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MERCI DE PRENDRE EN PRIORITÉ LES RÔLES MASCULINS

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 Joshua Olivetti

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Joshua Olivetti
« What we are now, we were once... »

■ Messages : 737
■ Age du Personnage : 25 ans
■ Logement : Citadella
■ Date d'arrivée à Vérone : 15/08/2010

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■ Relazioni & Famiglia:
■ Job: Peintre
■ Sono : amoureux(se)

MessageSujet: Joshua Olivetti   Dim 13 Mar - 19:42



crédits ϟ unleashed

Joshua Olivetti

25 ans ♣ En couple ♣ Citadella


Je m'appelle Joshua Olivetti, je suis d'origine italienne, je suis né et j'ai grandi à Vérone. Si tu veux me souhaiter mon anniversaire c'est le 19 août. Quand je fais ma déclaration d'impôt j'ai envie de déclarer que je suis plutôt bourgeois. J'ai mené ma barque jusqu'à aujourd'hui, de ce fait j'exerce le métier de peintre. En ce moment, je suis en couple. Comment ça pourquoi ? Mais, parce que je sors avec ma copine depuis le lycée, et que j'ai bien l'intention de continuer ma vie avec elle. J'appartiens aux Immortale si rebella. C'est bien joli tout ça mais il serait peut être temps d'entrer dans les détails non ?!


you fingertips across my skin.


Le soleil n’était pas très haut dans le ciel, mais sa simple présence suffisait à réchauffer les habitants de la riche maison des Connor. Andrew ne pouvait cependant pas en profiter, étant obligé de nettoyer la cuisine qui lui paraissait chaque jour un peu plus grande. Mais ce qui l’empêchait de tout jeter sur le sol et de s’enfuir en courant, c’était Lydia. Dès qu’il aurait terminé cette tâche, il irait la rejoindre à l’extérieur, et ils profiteraient du soleil ensemble. C’était ce à quoi il pensait lorsqu’il entendit des éclats de voix et des bruits de pas précipités se dirigeant vers la pièce. Croyant reconnaitre la voix de Lydia, il laissa tomber le balai et se retourna brusquement, juste à temps pour pouvoir réceptionner celle qu’il aimait dans ses bras. Il n’eut pas le temps de demander quoi que ce soit, interrompu par ses lèvres qui se plaquèrent sur les siennes. Andrew rendit ses baisers à Lydia, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’elle pleurait. Le jeune homme se recula, alerté par d’autres bruits indiquant que d’autres personnes arrivaient.

-Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Andrew, plongeant son regard dans celui de sa bien-aimée.

Mais il n’eut pas non plus le temps d’obtenir une réponse, devant répondre à un nouveau baiser désespéré de Lydia. Quelque chose de grave était en train de se produire, et il devait s’accrocher à ce baiser comme si c’était le dernier, il devait garder ses lèvres contre celles de la jeune femme, sinon, il allait la perdre à jamais. Son cœur se fissurait en voyant les larmes perler des yeux de Lydia, mais Andrew était encore loin de se douter de la douleur qu’il ressentirait ensuite, de la souffrance qu’il éprouverait lorsqu’on lui arracherait son amour. Ce baiser baigné de larmes, cet appel à l’aide, cette preuve d’amour sincère, c’était la dernière chose qu’il leur resterait l’un de l’autre. Et cela dura trop peu de temps, car déjà, Mr Connor arrachait sa fille des bras d’Andrew, ignorant leurs plaintes et leurs supplications, ignorant les larmes et les cris. Il l’emmenait, c’était aussi simple que cela. Il l’emmenait, et Andrew ne savait que faire, sinon de s’élancer à leur suite.

