une putain de révision de frein jamais effectuée, l’alcool… Et ma vie avait prit fin. Pour continuer dans les clichés stupides on dit souvent que lorsque l’on est sur le point de mourir toute votre vie défile sous vos yeux. Ceci dans mon cas fut vrai. Des choses, dont j’ignorais même l’existence m’avait traversé l’esprit lorsque j’avais quitté ce monde durant trois petites minutes. Trois minutes qui avaient changés ma vie, il en aurait fallut deux de plus pour que ma vie s’achève, que je meurs. Chaque jour je me demande pourquoi Dieu ne m’a pas accordé ses deux minutes supplémentaires. Pourquoi moi ? Pourquoi UNIQUEMENT moi ? Pourquoi ? L’histoire de ma vie semble avoir tout du conte de fée et pourtant c’est cette enfance heureuse, l’amour de ma famille, qui aujourd’hui ont détruit mon existence. Car ils étaient tout pour moi. Tout. Toute ma vie. Toute ma joie. Mon unique bonheur. Et lorsqu’ils sont morts, ma vie entière n’a plus été qu’un champ de ruines. Mais, nous n’en sommes pas encore là. Le médecin me force à écrire ceci, et il ne me lâchera pas tant que je n’aurais pas couché sur papier l’histoire de ma vie, ma souffrance, ma joie, mes bonheurs… cet imbécile n’a rien comprit. Il ne comprend pas que la seule chose qui m’aurait sauvé, qui me sauverait, serait de devenir amnésique. D’oublier.

Je suis né le soir le plus froid de l’hiver 1985 et je ne fus pas seul ce jour là comme je ne le fus pas les 22 années suivantes. Comme je le suis aujourd’hui, depuis deux ans.


[…]

Il est difficile voir même impossible de trouver quelqu’un en Italie qui ignore qui sont les « Andreotti ». Le nom d’une famille illustre mais aussi bien connu pour son sombre passé. Thybalt ignorait encore quel destin serait le sien lors de sa venue au monde. Il ignorait tout de ce que sa famille avait fait, il ignorait encore qui il était. Il n’était qu’un petit être de cinquante deux centimètre et de deux kilos cinq cent soixante. Un nouveau né de quelques heures qui ignorait tout de l’héritage qu’il devrait endosser et du poids de ce fardeau. Thybalt naquit par une froide nuit d’hiver de l’année 1985. Mais il ne naquit pas seul, sa sœur jumelle Caterina vit le jour cette même soirée. Ce petit garçon était attendu plus que tout par son grand père Giulio « Il Divo » Andreotti. Bianca Di Angelo était une femme de tête, de caractère, une Sicilienne, une roturière également. Il en était tout autre de son mari Milo Andreotti, le plus jeune journaliste italien à avoir réussit à obtenir le prix Pulitzer pour un reportage sur les liens entre le gouvernement actuel et la Cosa Nostra. Mais plus que tout autre chose, Milo Andreotti était le fils de Giulio Andreotti, sénateur, président du conseil italien. L’un des membres le plus important du gouvernement actuel que Milo accusait de corruption et liens avec la mafia. Depuis qu’elle avait épousée Milo, Bianca avait été confrontée à l’ombre de son beau père de façon constante, même si ce dernier désapprouvait cette union et refusait d’avoir tous liens avec eux. Leur illustre nom était un poids, surtout depuis que Milo avait réussit à publier son reportage et depuis que son beau père avait commencé à être accuser de corruption, lui et son gouvernement. Mais ce soir qu’importait le poids de leur nom, ce soir, qu’importait leur histoire ? Ce soir l’unique chose importante était la venue au monde de leurs enfants. Ce fut dans une maternité Romaine tout ce qu’il y avait de plus modeste que virent le jour la nouvelle génération Andreotti, loin des maternités privés et ultra moderne dont les portes auraient pu s’ouvrir à l’entente de leur nom. Car ses parents n’étaient en rien semblables à ceux qui portaient le même nom de famille qu’eux. Ce soir ils étaient simplement Milo et Bianca, des parents parmi d’autre.

« Signore & Signora Andreotti ? » La porte de la chambre individuelle qu’occupait Bianca venait de s’ouvrir tout doucement. Les deux parents se stoppèrent en plein éclat de rire, chacun tenant l’un de leur enfant dans leur bras. Ils tournèrent d’un même mouvement leur regard vers l’infirmière qui se tenait dans l’embrasure de la porte. « Scuzi. Il y a quelqu’un pour vous. » Milo se tourna vers sa femme, alors que l’infirmière quittait la pièce, Thybalt dans les bras enfin endormit.
« Ta mère ne devait pas arriver que demain ? »
« Si. » Murmura Bianca en resserrant son étreinte sur le petit corps frêle de sa fille. « Si… » Alors une silhouette voutée pénétra dans la pièce.

Giulio Andreotti était le genre d’homme qui incarnait à la perfection le dicton « méfiez-vous des apparences elles sont parfois trompeuses ». Si vous l’aviez un jour croisé dans la rue vous n’auriez vu en lui qu’un adorable grand père, un vieil homme inoffensif. Pourtant, il n’était rien. Giulio Andreotti n’était en rien un homme inoffensif. Cet adjectif était pour ainsi dire presque insultant à ses yeux. Personne ne savait mieux que Milo Andreotti de quoi était cabale l’homme qui venait d’entrer dans la chambre. Car, Milo était le fils de Giulio. Un froid glacial s’abattit soudainement sur la pièce. Comme inconscient du malaise que venait de provoquer son arrivé, il Divo épousseta la neige qui avait blanchit les épaules de son épais manteau de laine. Il tenait dans sa main gauche les anses d’un sac homologué de la griffe d’une grande marque.

« Papa. » La voix quelques minutes plutôt débordante de chaleur de Milo était soudainement devenue froide, presque agressive.
« Ma chère Bianca ! » Déclara le vieil homme en s’approchant du lit, ignorant royalement son fils. « Un ami m’a informé de la naissance de mes petits enfants ! Je suis si heureux de vous trouvez aussi resplendissante. » La jeune mère le dévisageait, surprise. Milo apparut soudainement à ses côtés serrant Thybalt contre lui. Giulio examina les deux paquets de couvertures l’œil brillant. « Un garçon et une petite fille, la famille s’agrandit ! » Il avait tout en cet instant d’un grand père lambda. Pourtant, ses yeux ne quittaient pas l’enfant dans les bras de son père. « Je vous ai apporté un petit quelque chose » Continua t-il en tapotant le sac qu’il posa au pied du lit. Se tournant vers son fils il continua s’adressant toujours à Bianca. « Pourrais-je… ? » Il tendit les bras vers Thybalt. Milo eut un mouvement de recul mais Bianca le calma d’un regard. Cette femme était la bonté même, elle croyait si fort en l’être humain qu’elle décida de donner une nouvelle chance au vieil homme.
« Milo c’est ton père. » Murmura t-elle le regard doux.

Avec réticence flagrante Milo déposa son fils entre les bras de son père. Les grands yeux verts du nouveau né s’ancrèrent dans ceux du vieil homme, doucement Giulio berça l’enfant entre ses bras. Il y avait une sincère tendresse dans ses yeux, Thybalt gigota légèrement, nicha son visage dans le creux du coude du vieil homme et s’endormit.

« Tu es destiné à faire de grandes choses mon cher petit. » Murmura doucement celui qu’on appelait Il Divo.

En sortant de la maternité l’homme politique était attendu. Un homme jeune vêtu d’un uniforme de chauffeur se précipita pour l’abriter sous un immense parapluie. Il l’escorta jusqu’à une berline de couleur sombre garé à une centaine de mètres. Un homme du même âge que Giulio était déjà assit sur la banquette. Il Divo lui adressa un fin sourire et commenta à voix basse avec un sourire rayonnant.

« Il me semble que mon hériter est né mon cher ami… » Le destin lui faisait à nouveau une fleur.

[…]

Enfant je n’avais aucunement conscience de l’importance de ma naissance pour Giulio. Oui, Giulio, pas de « grand père » ou de « papy » avec lui. C’était Giulio ou rien du tout. Mais, il a toujours été pour moi un véritable grand-père, il n’était pas dans l’intimité l’homme que l’on a pu présenter dans les journaux, dans le film au moment du scandale ou des années plus tard. Si mon père avait toujours été méfiant vis-à-vis de lui, il n’avait jamais interdit à Giulio de nous voir. Car si pour lui je représentais son espoir d’héritier, Reena était sa princesse, la superbe jeune femme qu’elle était devenue était pour lui une source de fierté aussi grande que moi. Si Giulio était d’une sévérité frôlant l’indécence quand il s’agissait de nos études, de la préparation de notre avenir, il nous passait tout pour tout ce qui sortait du cadre de notre avenir. Lorsque nous étions à Vérone l’été en sa compagnie, il nous laissait faire ce que nous désirions tant que nous ne nous fourrions pas dans le pétrin. Peut être nous accordait-il tant de largesse car il ne désirait pas que nous nous mêlions trop jeune de sa vie, de ses secrets … De qui il était réellement en dehors de notre grand-père.

