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 Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele

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Rachele d'Aquino
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MessageSujet: Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele   Mer 23 Mar - 14:25

You know me. You don't mind waiting. You just can't show me, but God I'm praying, that you'll find me, and that you'll see me, that you run and never tire. Desire


Depuis un mois, c’était toujours la même chose. Toujours les mêmes gestes pour commencer. Elle rentrait chez elle, et claquait la porte pour la refermer. Il ne lui fallait alors pas plus d’une seconde pour la plaquer contre ladite porte. Elle n’avait même pas le temps d’enlever sa veste, ou de poser son sac, qu’elle sentait déjà une main se poser contre sa jambe. La sensation variait en fonction du rêve, en fonction de la manière dont elle était habillée dans ce rêve. Là, elle portait une robe. La main était donc en contact direct avec sa peau, l’électrisant juste de ce simple toucher. Ce toucher qui se transforma rapidement en une caresse langoureuse dès l’instant où la pulpe des doigts se mit à bouger, remontant lentement le long de sa cuisse nue. L’effet qu’il arrivait à provoquer en elle avec cette seule caresse semblait le rendre aussi perplexe qu’elle, au début, puis comme chaque fois, il cessait de l’observer se mordre les lèvres pour ne pas gémir, stoppait cette torture qu’elle s’auto-infligeait pour lui en asséner une autre en emprisonnant sa bouche contre ses lèvres. Ce n’était jamais un baiser doux, c’était un baiser qui dévastait tout sur son passage, un baiser avec lequel il lui prenait tout pour ne rien lui laisser, si ce n’est cette sensation de vide, de manque à combler qu’il creusait toujours un peu plus. Sa main effleura le tissu de la robe, le poussant presque sans ménagement de son passage alors que la caresse continuait d’être toujours aussi sensuelle, continuait de la rendre dingue. Son autre main, pendant ce temps-là, lui ôtait la lanière de son sac de l’épaule et le faisait tomber sans autre forme de procès sur le sol, dans un bruit sourd. Puis, d’un geste habile, les doigts faisaient glisser la veste de ses épaules jusque sur le sol, s’emparant, dès que cela était fait, de la taille de la jeune femme trop faible pour lui résister. Elle n’avait d’ailleurs aucune envie de lui résister, et si elle en avait eu la volonté, nul doute que son esprit l’en aurait empêchée. Il rapprocha son corps du sien. Elle qui était si forte habituellement, qui imposait sa présence à l’autre, elle paraissait désormais si fragile entre ses mains, comme une petite chose qu’il aurait fallu protéger à tout prix. Elle ne pouvait se laisser aller à être cette femme vulnérable qu’avec lui. Alors qu’elle allait chercher le contact de ses mains, murmurant son prénom à son oreille, sa vision se fit troublée et floue.

Et le rêve s’acheva.

Rachele ouvrit les yeux et jeta un coup d’œil autour d’elle, se rappelant où elle était. Cette bonne vieille chambre de la maison de Borgo Venezia. Quant à l’heure, elle pouvait facilement deviner que le petit matin n’était pas encore là, elle ne percevait aucune lumière émanant des rayons du soleil à travers les fentes des volets. Elle se sentait complètement frustrée. Pas que sexuellement parlant, cela dit, même si, sur le moment, c’était tout de même son principal regret. Elle en avait assez d’avoir l’impression de perdre son temps à chercher un fantôme, assez de n’avoir en tête que des questions et pas une seule réponse, assez de tout ce qui se passait dans sa vie. Elle se laissait encore deux semaines avant de dire à Julian qu’ils rentraient à Rome. Ils n’étaient pas là pour le plaisir, ni pour le boulot, après tout. Et du boulot, ils en avaient tous les deux qui les attendait. A Rome. Pour le moment, cela ne servait à rien de ruminer ce genre de pensées. Elle avait surtout besoin d’aller prendre une douche.