Mais il ne put jamais la rattraper. On la lui avait prise, et il n’avait pas été assez fort pour empêcher ça. Il n’avait pas été assez rapide pour la récupérer à temps. Pas assez vif pour retrouver sa trace avant que son mari ne lui ôte sa vie. Ces sentiments se mélangeaient en lui, il ne savait plus s’il était triste ou en colère, amoureux ou habité par la haine. Il aimait Lydia et détestait ceux qui avait fait du mal à cette dernière, qui les avaient détruits tous les deux. Pendant des mois entiers, il parcourut le pays pour la retrouver, pour la sauver de celui qui disait être son mari. Pour les sauver, eux. Car c’était une évidence qu’il avait compris depuis longtemps : sa vie, c’était aux côtés de Lydia qu’il voulait la vivre, et pas autrement. Sans elle, il avait mal. Sans elle, il mourrait.

Il avait mal au cœur, terriblement mal. Il ne pouvait effacer le visage de Lydia de sa tête, ne pouvait oublier sa voix, ne pouvait se défaire du souvenir de leurs contacts charnel. C’était insupportable. La seule chose dont il avait envie, c’était de planter ses ongles dans sa poitrine et de s’arracher le cœur pour ne plus avoir à ressentir ça. Il ne voulait plus aimer si ça signifiait être blessé à ce point. Andrew désirait voir Lydia à ses côtés, rien de plus. Il la voulait elle, près de lui, sinon ça ne valait pas la peine. Rien ne valait la peine d’être vécu s’il était seul. Et Lydia n’était plus. Il n’y avait plus aucune échappatoire. Seulement des larmes, des larmes, encore et toujours des larmes. C’était tout ce qu’il lui restait.


sometimes, i pretend to be normal.



-C’est beau… C’est à la fois triste et plein de chaleur, il y a des couleurs, mais… c’est comme si les larmes de la femme les effaçaient toutes… Et le visage de l’homme, c’est carrément réussi… Comment tu l’as appelé ?
-Papa et maman.
-Quoi ? Comment ça ? Tu veux dire que ça, ce sont tes parents ?
-Tu ne reconnais pas mon père ?
-Je ne l’ai pas beaucoup vu, tu sais. Mais… pourquoi ce… je veux dire… Normalement, on représente ses parents heureux, allongés main dans la main sous un coucher de soleil, où je sais pas moi, mais pas une scène aussi triste…
-Ben c’est mes parents. J’allais pas peindre la cérémonie de leur mariage s’ils ne se sont jamais mariés, et je n’allais pas non plus les représenter enlacés le sourire au visage si les seuls souvenirs que j’ai d’eux ensemble, ce sont des cris et des larmes.


C’est vrai, mes parents, c’était pas la joie. Maman était tombée enceinte à l’âge de dix-neuf ou vingt ans de son fiancé de l’époque, donnant ainsi naissance à sa première fille, Chiara. D’après ce que papa m’a raconté, maman avait adoré cette époque où il n’y avait qu’elle et son mari et Chiara. Je n’avais jamais vraiment aimé Chiara, même en tant que sœur, je n’avais jamais pu supporter ses regards hautains et son mépris envers Luna et moi. Luna, c’est mon autre sœur, qui, comme moi, est née de mon père et de ma mère. Mais elle arrive un peu plus tard. Maman, donc, était tout à fait heureuse avec son mari et sa fille. Mais ledit mari disparut sans laisser de trace, laissant sa femme et la petite Chiara complètement seules. Mais maman ne voulant pas élever la petite seule, ne désirant pas vraiment non plus vivre sans homme, elle tomba plus ou moins dans les bras du premier venu, soit mon père. Papa qui devint fou amoureux d’elle dès les premiers jours de leur relation (même si je pense que le coup du coup de foudre a été légèrement exagéré par le principal intéressé), qui décida d’élever Chiara comme sa propre fille, et mit maman enceinte peu après. Ainsi Luna vit le jour. Ils emménagèrent dans une adorable maison en bordure du Vérone, dans laquelle je passai mon enfance et mon adolescence, et me donnèrent naissance quelques années plus tard.