[...]


Thybalt et Reena étaient allongés, le terme « vautrés » aurait d’ailleurs été plus approprié pour décrire leur façon de se tenir, sur l’immense canapé de cuir qui trônait dans le bureau privé de leur grand père. Ils regardaient dans le vague, tandis que le vieil homme leur servait des tasses de cafés et disposait des pâtisseries sur la table basse. Un dimanche matin comme un autre d’un été comme un autre, celui de leurs seize ans. Ils revenaient tout juste d’une boite de nuit quelconque de la capitale des amoureux maudits, et comme tous les dimanches ils prenaient le petit déjeuner dans le bureau de leur grand père, un rituel qui se reproduisait chaque dimanche, qu’ils soient frais ou non. Thybalt se frotta les yeux et accepta la tasse de café avec gratitude, il s’empara d’un bout de tarte à la rhubarbe qu’avait préparée Maria, la cuisinière de la maison. Reena bailla à s’en décrocher la mâchoire et sourit à son grand père qui lui tendait la tasse de thé qui lui était destinée. Reena contrairement à son frère n’était pas une accro du café. Chacun ses visses, si sa sœur était très libérée, Thybalt lui n’était pas un garçon volage, plus sérieux peut être … En ville depuis moins de trois jours les deux jeunes gens n’avaient pas beaucoup vu leur grand père, occupé à des réunions et eux à leurs retrouvailles avec leurs amis du coin. Mais le dimanche chez les Andreotti était un jour sacré, une règle que Thybalt et sa sœur respectait. A moitié avachis sur le canapé du bureau, ils petit-déjeunaient avec le vieil homme qui les avait vu grandir sans que cela soit une corvée, la famille comptait à leurs yeux.

« Grand père tu as acheté un nouveau tableau ? » Reena dont les yeux erraient le long des murs venaient soudainement de se redresser, les yeux rivés sur le chef d’œuvre que Thybalt n’avait pas repéré. Sa sœur avait toujours été une passionnée d’art.
« Tu aimes ? » Le vieil homme souriait comme un enfant devant un nouveau jouet. Thybalt remarqua l’étrange lueur dans les yeux de sa sœur et examina le dit tableau.
« Il est superbe. Caravage ? » Demanda t-elle.
« Exact ! » Reena eut un sourire que son frère lui connaissait bien, elle était inquiète et tentait de ne pas le laisser paraître, cet étrange tableau avait éveillé sa méfiance, il le sentait. Il sentait toujours quand quelque chose clochait dans son esprit, ils étaient de vrais jumeaux. Ils étaient liés, spirituellement et physiquement, si Thybalt n’était pas quelqu’un de très croyant, il croyait en ce lien entre lui et sa jumelle.

Lorsqu’ils sortirent du bureau une petite heure plus tard après avoir parlé avec leur grand-père de leur programme pour la journée et le reste de la semaine, Thybalt lui laissa le temps de rassembler ses idées. Il la connaissait, elle avait besoin d’un laps de temps pour réunir les pensées qui tourbillonnaient dans son esprit ceci faisant elle malmenait une mèche de cheveux blond entre ses doigts. Ils marchaient en silence le long du patio lorsqu’elle se tourna vers lui.

« C’est le tableau n’est ce pas ? » Ce n’était pas réellement une question mais plutôt une affirmation. « Raconte. Je veux savoir. »
« Tu te rappelles lorsque l’on avait fouillé dans les articles de Papa pour son départ en retraite l’an passé et qu’on avait trouvé cet article sur la Cosa Nostra avec un nom barré au marqueur… »
« Oui. »
« Et puis, il y a eut toutes ses rumeurs en ville, sur … »
« Oui. » Réponse laconique, il savait ce qui allait suivre.
« Thybalt, je crois que ce ne sont pas des rumeurs … Ce tableau de Caravage, la Nativité avec Saint Laurent et Saint François d’Assise, il a été volé il y a des années … Par des membres de la Cosa Nostra. Il est porté disparut depuis 1969 … Thybalt s’il … »
« Je sais. » Il passa une main lasse sur sa nuque. « S’il a ce tableau, c’est que les rumeurs sont vraies… » Sa voix ne trembla pas, pas plus que ses yeux ne laissèrent filtrés la moindre émotion.
« Je… » La voix de Reena trembla, ses yeux se remplirent de larmes, Thybalt l’attira contre lui et la serra entre ses bras. Jusqu’à très récemment Thybalt et Reena n’avaient jamais eut à défendre l’honneur et l’intégrité de leur famille. Jusqu’à ce que le scandale éclabousse leur Univers. Et que leur grand-père soit accusé d’être en lien avec la mafia, et que les éclaboussures les atteignent.

Tout avait commencé moins d’un an plus tôt. Ils fouillaient dans les affaires de leur père afin de préparer, comme promit à sa rédaction, un book de ses meilleurs articles pour son départ en retraite. Ils étaient tombés sur des archives datant d’avant leur naissance, un article sur la mafia, avec une liste de nom, seul un avait été noircit. Reena alors étudiante en histoire avait fait quelques recherches en archives. Ils avaient eut la surprise de voir apparaitre le nom de leur grand père… Le scandale avait éclaté peu après… Les gros titres dans la presse romaine, la mise à pied de leur grand père, puis sa retraite. Et le silence, le déni…

« Je suis là… Je suis là. » Murmura t-il en la serrant contre lui, caressant ses cheveux afin de la calmer. Il était celui qui savait masquer, gérer ses émotions, elle était sensible, spontanée, vraie. Il encaissait les coups durs, il compartimentait ses émotions pour arriver à garder la tête froide. Il devenait plus solide qu’un roc, plus froid que la pierre, elle pouvait compter sur lui pour gérer cette crise, comme il avait gérer les autres.

[…]

Je ne peux pas parler de Reena, parce que je ne le veux pas. Cela fait trop mal. Imaginez que l’on vous arrache la moitié de votre être, la moitié de votre âme ? Imaginez que vous perdiez soudainement la personne à laquelle vous tenez le plus au monde. Imaginez l’espace d’un instant que vous êtes responsable de sa mort. Imaginez cela. Maintenant dites moi, vous sentiriez vous capable de parler de cette personne sans que la culpabilité vous ronge, sans avoir l’impression de souiller sa mémoire ? Je n’ai pas seulement perdu ma sœur ce soir là, ni mes parents, j’ai perdu mon âme, ma famille, ma santé. Tout ce qui avait un sens pour moi. J’aurais préféré mourir à leur place. J’aurais préféré savoir Reena vivante et que je sois mort. Parce qu’elle méritait de vivre, son avenir s’ouvrait tout juste devant elle, elle était pleine de vie, elle était la vie, elle avait la beauté, le charme, l’humour et la douceur. Elle était fiancée. Elle allait se marier. Elle voulait des enfants, qu’importe devoir être une de ses nombreuses femmes aux foyers de riches jeunes hommes. Elle s’en fichait. Elle était amoureuse, heureuse, pleine de vie, prête à donner la vie. Elle aurait donné sa vie pour moi. Elle l’a perdu à cause de moi. Comment faire face à Alexander aujourd’hui ? Comment regarder mon ex futur beau frère après que j’eue causé la mort de la femme qu’il aimait ? Comment ai-je continué à vivre un an avant de sombrer ? Comment ? C’est la culpabilité qui me ronge, qui me maintient en vie. Je ne mérite pas de mourir, mourir serait trop facile pour moi, j’arrêterais de souffrir. Et je ne le veux pas. Je veux avoir mal, chaque jour, et je veux me haïr de souhaiter mourir, de vouloir la délivrance. Avez-vous déjà entendu parler de la technique de l’élastique dans le cas de traitement de comportements addictifs ? Le principe : un élastique autour du poignet que l’on fait claquer contre sa peau lorsque l’on se sent sur le point de succomber à sa petite manie. Pour moi le comportement « dangereux », ma « petite manie » serait ma tendance aux pensées suicidaires, l’élastique, la cause de la douleur qui me distrait de la mort. Les souvenirs. On a tous besoin d’un élastique, pour que cela marche il suffit juste de trouver l’intensité de douleur à laquelle on ne peut résister.