SIX HOURS LATER

La météo à la télévision avait prévu un grand soleil toute la journée, avec des températures plutôt douces pour la saison. Aussi, Rachele, en femme coquette qui se respecte, avait décidé d’étaler ses gambettes pour l’occasion. Bien mal lui en avait pris. Elle avait choisi la même robe qu’elle s’était vue porter en rêve pendant la nuit, avec une paire d’escarpin à talons et une veste en cuir. Tout de noir vêtue, Julian l’avait surnommée la veuve noire, et lui avait demandé où elle comptait aller ainsi habillée. A dire vrai, Rachele n’en avait eu pas la moindre idée, elle avait juste voulu sortir s’aérer un peu en ville. Elle n’aurait pas dit non à un peu de lèche vitrine, mais si elle avait avoué ça à son jumeau, elle se serait douté qu’il lui aurait fait la morale comme quoi elle avait déjà des placards et des commodes pleins à craquer. Le problème avec Rachele, c’était qu’elle achetait tellement de vêtements qu’elle avait à peine le temps de les porter avant qu’ils ne soient démodés. Peut-être qu’elle allait chercher à savoir où se faisaient les réunions des alcooliques anonymes dans cette ville, pour un peu qu’ils y restent si elle finissait par avoir de la chance. Enfin, de la chance, c’était une question de point de vue.

– Pronto ?
– Je hais cette ville.
– Tiens, je me disais bien que c’était trop calme et que ça faisait un moment que tu t’étais pas plainte.
– Ouais bah ça va, hein ! Toi, t’es au sec et au chaud, alors tu la fermes et tu m’écoutes râler.
– Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
– J’avais oublié qu’on pouvait jamais faire confiance à la météo.
– Hein ?
– Il pleut, bordel. Il pleut des trombes d’eau, et je trouve pas un seul magasin qui vendrait des parapluies. Nan mais je te jure, c'est trop pourri Vérone, en fait. En plus il fait froid, c’est trop le nord par rapport à Rome. J’veux rentrer dans mon pays où il fait chaud. Ça craint ici.
– T’es où là, tu veux que je vienne te chercher ?
– Où je suis ? Mais j’en sais rien du tout où je suis ! J’suis passée près de la casa di Giulietta tout à l’heure. En plus, y’avait plein de touristes trop niais qui écrivaient leur nom dessus, comment ça doit pas plaire aux proprios… Enfin, du coup, j’suis paumée. J’suis dans une rue où y’a personne, j’te jure, pas un chat. Et puis forcément, histoire de montrer que j’ai vraiment la poisse, c’est que des maisons, pas une seule boutique où je pourrais m’abriter. Trop pourri quoi. Et… merde !
– Quoi encore ?
– J’ai cassé mon talon.
– Ton talon ? De ton pied ?
– Non, andouille. De mes Valentino. Oh, attends !
– Rachele ?
– Je viens de trouver un abri provisoire. Je raccroche.

L’abri en question s’avérait être une galerie d’art dans laquelle la jeune femme venait d’apercevoir une ombre bouger, et malgré la pancarte qui indiquait ‘Fermé’, la porte était ouverte. C’est avec un soulagement non feint qu’elle passa la porte et se retrouva au sec. Façon de parler, encore une fois, puisqu’elle était trempée jusqu’aux os. Sa robe lui collait tant à la peau que ça en aurait presque été obscène, si ça n’avait pas été qu’un peu de tissu trempé. Ses cheveux blonds étaient plaqués contre son crâne et ses joues, et le bruit des gouttes d’eau qui en tombaient sur le sol était mis en sourdine par la musique qui résonnait dans la pièce. Elle n’avait pas vraiment l’habitude des galeries d’art, mais c’était quand même rare, non, d’y entendre le groupe 30 Seconds to Mars à ce volume. D’y entendre la musique de ce groupe tout court d’ailleurs. Rachele retira ses chaussures, perdant bien dix centimètres d’un coup, et observa son escarpin avec un certain dépit. Ce n’était pas comme si c’était la seule paire de Valentino qu’elle avait, loin de là, mais c’était un de ses plus récents achats, et elle en avait été particulièrement fière. Foutus pavés de cette foutue ville ! Soudain apparut dans le champ de sa vision un homme de dos, visiblement en train de… danser. Oui, elle ne rêvait pas, il était en train de se dandiner sur la musique, et elle en aurait certainement ri s’il ne s’était pas tourné vers elle à ce moment-là. Si elle ne l’avait pas immédiatement reconnu.