Maman était photographe professionnelle, et papa professeur à l’université. En apparence, mes parents, Chiara, Luna et moi formions une petite famille idéale ou le calme et la tranquillité régnait. La vérité était toute autre. Je serais incapable de vous expliquer pourquoi, mais ma mère ne m’aimait pas autant qu’elle aimait Chiara, ou même Luna. Et non, ce n’est pas qu’une impression que j’avais quand j’étais môme, c’était réellement le cas. Papa, lui, nous aimait tous les trois comme un père est censé aimer ses enfants : sans aucune différence. Quand nous rentrions de l’école, mes sœurs et moi, et qu’elles se précipitaient dans les bras de maman, j’allais m’installer dans la cuisine et dessinais en attendant le retour de papa. Luna disait que j’avais du talent – c’était la seule à vraiment regarder mes gribouillis d’enfant, qui étaient selon elle beaucoup plus que de simples gribouillis. Mais quand papa rentrait de l’université, je n’avais pas le temps de lui raconter ma journée et de lui montrer mes dessins que maman se précipitait déjà sur lui en criant. Alors papa criait aussi. Je sortais donc de la cuisine, espérant aller trouver un peu de réconfort dans les bras de Luna et me dirigeais ainsi dans la chambre qu’elle partageait avec Chiara, mais cette dernière me supportait presque autant que maman, me faisant ainsi comprendre que je n’étais pas le bienvenue dans sa chambre. Et nous nous mettions à notre tour à nous hurler dessus. Je ne sais pas pourquoi nous ne pouvions pas nous supporter à ce point, je ne sais même pas où nous trouvions l’énergie de nous battre chaque jour. Et ça finissait souvent de la même manière : les parents qui en ont marre de nous entendre nous égosiller, papa qui m’emmène faire un tour en ville en attendant que tout le monde se calme, et les filles qui restent avec maman. Il ne se passait pas une semaine sans que ce genre de dispute explose.

J’avais à peine six ans, Luna en avait un peu plus de sept, et Chiara en avait neuf lorsque maman a reçu ce coup de téléphone. Papa était à l’université, et j’étais encore en train de me disputer avec mes sœurs dans le salon. Maman préparait à manger en nous demandant de nous taire, mais la sonnerie du téléphone fut plus efficace : dès qu’elle décrocha avec un « Si pronto ? » las, nous nous sommes tus. Peut-être que nous avions senti que quelque chose se passait. Je me souviendrai toujours du regard que j’avais échangé avec Luna à l’instant où maman éclata en sanglots, tout en riant, et où elle se tourna vers Chiara en s’exclamant « C’est papa ! Ma chérie, c’est papa ! Tu te souviens de papa ? Viens mon ange, viens lui parler ! ». Et Chiara qui, euphorique, se jette dans ses bras pour prendre le combiné entre ses petites mains. Je n’étais pas bien grand, mais ça me blessa profondément. Ce genre de blessure qu’on camoufle, qu’on enterre tout au fond de soi, mais qui reste éternellement, qui n’est jamais vraiment cicatrisée. Ma mère avec sa fille dans ses bras, ma mère qui riait, ma mère avec l’homme de sa vie à l’autre bout du fil, un homme qui n’était pas mon père. Je me souviens de la main de Luna cherchant la mienne, des larmes qui coulèrent en même temps sur nos deux visages. Nous étions seuls. Dépourvus de l’amour de notre mère. Seuls. Jusqu’à ce que papa, notre papa, rentre.