[…]

Le grill room de la « Piccola Roma » bourdonnait des conversations des habitués. Les clients qui attendaient au bar qu’une table se libère priaient pour que l’on leur trouve une place dans la salle. Installé à une table d’angle qui avait l’avantage de dominer l’ensemble du restaurant et jouissait à ce titre d’une vue panoramique imprenable, Thybalt Andreotti voyait tout le monde. Et malheureusement il était vu de tous. Insigne privilège dû à son nom on réservait à sa famille une table quotidiennement lorsque Giulio Andreotti était de passage à Vérone. La chance n’avait donc rien à voir avec le fait que Thybalt eut déniché une table à cette heure d’affluence. Treize heures trente… Reena était en retard. Pas étonnant : sa sœur partait du principe qu’il était inconvenant d’arriver à un rendez vous avec moins d’une demi heure de retard, comme toute femme en fait.

Un homme que Thybalt connaissait de vu s’arrêta pour le saluer avant de gagner sa propre table. Plusieurs hommes l’imitèrent et firent un détour par la table du jeune homme pour l’inviter à une quelconque réception, lui proposer de boire un verre ou encore de rencontrer leurs charmantes filles, certains se contentèrent de le saluer d’une poignée de main trop chaleureuse pour être sincère. A tous Thybalt adressait le même sourire chaleureux et brillant, ainsi qu’un mot aimable ou une question personnelle sur la santé de leurs femmes, fils, filles, lorsqu’il se rappelait un visage. Mais, il n’était pas dupe de la comédie qui se jouait ici.

Il était curieux de voir comme il se découvrait toujours plus d’amis dévoués et sincères depuis quelques temps ! Il venait d’avoir 22 ans, bien avant on le courtisait déjà pour son nom, sa fortune mais encore jamais à ce point là. La grande annonce de la candidature du jeune Andreotti à l’élection de sénateur avait fait son effet. Connaissant les liens du grand père du jeune homme avec la mafia, tous pensait qu’il serait élu. Après tout, depuis que le vieux Divo avait disparu de la scène politique après la révélation de ses potentiels liens avec la pègre, il fallait bien que les Siciliens se trouvent une nouvelle marionnette non ? Pauvres fous… Si Thybalt s’était présenté ce n’était en rien pour asseoir la main mise de la mafia sur le pouvoir, mais bel et bien par conviction avec une volonté certaine de changer les choses. Il suivait les traces de son grand père certes, mais dans le domaine légal, son éthique n’était pas à vendre, et ne le serait jamais.

Thybalt commanda une double dose de vodka sans glace, sa deuxième depuis son arrivée au restaurant une demi-heure plus tôt en plus d’un cocktail offert par la maison. Se sentant observé il releva la tête. Il ne rencontra pas de regards faussement amicaux (les pires quand on s’appelait Andreotti et que l’on méprisait l’hypocrisie) ou franchement désapprobateurs (si jeune et déjà si corrompu, et c’était « ça » qu’on demandait au peuple d’élire ? Un jeune homme qui buvait trop ?). Non, juste le regard de femmes.

Thybalt en avait l’habitude. Charmant et charmeur il avait un succès fou auprès de la gente féminine qui lui trouvait un physique aussi intéressant que son compte en banque et que son futur statut. Grand, mince, les épaules carrées, il portait des costumes très chics et les portaient très bien. Son visage anguleux aux traits semblables à ceux parfaits des statues grecques les plus saisissantes, faisaient battre les cœurs. Si ses manières ne traduisaient en rien une éducation élitiste, les rumeurs et les photos ayant parues dans la presse suffisaient à ce qu’il soit reconnu et convoité. Même s’il ne se trouvait dans la ville de Roméo et Juliette que depuis trois heures, la rumeur avait déjà fait le tour de l’élite locale, le petit fils prodigue de Giulio Andreotti, Thybalt, venait rendre visite à sa sœur et à son grand père.

Ses admiratrices du jour étaient des gravures de mode qui battirent des cils à la seconde où il posa les yeux sur elles. Presque machinalement Thybalt détourna le regard. Il ne savait que trop bien ce qu’elles désiraient, qu’il leur offre quelque chose à boire et qu’il leur demande leurs numéros de téléphone… Seulement Thybalt n’était pas ce genre d’homme, il ne puait pas le fric à plein nez, et n’était pas snob, il ne considérait pas les femmes comme des objets. Ses filles de noble naissance, voulaient toute la même chose de lui. Mais lui ne savait pas ce qu’il désirait. Il avait une seule certitude, il ne les désirait pas. Il n’avait d’ailleurs jamais réellement désiré une femme comme il la désirait elle. Cette fille qui n’était en rien une de ses « bimbos » qui tournaient autour de lui comme des mouches autour d’un pot de miel. Cette fille dont il rêvait depuis ses quinze ans et qui le hantait. Quand toutes rêvaient de devenir la nouvelle Madame Andreotti lui ne rêvait qu’à savoir si cette fille était réelle. Si la fille de ses rêves existait. S’il finirait par trouver comme son père ou comme sa sœur, la personne faite pour lui.

« Quand on parle de la louve … » Lança t-il en la voyant s’approcher de lui. Il avait parlé suffisamment fort pour qu’elle l’entende. Et un sourire éclatant éclaira le visage de la jeune femme blonde juchée sur des spartiates compensées qui s’approchait de lui. Pour ses deux Romains faire des blagues sur les jumeaux créateurs de la ville où ils étaient nés en faisant le rapprochant entre eux deux, jumeaux également, était devenu une habitude.
« Mio Caro ! » Roucoula t-elle en se penchant pour l’embrasser, elle l’avait salué suffisamment fort de cet intime surnom pour s’attirer les regards agressifs des playmates au comptoir. Il sourit et lui rendit son étreinte. « Ton Fan Club se réunit en ville et je n’ai même pas été invitée, tu me déçois mon Chou ! » Se moqua t-elle en adressant un sourire éclatant aux jeunes femmes au comptoir.
« Assied toi Blondie, tu te fais encore remarquer ! » Grommela t-il en une parfaite imitation de leur grand-père.
« Quel rabat joie ! » Soupira t-elle dramatiquement avant de s’asseoir. Elle jeta un œil au carnet de notes ouvert sur la table dans lequel Thybalt griffonnait sans réellement en avoir conscience. « Au fait t’étais pas censé assister à une réunion d’investiture ce matin ? »
« Wahou t’es arrivé à prononcer un mot de plus de deux syllabes, ce diplôme de traductrice te sers en fait ! » Se moqua t-il en hélant un serveur qui passait près d’eux. Elle s’empara du calepin et le feuilleta avec attention.
« C’est marrant parce que … Je vois la date d’aujourd’hui, même le titre du laïus que l’on se préparait à te faire mais pas une trace de notes tout sauf … Ta femme parfaite fictive et imaginaire ! » Triompha t-elle en faisant défiler sous les yeux de Thybalt la série de croquis au critérium de la mystérieuse brune qui l’obsédait depuis ses quinze ans. « Je me suis toujours demandée pourquoi tu n’avais pas fait les beaux arts ! Tu as un talent fou pour le dessin, et un imaginaire très prolifique. »
« Ahaha ! » Il tenta de s’emparer de son carnet mais elle fut plus rapide a l’éloigner de sa main. C’est alors qu’il remarqua l’anneau sertit d’un diamant discret mais vrai qui brillait au doigt de sa sœur.
« Madre de Dio ! » Jura t-il en lui attrapant la main. Elle sourit fière d’avoir enfin capté son attention là où elle la désirait.
« Ah bah quand même, je suis sure que ton Fan Club l’avait remarqué à peine je poussais la porte ! » Râla t-elle pour la forme. « Il a fait sa demande hier ! Pendant le repas avec Grand-père ! Tu serais arrivé à l’heure t’aurais pu t’opposer à mon oui ! C’est trop tard maintenant ! » Se moqua t-elle alors qu’il se levait pour la serrer contre lui. Les effusions d’affection de Thybalt en public étaient très rares, protocole oblige il tenait plus de son grand père que de sa mère, l’inverse de Reena en sommes. Reena le serra contre elle, les larmes aux yeux. « Je vais me marier ! » Se réjouit-elle.
« C’est génial ! Je suis heureux pour vous ! Et avec un peu de chance j’aurais conquis la Mairie ou le sénat à temps pour vous marier ! » Elle se mit à rire, ses cheveux blonds cascadant au soleil alors qu’elle les jetait par-dessus son épaule en riant à gorge déployée. Elle lui tapa sur le crâne avec son bloc note.
« Tu ferais mieux de prendre exemple sur ta sœur imbécile avant que ta beauté et ton charisme ne se fane frangin, même si je parie que tu es partis pour devenir le nouveau George Clooney ! » Elle baissa le ton pour ajouter. « Arrête de garder ton pucelage pour ton inconnue imaginaire, la pureté c’est à la mode que chez les Jonas Brothers ! » Elle agita le carnet sous ses yeux.
« Qu’est ce que tu sais de mon pucelage ! » Répliqua t-il après avoir commandé du champagne.
« Je sais beaucoup de chose grand frère, plein plein de truc ! » Murmura t-elle mystérieusement en agitant son doigt « bagué » au dessus de sa tête.
« A ton futur bonheur et à mes 45 neveux et nièces à venir ! » Se moqua t-il en souriant entrechoquant leurs coupes fraichement débarquées. La vie leurs souriait, ils étaient jeunes, beaux et ne se doutaient pas que la vie les séparaient cruellement dans quelques semaines…