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Joshua Olivetti
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MessageSujet: Re: Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele   Dim 27 Mar - 1:38


-Putain de bordel de merde de… Va te faire foutre !

Ou comment débuter la journée en poésie.

-C’est ça de dormir dans un hamac, hein. Bien fait pour toi !
-Chérie, j’ai mal ! T’as pas de… Oh putain, je saigne !
-T’es une vraie chochotte, Josh. T’avais qu’à venir dormir avec moi cette nuit. Je te répète que c’est bien fait pour toi.

Josh, se massant le crâne d’une main, appuyant sur sa narine gauche de l’autre, se précipita dans la cuisine et chercha à arrêter les saignements de son nez en plaquant trois mouchoirs dessus. Une fois remis du choc de la chute, il s’installa à table et se versa du café dans un bol, en regardant d’un œil noir Eleonora qui semblait se ficher complètement de lui. La veille, ils s’étaient rendus en ville pour remplir un peu plus la garde-robe de mademoiselle, et Josh avait tout simplement flashé sur un hamac deux places, un hamac ultra confortable, qu’on n’avait pas besoin d’accrocher à des arbres et qui pouvaient – selon Josh – parfaitement s’utiliser en intérieur. Ils se l’étaient fait livrer le soir même, et si Eleonora avait dit détester l’objet, le jeune homme quant à lui l’adorait complètement. Tant et si bien qu’une fois le soir venu, plutôt que d’aller rejoindre sa bien-aimée dans leur chambre, il préféra dormir dans le hamac, pour le plus grand malheur de Nora. Tout aurait très bien pu se passer – si on oublier de compter la mauvaise humeur passagère de cette dernière – si Josh n’avait pas fait de rêve troublant, le faisant se réveiller en sursaut, le faisant basculer de son « lit », le faisant tomber sur le parquet, lui explosant le nez, lui faisant lâcher une belle brochette d’injures.

-C’est de ta faute si t’as dormir toute seule, je te rappelle que c’est toi qui a pas voulu dormir avec moi !
-C’est pas trop mon trip de dormir dans un hamac au beau milieu de mon salon, vois-tu.
-J’vois pas quelle différence ça fait. Ce qui compte, c’est de dormir avec moi, non ?
-Ce qui compte, c’est de dormir confortablement.
-C’est un hamac deux places !
-Je finirai par me retrouver par terre en moins de dix minutes, tellement tu occupes les deux places.
-Tu dis n’importe quoi.
-Je serais bien restée discuter avec toi, mon amour, mais je dois filer, j’ai du boulot. N’oublie pas te passer à la galerie avant midi, histoire de régler les derniers détails avant l’expo de la semaine prochaine. Tu passes me prendre pour le déjeuner ?
-Ouais, ouais, ouais…
-Allez, boude-pas, tu vas t’en remettre ! fit Eleonora en souriant avant de l’embrasser au coin des lèvres, mais elle n’obtint comme réponse qu’une moue significative de la part de son petit-ami. Elle leva les yeux d’un air agacé, prit son sac, et sortit de l’appartement sans rien ajouter.

Après avoir entendu la porte claquer, Josh laissa échapper un soupir et s’empara de son téléphone posé sur la table. Il tapa le texto suivant « Boude pas. Je t’aime quand même Wink » et l’envoya à Nora.