Et le cauchemar a commencé. De nouveaux cris, de nouvelles larmes. Maman qui annonce son départ, qui déclare qu’elle emmène Chiara avec elle. Papa qui lui demande de ne pas partir. Luna qui se met à pleurer toutes les larmes de son corps. Papa qui se met devant moi, en disant d’une voix ferme que je reste avec lui. Maman qui demande à Luna avec qui elle veut aller vivre. Luna qui pleure de plus belle, moi qui proteste, papa qui hurle à maman qu’elle n’a pas le droit de demander ça. C’était insupportable de nous voir nous déchirer de la sorte. C’était insupportable de voir Luna toute seule entre papa et maman, sans que je ne puisse aller la chercher puisque papa me gardait derrière lui, « pour ma sécurité ». En réalité, c’était pour sa sécurité à lui : il était conscient qu’il ne réussirait pas à retenir maman, qu’elle emmènerait les filles avec elle, et la dernière chose qu’il voulait, c’était d’être séparé de ses enfants. Il me gardait près de lui pour s’assurer que je ne partirais pas. C’était insupportable de voir maman partir en larmes, tenant Chiara par la main et saisissant Luna par le bras au passage, insupportable d’entendre mon père la supplier de rester, de lui laisser sa Luna, d’oublier ce pauvre type qu’elle disait être l’amour de sa vie.

Mais maman avait cette manie de ne jamais jeter un regard en arrière. Elle n’est jamais revenue, n’a jamais plus donné de nouvelles, ni d’elle, ni de Luna. Depuis, ça a toujours été papa et moi.

Les mots comptent, les cris résonnent, les larmes ont du mal à sécher, les souvenirs ne s’effacent jamais. Mais la blessure créée par cette séparation brutale s’est apaisée, et papa a pu se reconstruire. Il m’a aidé à construire ma route, et je suis plutôt fier du chemin parcouru jusqu’à présent.

Maman, Chiara et Luna, c’était devenu le sujet tabou à la maison. Nous n’avions pas déménagé, mais papa avait échangé sa chambre avec celle réservée aux invités. Jusqu’à mes années collège, j’étais un gamin plutôt calme, du genre qui fait ses devoirs tous les soirs en rentrant à la maison, qui a d’excellentes moyennes et qui tire toujours une tête de cornichon. Ca pouvait être assez compréhensible, surtout que pendant de longs mois, la communication entre mon père et moi était plutôt réduite. Une sorte de déprime dans laquelle ma mère nous avait plongés et dont nous avions du mal à nous défaire, un brouillard qui nous étouffait.

Mais nous sommes parvenus à nous en sortir. J’avais aménagé l’ancienne chambre de mes sœurs en une pièce « artistique », là où mon chevalet, mes couleurs et quelques toiles y étaient stockés. Pour mes dix ans, prenant conscience de ma passion pour le dessin, papa voulut me faire plaisir et m’offrir plus que de simples crayons de couleurs. Il était également curieux de voir ce que je pouvais faire avec un peu de peinture. Et le résultat ne le déçut pas : ma première œuvre fut une reproduction d’un de mes dessins préférés, qui représentait une petite fille perdue dans une tempête de neige, et qui tenait une rose rouge dans sa main. Cette petite fille avait un air de Luna, mais j’avais préféré ne pas lui donner de nom. Ce premier tableau s’appelait simplement « Luce Rossa Nella Neve ». Mon père a longtemps été le seul à pouvoir « admirer » mes œuvres (lorsque j’étais gosse, je trouvais mes dessins et mes peintures relativement horribles), que je laissais enfermées dans cette pièce.

Puis vint l’adolescence, la rébellion, la connerie, et un peu tout ce qu’on peut associer à un adolescent normalement constitué. Car oui, malgré le drame de mon enfance, j’étais un adolescent relativement normal. Je m’étais très vite aperçu en entrant au lycée que mon physique ne laissait pas les jeunes demoiselles indifférentes, et en me renfermant moins sur moi-même, je réalisai que je pouvais avoir tous les amis que je voulais. J’appris à être plus cool, je goûtais au bonheur de la vie insouciante d’un ado, je devenais quelqu’un. Quelqu’un d’autre que le gamin discret qui peint des tableaux dans l’ancienne chambre de sa sœur, j’étais un peu plus que ça. Je me rendis compte que le monde ne s’était jamais arrêté de tourner depuis le départ de ma mère, une dizaine d’années auparavant, depuis que ma sœur avait disparu, depuis tout ça. Je devais me construire. Je rencontrai Eleonora lors d’une soirée organisée par certains de mes camarades de classe. Nous avions flashé l’un sur l’autre, nous avions couché ensemble, et le lundi suivant, nous nous étions retrouvés au lycée. Le courant était passé immédiatement, et nous ne nous quittions que rarement. De nombreux après-midis libres se déroulaient dans la pièce « artistique », où je ne peignais plus vraiment mais apprenais les leçons de guitare de ma petite-amie. Je lui remplissais son iPod, elle jouait ses morceaux préférés et nous chantions ensemble. Entre deux morceaux, on parlait, parlait, parlait pendant des heures. Notre relation s’est construite naturellement, comme ça, en discutant, en jouant de la guitare ensemble, en lui montrant les tableaux que j’avais créés des mois auparavant.