[…]

« A la famille qui s’agrandit. » Dans un murmure chacun des invités présents reprirent le toast que Thybalt venait de porter après le discours de son grand père sur le bonheur d’accueillir parmi eux un nouveau membre dans la famille. La fête que Giulio avait organisée pour célébrer dignement les fiançailles de sa petite fille était magnifique. Reena était rayonnante dans sa robe blanche légère, elle avait tout d’une de ces femmes parfaites que s’étaient acharnés à figer dans le marbre les sculpteurs de l’Antiquité. Incarnation réelle de la beauté parfaite, elle rayonnait doucement dans le soleil de la fin d’après midi. Elle serra son grand père dans ses bras avant d’embrasser son frère. Alexander qui s’était approché la prit par la taille l’attirant contre son torse en souriant.
« Alors futur beau frère je n’ai pas le doit à un discours sur ce qui arrivera à mon visage si je fais du mal à ta sœur ? » Plaisanta t-il en embrassant la blondinette dans le cou.
« Ca dépends tu comptes lui faire du mal ? » Questionna Thybalt en souriant lui aussi après avoir trempé ses lèvres dans une nouvelle coupe de champagne, sa troisième ou quatrième depuis son arrivé dans la demeure familiale des Andreotti à Rome. Les jardins à la française étaient sublime, le cadre idyllique et la joyeuse ambiance l’avaient un peu fait forcer sur la bouteille. Mais on ne fêtait les fiançailles de sa sœur qu’une fois non ?
« Non. »
« Voila pourquoi je ne menace pas ton auguste face cher beau frère ! » Reena se mit à rire attirant l’attention de leurs parents qui se trouvaient non loin. La mère encercla le fils de ses bras tandis que le père se campait près de sa fille et son gendre.
« Qu’est ce qui te fais rire Blondie ? » Demanda Milo en souriant devant l’image du bonheur idéal qu’il avait sous les yeux. Les yeux de Bianca étaient humides de larmes, si bien que Thybalt la serra dans ses bras en lui murmurant qu’ils resteraient toujours ses enfants, mariés ou non. La famille avait une importance telle dans leur vie qu’il leur aurait été impossible de ne pas rendre visite à leurs parents, à leur grand père au moins une fois dans la semaine. Quand ils en étaient empêchés par leurs études ou plus actuellement par le travail de traductrice à l’ONU de Reena et la campagne politique de Thybalt. Les jumeaux avaient toujours vécus ensemble, ils partageaient la même chambre chez leurs parents, leur grand-père, et ils partageaient le même appartement sur Rome. Bref si pour leurs parents l’idée que leur petite fille convole enfin en juste noce était difficile car cela signifiait que bientôt sa propre famille lui prendrait plus de temps et donc qu’ils la verraient bien, c’était Thybalt qui avait le plus de mal à se faire à l’idée que sa sœur ne serait plus toujours à ses côtés désormais. Ils avaient commencés à faire ses cartons la veille, bien sur l’occupation s’était vite transformée en une immense bataille d’oreiller et remémoration de souvenirs en buvant du vin. Bien sur Thybalt serait bientôt élu, le lendemain ils fêteraient probablement son élection au poste de sénateur… Peut être était le mot. Mais il n’y aurait bientôt plus personne pour lui demander à peine aurait-il poussé la porte de son appartement comment s’était passé sa journée à conquérir le monde… Alors qu’il contemplait sa petite famille une main chaude et ridée par les années se posa sur son épaule.

« Désolé mes enfants mais je dois vous empruntez Thybalt. » Davide le secrétaire particulier de Giulio, aussi âgé que le grand père des jumeaux lui-même, venait chercher Thybalt. « Votre grand-père a des résultats à vous communiquer pour l’élection de demain. »
« Désolé je dois aller conquérir le monde… Encore ! » Soupira Thybalt comiquement en embrassant sa mère avant de se détacher de ses bras. « Je reviens tout de suite ! » Il menaça soudainement sa sœur du doigt. « Si tu manges tout le gâteau sans m’en laisser une part je fais de ta vie un enfer ! » Saisissant une coupe de Champagne pour Giulio il suivit Davide dans le cabinet de solitude de son grand-père.

[…]

En pénétrant dans le bureau du vieil homme que l’on appelait « il Divo », Thybalt avait toujours l’impression de pénétrer dans un lieu sacré. Enfant déjà ce bureau, dans cette maison proche de Rome où Giulio avait grandit et élevé sa famille, avait toujours intimidé le jeune homme. Il y avait une ambiance dans ce cabinet de travail qui forçait le respect, incitait au calme. Autant dire que lorsqu’il faisait des bêtises, comme casser le vase de son arrière grand-mère en jouant au chat avec Reena, il se sentait plus intimidé encore de recevoir sa punition en ce lieu qui l’écrasait de sa douce tranquillité.

« Grand père ? » Depuis quelques temps, en fait depuis que Thybalt avait reprit le flambeau familial de la politique, et que Giulio s’était adoucit dans son rôle de patriarche avec le jeune homme, Thybalt avait prit l’habitude de le nommer ainsi. Giulio retiré de la vie politique était redevenu un simple grand père. Enfin il restait un homme politique quoi qu’il advienne surtout depuis la sortie du film à son sujet.
« Sur le balcon. Ferme la porte derrière toi. » Comme de juste Giulio se trouvait sur sa petite terrasse privative qu’il se plaisait à appeler balcon même si l’imposante terrasse n’avait rien d’un petit balcon. Les coupes toujours en main il laissa Davide refermer la porte sur lui. Il trouva son grand père, assit sur son rocking-chair. S’approchant il remarqua le regard soucieux du vieil homme.
« Qu’est ce qui se passe ? La tendance s’est inversée ? » Questionna t-il aussitôt en posant les coupes sur le sol. « Grand père ? » En voyant le regard triste du vieil homme Thybalt comprit aussitôt qu’il n’était question de sondage. « Qu’est ce qu’il y a ? »
« Je suis tellement désolé mon petit… Tellement tellement désolé… »
« Grand père tu me fais peur… Qu’est ce … » Giulio lui tendit sans un mot l’enveloppe qu’il tenait sur ses jambes. Thybalt la prit, les mains légèrement tremblantes, il avait sur le visage ce masque de froideur qu’il avait apprit à construire pour ne rien laisser transparaitre de ses sentiments. L’enveloppe était lourde le cachet de cire brisé laissait encore voir l’inscription gravé dans le sceau d’un rouge sang : ce qui est à nous … COSA NOSTRA. Le sang de Thybalt se glaça pourtant il décolla le rabat de l’enveloppe. La missive lui était adressée. Des photos glissèrent dans sa paume. La première représentait les jumeaux enlacés au « Piccola Roma » dans le dos de Reena un point rouge était visible, non pas rajouté au feutre mais bel et bien présent ce jour là. Impassible il passa à la photo suivante, ses parents flânant dans les rues de Rome à la recherche d’un cadeau pour les fiançailles de sa sœur, sur leurs poitrines même point mortellement réel. Les autres photos étaient dans la même veine, des membres de sa famille, des membres de son cabinet de campagne… Les mains de Thybalt ne tremblaient plus, son regard cependant étincelait de rage.
« Je suis désolé… » La voix brisée de Giulio trancha le silence à couper au couteau qui s’était installé, en bas résonnait les échos de la fête qu’ils venaient de quitter, les rires insouciants des gens qu’ils aimaient et qui ignoraient que leurs vies étaient menacés par une organisation vieille comme le monde.
« Tu le savais n’est ce pas… » La voix basse de Thybalt était plus inquiétante que s’il avait crié. « Tu savais que cela arriverait, tu n’attendais que ça… Toutes ses années où je t’ai défendu, où j’ai assuré que ce n’était que des mensonges, toutes ses années où j’ai gardé le secret sur ce que j’avais découvert et soupçonné… Tu m’as laissé affronter la tempête médiatique de ma candidature si jeune à ta suite au Sénat, tu m’as laissé me dépatouiller des déclarations anonymes de membres de la Cosa Nostra sur tes relations avec eux… Tout ça pour ça ? » Il leva les yeux et Giulio vit de la déception dans les yeux de son petit fils. « Pour me tester ? Vous assurer, t’assurer que je pourrais mentir à la presse, mentir sur tes liens, tes crimes … Je ne serais jamais l’un des votres, je ne deviendrais pas le nouveau Divo. Jamais. » Il se redressa, butant dans les coupes de champagne qui se brisèrent sur le sol. « Jamais. »
« Thybalt ! » Giulio s’était redressé, son image de grand-père aimant se volatilisant soudainement. Redevenant l’homme politique habitué à ce que l’on lui obéisse.
« Non ! Je ne serais pas une marionnette ! Jamais. »
« Ils s’attaqueront à notre famille ! » Répliqua Giulio en colère pour de bon.
« Je ne serais pas responsable ! C’est toi qui a entrainé notre famille là où elle se trouve ! Il ne se passera rien ! Ils ont tellement peur d’il Divo ! Demain je serais nommé Sénateur, Giulio, et plus jamais je ne veux te revoir ! Mon père avait raison depuis le début ! Tu es nocif, pour moi, pour Reena, pour tout ce que tu touches ! » Tournant les talons il marcha furieusement vers la sortie, avant de claquer la porte.