-Je t’aime quand même… répéta-t-il à voix basse, fixant le fond d’écran de son iPhone, qui n’était qu’autre qu’une photo de leur couple.

« Je t’aime quand même. » Quand même quoi ? Pourquoi lui avait-il envoyé ça ? Etait-ce par rapport au fait qu’il n’avait pas désiré dormir avec elle cette nuit-là, en utilisant ce stupide hamac comme prétexte ? Par rapport au fait qu’il n’avait pas répondu à son baiser en partant ? Par rapport au fait que depuis des jours et des jours, Eleonora n’était plus la seule femme qui occupait les pensées de Josh ? D’ailleurs, il ne savait même pas pourquoi cette Rachele le hantait tant. Ok, il y avait eu ce truc totalement étrange à la librairie. Mais c’était des semaines auparavant ! Ils avaient dormi, depuis – surtout elle, sans doute – et elle avait continué sa tournée de dédicaces, puis était rentrée chez elle, continuait sa vie tout comme Josh devait continuer la sienne. Mais allez savoir pourquoi, depuis quelques jours, le visage de Rachele lui revenait de plus en plus souvent. Il s’était même mis à rêver de la scène de la librairie – ce qui lui avait entre autre valu le réveil brutal du matin même – sans parvenir à la chasser de son esprit. Ce devait sans doute être du au fait qu’Eleonora avait décidé de relire le dernier bouquin de l’écrivaine et qu’elle le baladait partout, laissant sous les yeux de Josh la photo de Rachele D’Aquino en quatrième de couverture. Mais il ne devait plus penser à elle, et se concentrer sur la demande en mariage qu’il allait devoir formuler prochainement. Car c’était ça, ce qu’il voulait, n’est-ce pas ? Epouser Eleonora, faire sa vie avec elle, c’était ça, la suite logique de l’histoire. Seulement voilà, il n’en était plus si sûr que ça.

    _ Quelques heures plus tard _


“ DON’T SAVE ME, DON’T SAVE ME, CAUSE I DON’T CAAAAAAARE… ! ”

Voici ce qui résonnait dans la galerie Oliversari en cette matinée. La voix de Jared Leto couverte par la voix de Josh qui tentait tant bien que mal de l’imiter. A la base, le jeune homme était venu ici pour terminer d’accrocher ses derniers tableaux – tout devait être prêt, comme l’avait dit Eleonora un peu plus tôt – pour l’exposition de la semaine suivante. Les gars qui l’avaient aidé à installer le plus gros étaient partis un peu plus d’un quart d’heure auparavant, et n’ayant pas l’envie de sortir maintenant en raison du déluge qui tombait dehors, il préféra attendre l’heure du déjeuner à l’intérieur, non sans s’amuser un peu. L’une des premières choses qu’il avait installées en ouvrant la galerie était cette chaine hi-fi, qu’il affectionnait particulièrement, et il était rare qu’il ne l’allume pas. Sur son iPod, il avait plusieurs playlist – une par expo qu’il oubliait toujours d’effacer ou qui pouvait toujours servir pour une autre, et celles qu’il créait en fonction de ses morceaux du moment. En l’occurrence, son iPod avait décidé grâce à la lecture aléatoire de lui faire écouter du 30 Seconds To Mars, ce dont il avait bien besoin pour se lâcher un peu. Et vas-y que je t’imite Jared Leto en train de gueuler, que je m’explose la gorge et que je me mette à tousser. La désillusion. Non, Josh, tu n’es pas (encore) une rock star. Tu es un peintre. Un peintre qui aime la musique certes (l’exposition s’appelait « Music is a way of life »), mais un peintre quand même.

“ Until the truth becomes a lie, until you change, until you denie… Until you believe… ”

Le jeune homme n’entendit pas la porte s’ouvrir puis se fermer, n’entendit pas le soupir de soulagement qu’on venait de pousser, ni les gouttes d’eau qui s’écrasaient sur le parquet dans des petits “plocs” sonores, tellement absorbé dans sa chanson.