-Pourquoi tu ne peins plus ? m’avait-elle un jour demandé.
-Parce que je n’ai rien à peindre. Quand j’étais gosse, j’avais des tonnes de choses à raconter, tout ce que je ne disais pas, je le dessinais, j’y mettais des couleurs.
-Tu pourrais me peindre, moi.
-Il faudrait que je trouve la couleur idéale pour ça… Et j’ai franchement la flemme de ressortir ma peinture. C’est long de trouver la couleur parfaite, crois-moi.
-Mais j’aimerais bien que tu fasses un tableau de moi… Ou un tableau de nous !
-Un jour peut-être…


Il était vrai que je n’avais pas touché à un pinceau depuis de longs mois. Peut-être que mon passe-temps d’enfant m’avait passé, que je n’éprouvais plus autant de bien-être à exprimer ce que je ressentais en mettant des couleurs sur une toile vierge. Que je n’avais plus assez d’inspiration, tout simplement. Mais en écoutant les quelques notes produites par Eleonora, et en jetant un coup d’œil au coin où étaient entassés tous mes tubes de peinture, j’eus comme une sorte de pulsion. Je me relevai brusquement, attrapai le plus de tubes possibles, et me précipitai dans le salon, suivi de très près par ma petite-amie.

-Qu’est-ce que tu fais ?
-Je nous peins !
-Quoi ?
-Tu ne trouves pas que ces murs sont trop blancs ? Moi, tout ce que je vois quand je regarde les murs de cette pièce, c’est le visage de ma mère, et c’est bien la dernière chose que j’ai envie de voir.
-Je ne… attends, tu vas quand même pas…
-Aide-moi à bouger le canapé ! On l’a acheté le mois dernier, ça m’embêterait de l’abîmer…


Une fois le canapé bougé, le tapis roulé et rangé sous la table basse, elle-même posée un peu plus loin dans la pièce, je laissai tomber la moitié des tubes de peinture sur le sol, en lançai deux ou trois dans les bras d’Eleonora.

-Ton père va nous tuer…
-Je suis la dernière personne qu’il ait envie de voir morte. Fais-toi plaisir mon cœur, ce salon est beaucoup trop blanc ! Peins-nous, mets-nous de la couleur.


On aurait dit qu’on avait assommé mon père avec une casserole quand il rentra de l’université, à peine deux heures plus tard. A voir sa tête, je me demandai finalement si j’avais eu raison de m’avancer sur sa décision quant à me garder en vie…

-C’est le moment où on est censé courir… avais-je chuchoté à l’oreille d’Eleonora.
-Mais il nous retrouvera où qu’on aille !
-On s’en fout… Cours… Nora, cours !