[…]

« Thybalt attends ! » Reena courait à toute à l’allure derrière lui, il venait de s’engouffrer dans la voiture et faisait rugir le moteur lorsqu’elle se jeta sur le siège passager et claqua la portière. « Où est ce que tu comptes aller comme ça ? » Devant son mutisme elle venait de saisir son menton entre ses mains et avait aperçu l’éclat sauvage de ses yeux, sa douleur. « Qu’est ce qu’il y a ? Parle-moi bon sang ! » Attrapant les clés, elle les arracha du tableau de bord, empêchant tout départ.
« Je dois y aller Reena… J’ai besoin d’être seul. » Souffla t-il en baissant les yeux.
« Qu’est ce qu’il y a ? Dis moi ce qu’il y a Thybalt, j’ai sentis au fond de moi que ça n’allait pas, laisse moi t’aider, partage ton fardeau avec moi, je ne suis pas en sucre, je suis forte, tu n’as pas besoin de me protéger constamment. Laisse-moi t’aider. » Elle l’attira contre elle. Après quelques secondes où il resta inerte contre elle, il l’encercla de ses bras et nicha sa tête dans son cou, cherchant le réconfort dans les bras de la seule personne capable de lui tenir tête, de le comprendre, de le forcer à être lui-même. Sa sœur jumelle.
« Il faut que l’on s’en aille Reena. Va chercher Papa et Maman, dit à Alexander de nous suivre… Il faut partir d’ici. Je t’en prie fait ce que je te demande. » Supplia t-il en se détachant d’elle.
« Très bien. Calme-toi, je reviens. Après tout je n’y tenais pas tant que ça à cette fête. »

[…]

« Arrête d’accélérer tu vas finir par pousser la voiture de papa et maman. » Posant une main sur l’avant bras de son frère elle entreprit de le masser doucement pour le détendre et lui assurer sa présence. « Tu ne veux toujours pas me dire ce qu’y s’est passé avec Giulio ? » Il secoua négativement la tête. « Très bien. Mais conduis moins vite s’il te plait. » Thybalt écrasa la pédale de frein alors qu’il abordait une impressionnante descente, mais rien ne se produisit. « Thybalt ! » Elle voyait la voiture foncer en roue libre, de plus en plus vite vers l’arrière de la berline de leurs parents. Il avait bu, ses réflexes étaient moins bons malgré la décharge d’adrénaline qui coulait encore dans ses veines. Il braqua le volant trop tard, leur voiture emboutit par l’arrière celle de leurs parents. Il perçut le hurlement de Reena, le bruit de la tôle qui se froissait, l’air bag qui se gonfla devant son visage lui coupant le souffle. Puis la voiture se mit à tourner sur elle-même après avoir écrasé la toit de la berline devant elle, la tête de Thybalt dodelinait sur son siège, mais il ne perdit pas connaissance, la douleur était insoutenable, il sentait un liquide chaud sur ses jambes. Sa main tenait encore celle de Reena mais elle ne criait plus. Il sombra dans l’inconscience lorsque la voiture s’immobilisa sur le toit au milieu de la route… Sa dernière pensée consciente fut pour sa sœur…

[...]

« Thybalt ! Il s’appelle Thybalt ! » La voix d’Alexander lui parvenait comme dans un rêve.
BIP BIIP BIP… Quelqu’un ne pouvait-il pas faire taire ce bruit…
« Ne pourra plus jamais… »
BIP BIIP BIP
« S’il ne se réveille pas … »
BIP BIIP BIP
« Tu as réussis Thybalt, s’il te plait, accroche toi, reste avec moi » Giulio.
BIP BIIP BIP
« Le plus jeune sénateur élu… Il faut vous réveillez Thybalt, votre grand-père a besoin de vous. »

[…]

Elle était allongée lascivement sur le lit, un voile vaporeux recouvrait sa silhouette à demi nue, ses cheveux déployés autour d’elle sur l’oreiller luisaient doucement dans l’obscurité. Elle ne dormait pas, ses yeux ouverts témoignaient de son éveil. Lorsqu’il posa ses yeux sur elle, Juliette se redressa. Juliette, elle ne pouvait être que Juliette n’est ce pas ? Retenant d’une main le drap sur sa poitrine elle lui sourit, la tête légèrement penchée sur le côté.

« Où étais-tu ? » Murmura t-elle d’une voix douce, caressante. « Je t’attendais… »

Elle se pencha en avant, ses cheveux bruns cascadant sur ses épaules, recouvrant ses épaules alors qu’elle tendait sa main libre vers lui. Le rêve cessa alors d’être doux et apaisant. Une succession d’images, de bruit, mélange de l’accident et d’étranges flashs. Des images de Vérone… La voiture qui s’approche de plus en plus vite, une beauté brune aux yeux tristes assise devant un cercueil, pleurant. Le choc de la tôle contre la tôle… Deux bouches qui se trouvent et ne font plus qu’une, elle, lui, lui et elle… La tête ensanglantée de Reena reposant sur le tableau de bord… Le balcon d’une maison… Le cri sans fin de sa sœur… Des coupes de champagnes se brisant sur le sol.

« Reviens-moi ! » Elle. Encore, toujours elle. Le noir, la chute et soudainement la conscience.

[…]

« Il s’est réveillé ! » Une voix rauque et usée par le bon brandy et les Dianes, un timbre chaud et caressant, l’accent de la Sicile. Un homme qu’il se rappelle avoir bannit de sa vie… Mais qu’importe.
« Où est Reena ? » Une question. Le silence. Il répète plus fort, sa voix incertaine, rauque, comme s’il n’avait pas bu depuis des jours. « Où est Reena ? » Aucune réponse. Le néant de nouveau.

[…]

Ses yeux étaient lourds si lourds, tout comme son corps. Il se sentait si bien allongé ici, pourquoi devait-il se réveiller. Pourquoi ? Il avait déjà oublié, pourtant petit à petit il revenait à lui, suivant le fil de la pensée qui avait fait sortir de l’hibernation son esprit. Il devait poser une question, obtenir une réponse, ensuite il plongerait à nouveau dans l’oubli. Ouvrir les paupières, quelques secondes, arriver à parler.

« Où est Reena ? » L’oubli trop vite revenu, emporté par le vide, il sombre de nouveau.

[…]

« Où est Reena ? » Un jour de plus, un nouveau réveil, plus conscient cette fois, moins embrumé par un rêve sans fin où le hante une brune dont l’image l’obsède depuis ses quinze ans et une étrange maison qu’il a la sensation de connaître.
« Tu dois te reposer Thybalt, bientôt tu iras mieux. » Doucement Giulio le force à lâcher le bras qu’il a saisit en se réveillant. « Reprends des forces mon petit… » A quoi bon lutter. Il sait au plus profond de lui, il sait. Une part de lui manque, une part de lui est morte, il le sent. Le néant l’aspire à nouveau. Qu’il est bon d’oublier jusqu’à sa propre conscience.

[…]

« Votre sœur… Traumatisme crânien trop important … N’a pas survécu à l’intervention… Je suis désolé. » Tout n’était que vide, son cœur lui avait été arraché de la poitrine, il ne ressentait rien si ce n’était ce gouffre en lui. « Vos parents … Tués sur le coup… Je suis navré… Ils n’ont pas souffert… Paralysé … Possible que vous … jamais… rééducation possible… Du temps… » Le poison se rependait dans ses veines avec la lenteur du venin d’un serpent, son sang se gelait au fur et à mesure que les mots pénétraient son esprit. Quelqu’un criait, ne pouvait-on pas le faire taire ? Il n’entendait plus ce que disait le médecin.
« Calmez-vous Mr Andreotti… Thybalt arrêtez, vous allez aggraver votre état ! Infirmière vite il est en état de choc » La fine pointe d’acier pénétra la chaire, un liquide se rependit dans ses veines, de sa bouche ne sortait plus cette plainte atroce… Car c’était lui qui criait, cherchant à se décharger de sa peine, à la rendre plus supportable. Le bruit d’un cœur brisé, d’une existence détruite. Se décharger d’une telle douleur était impossible, le temps n’apaiserait jamais cette blessure.

[…]

JUILLET

[…]

AOUT


[…]

SEPTEMBRE


[…]

OCTOBRE


[…]

C’est comme si un trou énorme avait été creusé dans ma poitrine. Je n’arrive plus à respirer sans ressentir cette douleur. Ma seule chance ? Le sommeil. Mais dormir m’est refusé. Je ne suis plus que l’ombre de l’homme que j’ai été. Ce trou dans ma poitrine, ce vide dans mon âme, correspondent à ce qui m’a été arraché. Ma sœur, mes parents, ma vie, mes jambes… Aujourd’hui Giulio est le seul être qui me reste. Ma seule et unique famille. Sa présence m’est douloureuse, car il me rappelle ce que j’ai perdu, ma sœur, mes parents. Et je sais ce qu’il attend de moi. Aujourd’hui je n’ai plus aucune âme, aucune conscience, aucune croyance. Jamais je n’ai été aussi prêt à lui obéir. A leurs obéirent. Il ne faudrait qu’un pas de plus pour que je bascule dans l’ombre…

[…]

Assit dans son fauteuil Thybalt fixait la ville en contrebas qui s’ouvrait sous ses pieds. Il avait travaillé toute son adolescence pour obtenir cette place. Il était épuisé, las à présent qu’il avait obtenu ce qu’il avait tant désiré. Il avait tout perdu et sa vie, ce en quoi il croyait n’avait plus aucun sens. On frappa doucement à la porte, de sa voix caressante comme du velours il autorisa son visiteur à entrer.

« Joyeux Anniversaire Sénateur. »
« Merci Maria… A quel heure le Sénateur Di Angelo a-t-il rendez vous déjà ? »
« 18h30. »
« Très bien. Vous avez passé la commande que je vous ai demandé ? »
« Oui. Elle sera livrée chez vous dans l’après midi. »
« Très bien. » Il fixait toujours la ville en contrebas lorsque d’une voix timide la quadragénaire ajouta.
« Votre grand-père a appelé douze fois depuis ce matin, Monsieur. »
« Je ne suis là pour personne Maria… »
« Bien monsieur. » Plongé dans ses souvenirs il n’entendit même pas la porte se refermer sur sa secrétaire si dévouée.

[…]

« Merci André, je vais me débrouiller seul à présent. » Une manière simple mais efficace de se débarrassé de son chauffeur. Ton froid, calme. Comme toujours Thybalt semblait indifférent à tout et à tous. Il fit roulé son fauteuil roulant jusqu’au centre de la cabine de l’ascenseur et regarda son chauffeur disparaitre alors que les portes se refermaient pour l’emporter au cinquième étage. Certains trouvaient étrange qu’il puisse encore vivre dans cet appartement. Lui au contraire n’aurait pu vivre ailleurs, en revenant ici le soir il avait parfois l’illusion qu’elle serait là. L’appartement n’avait pas été réaménagé pour son nouveau « mode de vie » aussi ne vivait-il que dans une toute petite partie de l’appartement. Sa chambre faisait office de bureau, de dortoir et de salle à manger. Un an depuis l’accident, un an depuis qu’ils l’avaient quitté. Un an qu’il n’avait rien déplacé de ce qu’elle avait touché. On aurait dit, lorsque l’on poussait la porte, qu’il s’apprêtait à déménager en fait, c’était elle qui allait s’en aller, les cartons étaient à moitié fait, certains débordaient de souvenirs qu’il n’était pas encore assez fort pour redécouvrir. Il passa devant cet incroyable désordre sans un regard. Depuis qu’il était sortit de l’hôpital, cela faisait près de huit mois, il reproduisait chaque soir le même schéma, un plat à emporter, une douche, et ensuite il cherchait a échappé au sommeil, fuyant les cauchemars. Mais ce soir, tout serait différent. La plaie était à nouveau à vif, la douleur sans nom, pourtant il continuait à afficher cette expression de froideur, d’indifférence, comme s’il ne ressentait rien. La boite de carton rose était posée sur la table de la salle à manger, lorsque ses yeux se posèrent sur elle son visage se décomposa, son masque de Sénateur se fendillant plus il s’approchait de la table. Il souleva le rabat de la boite découvrant un moelleux au chocolat couronné de deux bougies un deux et un trois. Vingt trois ans. Une larme roula sur sa joue alors qu’il allumait les bougies.

« Joyeux Anniversaire Reena… »

Il fêtait la première année qu’il passait seul sur cette terre. Il souffla la flamme des bougies ne pouvant s’empêcher de faire l’analogie avec la façon dont la flamme de sa sœur s’était éteinte. En cet instant ses barrières mentales s’effondrèrent les unes après les autres, l’infini chagrin qu’il tâchait de canaliser se trouva libre. Charriant tout un flot d’images. L’intensité de la migraine, de la douleur le jeta au bas de son fauteuil, gémissant il se recroquevilla sur le sol. Assaillit par les mêmes images qui l’avaient sortie du coma. Son grand père le trouva ainsi le lendemain, au sol, le visage couvert de larmes, endormi….

[…]

NOVEMBRE


[…]

DECEMBRE


[…]

« Cela suffit ! » Le poing de Giulio s’était si soudainement abattu sur la table que Thybalt sursauta. Relevant les yeux vers le seul parent qu’il lui restait il cessa de se masser les tempes.
« Qu’est ce qu’il y’a ? » Son ton neutre, sans la moindre trace d’émotion termina de pousser le vieil homme dans ses retranchements.
« Tu t’en vas ! » Asséna t-il en se redressant
« Plait-il ? »
« Je t’envois à Vérone quelques temps. Je n’en peux plus de te voir errer dans cette ville comme un fantôme. Tu as besoin de partir d’ici. Cela va faire deux ans cet été Thybalt, tu dois faire ton deuil, avancer ! Tu es un mort vivant depuis l’accident. Les rumeurs de destitution planent sur le Capitole. J’ai obtenu un congé exceptionnel de la part du président du conseil, prétextant ton besoin de te rendre dans ta localité pour prendre connaissance de projet d’aménagement de la région. »
« Je ne peux pas m’en aller. »
« Ce n’était pas une proposition de vacances, Thybalt. Mais bel et bien un ordre. Je te mettrais de force dans un avion dussais-je te porter jusqu’à ta place, mais tu vas quitter cette ville. J’ai parlé à ton psychiatre, c’est lui qui m’a suggéré de t’envoyer là bas. Cet endroit revient sans arrêt lors de tes séances sous hypnose ! »
« Tu as parlé à mon psychiatre ? » De la colère dans sa voix cette fois ci, Giulio se réjouit d’avoir provoqué une réaction. La première depuis des mois.
« Oui. Il m’a conseillé de t’envoyer à Vérone. Tu y aurais des choses à faire. »
« De quel droit … »
« Je suis ton grand-père Thybalt. Tu es le seul enfant qu’il me reste. Pars je t’en supplie. Laisse-moi-t’aider à aller mieux…. » Alors que Giulio le regardait dans les yeux une image nouvelle s’imprima devant les yeux de son petit-fils. Son inconnue accoudée à un balcon familier … Enfin il se rappelait. Ce balcon, il ne l’avait pas simplement vu en rêve… Il l’avait déjà vu en vrai… à Vérone.
« D’accord, j’irai. »

[…]

« Vous le trouverez au Café Di Fabrizio Mr Andreotti. »
« Merci du renseignement. » Se servant de ses mains il sortit de l’agence de tourisme délesté d’un billet de cinquante euros. Mais la valeur du renseignement qu’il cherchait n’avait pas de prix. Elle l’avait tiré du coma. Il voulait, désirait savoir comment cela était possible. Qui était-elle pour l’avoir ramené à la vie alors qu’il désirait mourir ?