Et nous avions détalé tels deux gamins qui voulaient éviter de se prendre la rouste de leur vie. Sauf que nous avions complètement oublié la table basse poussée devant l’entrée du couloir, ce qui nous valut une chute mémorable. Et comme nous tenions toujours des tubes de peinture dans nos mains, nous avions à peu près la même tête que les murs du salon. Mais malgré tout, mon père laissa ces derniers tels quels. Et c’est vachement mieux comme ça. Un peu de joie, de bonheur, de couleur dans cette maison. Même s’il avait fait semblant de me le reprocher pendant longtemps, j’étais parfaitement conscient qu’il avait adoré. Ça lui avait fait du bien. La preuve en est que depuis ce jour, ma relation avec mon père devint beaucoup plus agréable, moins froide, moins tendue. Quelques jours plus tard, je peignais « Papa et Maman ».

Quand ai-je décidé de faire de la peinture mon métier ? A vrai dire, je ne me suis jamais réveillé en me disant un matin « Je vais devenir peintre ! ». Je peignais depuis que j’étais gosse, ça avait toujours fait partie de moi, de ma vie, et ça le resterait toujours. L’idée à du germer lors d’une de ces après-midi dans la chambre où je peignais et jouais de la guitare en compagnie de Nora, pendant que nous parlions d’avenir proche. Elle voulait faire des études de ventes internationales, et moi, je n’avais aucune idée du chemin à prendre. Dès que les questions se faisaient trop nombreuses, j’allais dans la chambre et je préparais pinceaux et palette de couleurs. Je m’étais remis à peindre petit à petit, et même si mes « œuvres » étaient encore assez peu nombreuses, on avait l’impression que la maison était devenue une galerie d’art – avec comme pièce principale le mur du salon et sa fresque colorée. Mes toiles préférées restaient malgré tout les deux consacrées à ma famille – si on pouvait appeler ça comme ça – c’est-à-dire celle de la petite fille qui ressemblait à Luna, perdue dans la neige, et celle de mes parents déchirés, le soir du départ de maman. Je ne les avais jamais montrés à mon père, car j’avais peur de sa réaction, peur de réveiller ce chagrin infini dont il avait eu tant de mal à se défaire. Ils étaient donc là, au fond de la pièce, sous un drap blanc, en attendant. Je ne savais pas quoi, mais en attendant. La toile préférée de mon père, allez savoir pourquoi, représentait une vespa. Oui, j’avais été inspiré en rentrant du lycée un soir où j’avais croisé une groupe d’enfants s’amuser sur une vespa rouge, et voilà que quelques heures plus tard, une mobylette rouge était peinte. Tout ça pour dire qu’à la sortie du lycée, donc, je ne savais pas quoi faire de ma vie. Papa voulait – comme beaucoup de pères, je suppose – que je devienne avocat ou médecin, ou, puisque la peinture était mon truc, professeur d’art à l’université, ou même tout simplement une école. Eleonora me disait que je pouvais toujours la suivre et faire les mêmes études qu’elle, mais la vente internationale, ben… je m’y voyais pas vraiment, quoi. J’avais envisagé d’intégrer l’Accademia di belle arti « Gian Bettino Cignaroli », ce qui aurait pu me permettre de rester sur Vérone. Mais je crois que l’idée concrète de l’ouverture d’une galerie a surgi lorsqu’on a proposé à Nora un stage dans une galerie d’art aux Etats-Unis.