[…]

« Il est dans le fond à gauche Mr Andreotti. » L’homme que lui désignait le Barman avait plutôt tout du touriste de base que du guide avertit, mais qu’à cela ne tienne, n’avait-il pas apprit à mainte reprises que les apparences pouvaient être trompeuses ? Thybalt était comme à son habitude, vêtu dans un costume hors de prix malgré l’exigüité de l’agencement des tables il slaloma jusqu'à Mario sans rien heurter, des années de pratiques.
« Mario ? »
« Ça dépends qui le demande ? » Marmonna le guide. Chaleureux quel doux euphémisme.
« Je m’appelle Andreotti, Thybalt Andreotti, on m’a dit que vous étiez le meilleur guide de la ville. »
« Andreotti ? » Mario fronça les sourcils. « C’est vrai ce qu’on vous a dit, jeune homme, mais je ne mêle pas du genre de business que vous … tolérez. »
« Je n’ai rien à voir avec ce genre de Business comme vous dites … En fait je recherche un lieu précis, et on m’a dit que vous pourriez m’aider. » Expliqua calmement Thybalt en sortant une pince à billet de sa poche de poitrine, il était habitué aux remarques de ce genre douteux sur sa famille, et son « business ».
« Ah ? » Marmonna Mario soudainement intéressé. « Pour sûr je suis le meilleur guide de Vérone, vous ne trouverez pas mieux par ici… Mais mes tarifs pour les particuliers sont plus chers… »
« Votre prix sera le mien. » Répondit Thybalt sans se laisser démonter ou impressionner, il avait grandit dans cette ville, il connaissait son fonctionnement.
« Et bien disons … Six cents euros ? » Tenta Mario avec un sourire incertain. Thybalt ôta une dizaine de billets et les tendit au guide. « Alors par quoi voulez vous commencer ? Le Borgo Trento peut être, de grands espaces verts, et les vestiges de l’Arsenal … Quoi qu’avec le fauteuil ca risque d’être la misère … Je sais ! Le Borgo Venezia ! La vue est superbe sur la Città Antica, on pourra ensuite y descendre ! Oui bien sur et … »
« En fait Mario c’est avec une idée très précise que je suis venu vous voir ! » Coupa Thybalt, il n’était pas ici pour une visite lambda, il savait très exactement où il désirait se rendre. Il voulait des réponses.
« Vraiment ? »
« Oui … On m’a dit que vous connaissiez les propriétaires de la Villa di Gulietta. » Doucement il venait de poser un pied, enfin façon de parler, sur la limite de la méfiance du guide il le sentit.
« Qui vous a dit cela ? » Demanda soudainement Mario soupçonneux.
« Votre ami Marcel. » Annonça doucement Thybalt en souriant. Pur bluff.
« Ah ouais peut être bien que je connais la famille… » Marmonna le quadragénaire faisant mine de ne pas y toucher.
« Très bien, j’aimerais que vous me fassiez entrer dans cette maison ! » Autant attaquer dans le vif.
« QUOI ?! Vous êtes fou Mr Andreotti on ne peut pas, vous vous rendez compte violation de propriété privée et … » Thybalt abattit cinq cent euros de plus sur la table.
« Vous vous doutez bien, Mr Mario, que je n’ai pas fais tout ce chemin pour visiter le Borgo Venezia ou Trento quand bien même les parcs y sont magnifiques, encore moins la Cittadella… Même si j’apprécie les sites historiques de notre ville, je préfère grandement visiter les lieux qui m’intéressent … Et je veux voir le balcon de plus près … »

Mario ne se doutait pas ce soir là lorsqu’il discutait tarif avec un jeune homme plein au as que dans quelques jours, les visites du célèbre balcon de Juliette se multiplieraient … Les gens sont parfois prêt à tout pour comprendre ce qu’ils font là.









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Thybalt A. Andreotti
LA MANIPULATION & LA TRICHERIE ♠ sont un art, n’est pas Giulio Andreotti qui veut.

■ Messages : 3716
■ Age du Personnage : 25 ans
■ Logement : ANDREOTTI; 34 Via Barchetta ; Citta Antica
■ Date d'arrivée à Vérone : 12/12/2009

♠ ♠ ♠ ♠
■ Relazioni & Famiglia:
■ Job: Maire de Vérone
■ Sono : marié(e)

MessageSujet: Re: Thybalt A. Andreotti ♣ Our fingerprints don’t fade from the lives we’ve touched.. »   Dim 6 Mar - 15:22



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Devant lui, le fleuve était paisible, vide de toutes vies, majestueux, pris dans les glaces lui faisait face. Rien n’ici ne lui rappelait le pays qu’il avait quitté il y a bien des années déjà. Un village de plus sur leur route. Son armée ne mettrait qu’une poignée de secondes à envahir le petit hameau et à réduire la poche de résistance qui s’opposerait à eux. Des paysans, des marchands, pas des vrais guerriers, il ne retirait aucune gloire de ce massacre, un guerrier ne prenait aucun plaisir à une victoire sans combattre. Son père l’avait élevé dans l’art de la guerre et son fils après lui prendrait la tête du clan, de leurs guerriers. Il n’avait pas refusé son lot de femmes et de boissons durant ses années passés en exil loin de sa terre natale, mais seule comptait la femme qui l’attendait dans leur pays de glace, cette femme qui lui avait donnée deux fils et qui honorait leurs ancêtres et sa lignée par ces deux garçons. Il l’avait quitté grosse. Peut-être ne la reverrait-il pas avant plusieurs lunes, ses fils grossiraient bientôt les rangs de leur clan, ils lui porteraient des nouvelles du seigneur son père, de sa femme et de l’enfant à naître. La famille, c’était pour cela qu’il se battait, pour châtier les chiens qui osaient les défier. « Mon frère. Les hommes attendent. » Une main gantée de fer s’était posée sur son épaule. Il hocha la tête et resserra les lanières de ses serres poignets rembourrées, il rejeta la cape de fourrure blanche qui battait ses flancs, sur le haut de sa côte de mailles, par-dessus son épaule. Son frère lui tendait son casque, ce casque qui masquait à ses ennemis sa physionomie, sauf ses yeux que l’on disait aussi glacials que la mer qui bordait leur pays ou tout autant que la dernière étreinte de la faucheuse. Il enfonça le casque sur son crâne, la hache de guerre qui ne le quittait jamais en travers de ses épaules dans un carcan de cuir et d’acier, il se détourna de la vision du fleuve gelée pour reporter son attention sur le hameau en contre bas. « Massacrez-les. » Ordonna-t-il simplement en dégainant l’immense hache de guerre. Tout ne fut plus que cris et sang. Le moissonneur, ainsi le surnommait ses hommes, guerrier mais avant tout fermier, il maniait la hache comme un moissonneur sa faux, il prenait des vies comme un paysan fauchait les blés. Ils n’épargnaient personnes et laissaient à ses guerriers toute l’attitude une fois les hommes exécutés. Le pillage et les viols ne l’intéressaient pas tout du moins pas lorsqu’il n’en éprouvait pas le besoin bouillonnant dans ses veines, il appréciait la violence des combats, le sang, les cris mais le reste le laissait de marbre, dévoué à sa tâche il ne se laissait ni émouvoir, ni distraire tant que le village n’était pas en cendre, son frère lui avait un jour avoué, après avoir abusé d’alcool, que tous pensait que son cœur avait gelé sous les assauts de cet hiver rigoureux … son cœur et sa virilité, avait ajouté son cadet dans un éclat de rire guttural… La famille, c’était à ce sentiment fraternel que son cadet devait la survie de sa main, un chef de clan ne se laissait insulter par personne, mais la famille était la seule chose qui comptait sur cette terre, la famille et les dieux. L’enfer et la glace se mêlèrent sur terre lorsque ses guerriers envahirent le petit village, il ouvrit la gorge de gamins, trancha la tête de vieillards et laissa se vider de leurs sangs beaucoup de femmes. Il n’avait cure de massacrer, il ne faisait aucune distinction, son père lui avait un jour dit de protéger les siens, qu’importe les sacrifices qui en découleraient. Quel maigre prix à payer que de prendre ses vies inconnues, dont la seule existence était une insulte à son honneur, pour protéger son pays, son clan, sa famille. Dans son sillage ses hommes mettaient le feu aux maisons, les ordres étaient simples, brûler, piller, ravager, semer la terreur. L’étroite venelle qui menait au centre du village était déserte, une à une, il explorait les maisons aux toits en feu, cherchant d’éventuels hommes cherchant à fuir les envahisseurs, aucun prisonnier ne serait fait, aucun homme ne devait vivre. Aucun. La maison était de chaux et de bois, des murs solides capables de résister au froid du Nord, une belle maison apprécia-t-il en effleurant les flancs de la bâtisse. Il enfonça la porte d’un coup de botte, le battant se tordit sous l’assaut et s’ouvrit. La lame manqua sa gorge découverte d’un demi-centimètre, entaillant son menton avant de rebondir sur le métal de son surchaud de mailles plates. Il para l’attaque d’un revers de son gantelet métallique, envoyant bouler au sol l’adolescent qui tentait de protéger sa femme, ou bien était-ce sa sœur ? Que lui importait, le gamin mourrait comme les autres. Il le releva, le soulevant par le col et le traina dehors tandis que la gamine s’époumonait. Il jeta le gamin au sol avec pour seule compagne son épée.

« Relève-toi. » Lui ordonna-t-il dans sa langue, une langue âpre et froide, aussi froide que le pays dont il venait, une langue que l’adolescent ne comprenait pas, une langue qui pour lui semblait aussi barbare que l’homme se tenant devant lui vêtu de peau et d’acier. Le gamin était terrifié, il tremblait dans ses chausses de laines. Ce n’était qu’un gamin. Il lui avait offert une chance, son honneur de guerrier avait été défié, il lui avait offert un combat, une chance de le mettre à mort et de s’en tirer, le gamin l’avait ignoré. Alors sans éprouver la moindre compassion il lui passa sa lame au travers du corps. Si elle n’avait pas hurlé, un cri déchirant de douleur, il ne l’aurait pas remarqué, il ne se serait même pas retourné, il avait oublié jusqu’à sa présence, ses yeux n’avaient fait que la survoler dans le cabanon de bois, son attention avait été dévié par l’adolescent qui avait tenté de résister. Ses prunelles aussi glaciales que le fleuve se rivèrent à la jeune fille écroulée contre le battant fracassé. Il amorça un pas vers elle, son épée couverte de sang pointée vers elle, mais quelque chose retint sa main. Son visage. Cette femme, Frea, la déesse qui hantait ses rêves depuis son enfance, remettant en cause son amour de la guerre, son engagement envers son clan. Il la fixait, agacé par lui-même, par sa faiblesse soudaine, troublé par cette pauvre chose sale qui semblait implorée une mort rapide. Son visage. Ce visage. La déesse à n’en point douter. Il ne pouvait pas. Sa simple vue, comme dans ses rêves, suffisait à lui faire bouillir le sang. Sorcière. Sortilège que tout cela. Il aurait mieux fait de lui passer sa lame en travers le corps. Il ne pouvait pas. De rage il planta dans le sol sa hache de guerre, un mouvement d’humeur qui le terrorisa, gêné par son casque il se débarrassa du chef de métal dans la neige, il fit un pas, puis un autre dans sa direction et la façon dont elle se recroquevillait à chacun de ses mouvements enflamma sa colère. La bouche sévère, il s’accroupit auprès d’elle. Il chercha dans son regard la raison de sa brusque miséricorde, sorcière elle semblait l’avoir ensorcelé, alors qu’elle fuyait son regard il immobilisa son menton dans sa poigne, se moquant de la blesser, il serra, serra encore, jusqu’à ce que la douleur et la haine qui lut dans son regard d’émeraude ne le force à se détourner. Le Moissonneur ployait devant une femme, une étrangère. Il la relâcha, reniant le privilège de la posséder le premier, la rage l’éloigna d’elle, de son pouvoir subite sur lui. Il ramassa son casque dans la neige, sa hache et rengaina son épée. Dégoûté. Retournant vers ses hommes qui festoyaient devant un immense brasier où s’entassait en guise de combustible aussi bien du bois que des charognes. Son cri le força à se retourner, il ne comprenait pas sa langue, mais aucun homme ayant un jour possédé une femme par la force ne se serait défié de ne pas connaitre le sens de ce hurlement. « Laisse-là. » Ordonna-t-il simplement, sa voix aussi froide que la terre où il avait vu le jour, suffisait désormais à obtenir l’obéissant de ses hommes, ils avaient appris à leur dépends ce qu’ils risquaient à lui désobéir. L’autre lui répondit mais sa main continuait à trousser la fille, fouillant à la recherche de son entrecuisse. « Va donc te réchauffer les pieds sur les tripes d’une autre. Mjöllnir, la pucelle est à moi. » La colère enflamma son sang. Il ne pouvait le supporter, un autre ne pouvait la toucher. « J’ai dit… Laisse-là. » Il saisit à la nuque le soudard et l’envoya rouler sur le sol. Il n’accorda à la peau mise à nue qu’un instant, focalisant son attention sur le guerrier ivre qui se relevait, poignard au clair. L’épée du viking chanta lorsqu’elle sortit de son fourreau. « Elle est à moi. » La vue de l’épée encore sanguinolente, et de ses camarades au loin qui violaient et pillaient dissuadèrent le violeur, il ne rompit sa garde qu’en le voyant s’emparer d’une autre victime qui hurla elle aussi, sans que ses pleurs n’émurent le guerrier. Il se retourna, elle gisait dans la glace et le sang, ses cuisses exposées au froid et à la neige. Il douta un instant d’être arrivée trop tard, la vision de son entrecuisse offerte le révulsa, lentement, pour ne pas la toucher, il tisonna de la pointe de son épée l’étoffe qui lui recouvrait le visage. Evitant le regard de la sorcière aux yeux de feu, il la couvrit, sans jamais effleurer de ses yeux son visage, se concentrant sur ses membres à nus, grisé par la vue de sa peau blanche et tendre, agacé par ces manières dont il usait avec elle, poussé par une force inconnue de lui, guerrier endurci par les combats marié à son épée et à une cause. Exaspéré et fasciné à la fois. Il rengaina son épée lorsque ses jupes eurent recouvert leurs places. Il fallait partir, abandonné cette sorcière et ses yeux de feux et d’eau avant de commettre l’irréparable. La bouche sévère, les yeux glacials. « AU PROCHAIN VILLAGE ! » Hurla-t-il à pleins poumons, supplantant les cris de douleurs des femmes déchirés en leur sein par ses envahisseurs qui avaient tués maris, pères, enfants, supplantant les chants de victoires, les cris de rages là où les disputes éclataient. Sans un regard pour elle, il se détourna, libérant la peau de loup coincé derrière son fourreau, dans un murmure de tissus il reprit la route, fuyant pour la première fois de son existence par peur de la violence qu’il pourrait déchainer sur cette femme, fuyant son humanité et la faiblesse qu’il avait manqué d’exposer à ses hommes. La neige masquait les traces de leurs passages le long de la route, la neige ne les ralentissait pas, il ne se reposa pas, ne laissa de répit à sa troupe que lorsque le prochain village leur apparut, il les laissa camper en haut de la montagne. Délaissant ses armes à l’entrée du campement, il se rendit dans la forêt toute proche afin de trouver la paix avant le combat, afin de chasser les images du précédent combat et d’honorer les dieux pour cette nouvelle victoire. Ses doigts effleurèrent la végétation enneigée, ses pieds nus foulaient le sol, vivifiant le sang qui coulait dans ses veines. Agenouillée dans la neige, laissant le froid l’engourdir il repensa à cette femme, cette femme qui avait déclenché en lui des émotions contradictoires, son visage imprégnait sa mémoire, il ne l’avait vu qu’un instant, un regard avait suffi pour qu’il l’épargne, défit l’un de ses hommes quitte à s’aliéner ses troupes pour empêcher qu’on abuse de son innocence. Il aurait pu la blesser, il l’avait voulu, l’anéantir pour anéantir cette faiblesse soudaine, il avait voulu broyer son visage avant de céder. Il avait voulu sa mort, pour se libérer. Le froid l’engourdissait. Les bruits de la forêt, du campement au loin, lui parvenaient de plus en plus assourdis.











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