-Il est trois heures du matin. Pourquoi tu m’appelles à trois heures du matin ? Tu peux pas attendre au moins que je sois réveillé ? Ou appeler plus tôt ? Il est quelle heure à New York ? Tu dors pas ? T’es pas en train de m’appeler pour demander d’appeler les flics parce que y a un pervers qui te court après et qui veut te violer, parce que je peux pas faire grand-chose depuis Vérone, donc tu te débrouilles. Et puis t’as une bombe lacrymo dans ton sac. Sauf si t’as pas ton sac. T’as ton sac ? Bon tu peux te débrouiller alors. Ici, il est trois heures du mat’, et je suis d’une humeur de chien enragé à qui on vient d’arracher les moustaches quand on me réveille au milieu de la nuit, alors on reparle demain, mon cœur. Bonne nuit mon amour. Je t’aime mon amour.
-Josh…
-C’est si important que ça ?
avais-je demandé sur un ton implorant en allumant ma lampe de chevet.
-J’ai eu l’idée du siècle !
-Vraiment ? Elle a intérêt à être grandiose ton idée, fais gaffe.
-On va ouvrir une galerie !
-…
-Elle est grandiose mon idée, right ?
-Et c’est pour me dire ça que tu m’as réveillé à trois heures du matin. J’ai pas beaucoup de fric, je te rappelle. Et Vérone, c’est pas vraiment New York. Vérone, c’est beau, Vérone, c’est poétique, Vérone, c’est classe. New York ça pue. Tu rentres quand au fait ?
-Demain.
-Demain, demain ou demain dès que le jour est levé ?
-Demain, demain. Mercredi, quoi. Mais on s’en fiche, ce que je veux, c’est que tu ailles te renseigner et trouver un hypothétique endroit où ouvrir notre galerie.
-Et tu veux y mettre quoi dans ta galerie ?
-Tu le fais exprès, hein ? Devine, imbécile !
-Mes tableaux ? Tu veux ouvrir une galerie avec mes tableaux ? Y en a que trois ou quatre qui sont potables ! On va pas tout chambouler pour trois tâches de peinture ! Non sérieusement ma puce, l’idée est bien, mais irréalisable. On n’a pas de fric. Mes tableaux restent dans la chambre. Tu me rappelles l’heure d’arrivée de ton avion ? Je passerai te prendre.
-Non, mais attends ! J’ai montré un cliché de deux de tes tableaux et du mur de ton salon au propriétaire de la galerie où je fais mon stage, et il a confirmé – je l’aurais frappé s’il avait dit le contraire de toute façon – que tu avais un talent incroyable. Crois-moi, c’est pas un investissement bidon ! On pourrait le faire. On s’associe, et on monte le truc !
-Attends une seconde… Tu as quoi ?!
-Ouais, merde, j’aurais peut-être pas du parler des clichés. Mais c’est vraiment beau ce que tu fais !
-C’est pas une question de faire des trucs beaux ou non ! C’est… je… Même mon père n’a pas vu ces toiles !
-Comment tu sais que je parle de celles-ci ?
-J’en savais rien, mais tu viens de dire que tu parles de celles-ci. Donc, je réitère : même mon père n’a pas vu ces toiles !
-Bon sang Josh, on s’en fout ! Qu’est-ce que tu veux faire, toi ? Dis-moi ! Aller à l’académie d’art de Vérone ? Alors que tu n’as rien à apprendre ? Bosser comme serveur dans un restaurant en attendant d’avoir l’illumination concernant ton avenir ? Continuer à peindre dans ta chambre jusqu’à la fin de ta vie ?
-Une galerie, ça s’ouvre pas comme ça.
-Je le sais bien, je ne suis pas la dernière des idiotes, je te remercie ! Je dis simplement que c’est un projet qui tient debout.


Et nous voici finalement, quatre ans plus tard : vivant ensemble dans un appartement (qui déchire tout) situé à Citadella, riches, beaux, heureux. La galerie ‘Olivesari’ (un mélange de nos deux noms) se porte bien et a commencé à se faire un nom dans le milieu. Mon dernier tableau en date est celui-ci :

Il s’appelle comme vous l’avez certainement deviné « Eleonora ». Il est rangé tout au fond de mon atelier en attendant le bon moment pour le lui offrir – je comptais en effet lui offrir la bague en même temps. Nora était la femme de ma vie, et ma vie, elle ne faisait que commencer. C’était la raison pour laquelle j’étais sur le point de la demander en mariage. Et la raison pour laquelle j’écris ceci à l’imparfait, c’est elle : Rachele d’Aquino. Vous avez peut-être lu ses livres – c’est mon cas, et je les adore totalement, certainement pas autant que Nora, mais je les aime beaucoup, et s’il y a encore quelques jours je vous aurais répondu « non » si on m’avait demandé s’il était possible que cette écrivain fasse partie de ma vie, aujourd’hui, c’est bien le contraire. Ce n’est pas vraiment long à raconter : une séance de dédicaces à laquelle je fus traîné par ma future fiancée, un regard échangé avec la star, et… le chamboulement total. Le cerveau qui bascule, l’esprit qui ne sait plus où il en est. L’impression de déjà-vu. Mais pas une simple vision genre « je la reconnais puisque j’ai vu des dizaines de photos d’elle », mais plus « je l’ai déjà rencontrée, en vrai. Mais où ? Et quand ? ». Un sentiment de vertige incroyable, qui dura bien au moins cinq minutes. Et visiblement, elle aussi faisait un gros blocage sur moi. Je fus ramené à l’instant présent par Eleonora qui m’entraînait déjà vers la sortie, et j’étais beaucoup trop troublé pour lui demander d’attendre encore un peu, de me retourner vers Rachele et de lui demander où est-ce qu’on s’était déjà rencontrés. Mais la question formulée dans ma tête me parut complètement idiote dès l’instant où elle apparut : je m’en serait souvenu si j’avais croisé une écrivain célèbre, si je l’avais croisée, elle. Et puis il y eut le contact. Sans doute parce qu’elle avait éprouvé le même trouble que moi, Rachele s’était levée et m’avait attrapé la main. Le sursaut qui suivit ensuite me fit lâcher celle de Nora, et je me retournai brusquement vers la jeune femme. Qu’est-ce que c’était que ce truc ? Une véritable décharge électrique, une brûlure vive, un choc aussi brutal et inattendu qu’inexplicable.

-Josh, tu bouges ? s’impatientait ma petite-amie.
-Je… oui, oui… on s’en va.

J’étais censé la demander en mariage le soir-même. Mais j’en étais incapable, à cause de ce qui s’était produit plus tôt à la librairie. Théoriquement, les deux choses n’avaient aucun rapport, mais techniquement, le visage de Rachele d’Aquino me hantait tellement (et me hante toujours) que la première chose que j’avais faite en entrant, c’était replacer le tableau à l’effigie de Nora tout au fond de mon atelier.

Il faut absolument que je la retrouve, que je mette au clair cette histoire de brûlure, que je sache d’où m’est venu ce sentiment de déjà-vu, ou cette chose que je suis incapable de qualifier. Mais à moins de la suivre dans sa tournée de dédicaces – ce qui est totalement impossible – je ne vois absolument pas comment faire. Je suppose que je n’ai qu’à attendre que ça passe, et à poursuivre ma vie aux côtés d’Eleonora. C’est ce dont je dois me convaincre. Ce n’était qu’un effet de mon imagination. Mais pourtant…


all you need is love ?


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Autre chose à ajouter ? J'aime, j'aime, j'aime cette nouvelle version !!!



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Tosca J. Dal Cappello
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MessageSujet: Re: Joshua Olivetti   Dim 13 Mar - 20:46

Ha bah il est quand même mieux sans sa perruque blonde, hein x)
Bon courage pour ta fiche. Wink


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ET TOI, TOI TU ES MON FAIT ETABLI, MON RESULTAT, MON FIL ROUGE.
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Joshua Olivetti
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MessageSujet: Re: Joshua Olivetti   Lun 14 Mar - 18:27

N'est-ce pas ? x)
Merci ! Je m'y mets dès maintenant ^^
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Joshua Olivetti
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MessageSujet: Re: Joshua Olivetti   Dim 20 Mar - 17:04

Normalement, c'est (enfin) terminé. Enjoy =D
(Tell me s'il y a des trucs à modifier, of course).
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Thybalt A. Andreotti
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♠ ♠ ♠ ♠
■ Relazioni & Famiglia:
■ Job: Maire de Vérone
■ Sono : marié(e)

MessageSujet: Re: Joshua Olivetti   Lun 21 Mar - 7:02

Fiche Nickel, je valide.







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Joshua Olivetti

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