“ THIS IS MY CHANCE, THIS IS MY CHAAAAAAAAAAAAaaaance… ”

Il venait de se retourner. Il venait de la voir. Il venait de se prendre la honte de sa vie. Non, à bien y réfléchir, il avait vécu pire… Quoi que… Si, si, il avait vécu bien pire. Mais cette scène entrait dans le top 5. Voire le top 3. Il aurait voulu le faire exprès qu’il n’y serait pas parvenu. Que foutait Rachele D’Aquino devant lui ? Non, sans déconner, qu’est-ce qu’elle foutait là ? N’était-elle pas censée être à Rome ? Comment l’avait-elle retrouvé ? Grâce à un détective privé ? Un agent secret ? Un robot tueur ? Cette pensée le fit frémir, et il jeta un coup d’œil tout autour de la pièce, afin de vérifier qu’aucune caméra autre que celles qu’il avait lui-même installé n’était présente. A moins que l’on se soit infiltré dans ses propres caméras… Son regard soupçonneux ne disparut pas avant une dizaine de secondes, jusqu’à ce qu’il pose de nouveau les yeux vers la demoiselle qui venait d’arriver. Mais visiblement, elle ne s’était pas attendue à le trouver ici. Et ses neurones se connectèrent enfin.

-Bon sang, vous êtes carrément trempée ! Prenez ça.

Il décrocha sa veste du porte manteau et la tendit à la jeune femme, ne pouvant désormais plus détourner le regard. C’était incroyable. Comment… ?

-Que… qu’est-ce que vous faites là ? Ce n’est pas pour vous chasser ni rien, évidemment, bien au contraire, hein ! Mais c’est juste que c’est… surprenant… troublant…

D’un geste, il se pencha vers la chaine et en baissa le son, même si la chanson venait de se terminer, de façon à ce qu’ils puissent s’entendre parler.

Ce n’était pas le hasard, ça, c’était certain. C’était un signe
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Rachele d'Aquino
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MessageSujet: Re: Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele   Ven 1 Avr - 11:31



-Bon sang, vous êtes carrément trempée ! Prenez ça.

Rachele ne put même pas le remercier. D’abord parce que ce n’était pas la première remarque à laquelle elle s’était attendue de la part de son inconnu. Il aurait pu la laisser grelotter de froid et exiger de savoir pourquoi elle le poursuivait, même si en l’occurrence, elle n’y était strictement pour rien. Il aurait pu essayer de la faire sortir de la galerie qui devait normalement être fermée. Mais non, il s’était contenté de lui venir en aide de la manière la plus spontanée qu’il soit. Ensuite, si elle fut incapable de formuler le moindre remerciement, c’était parce qu’à l’instant même où elle saisit la veste qu’il lui tendait, leurs doigts entrèrent en contact. Elle avait misé sur une nouvelle brûlure, elle s’était trompée. La sensation n’avait rien à voir avec l’intense douleur de la librairie, au contraire, c’était tellement agréable qu’elle regretta que le toucher ne dure que quelques millièmes de secondes. Et puis elle enfila la veste. Et elle se retrouva aussitôt enveloppée par l’odeur du jeune homme. Une odeur qui lui était familière. Une odeur dont elle rêvait toutes les nuits. Bon sang, comment pouvait-elle rêver d’une odeur et que cette dernière soit identique à l’originale ? Ce n’était pas possible que ce soit seulement leur deuxième rencontre, c’était métaphysiquement impossible si on maintenait que c’était toujours le monde réel et qu’elle n’avait développé aucun super pouvoir paranormal. Ce dont elle était absolument sûre d’ailleurs, parce que quitte à développer un pouvoir particulier, elle voulait lire dans les pensées. Pas voir le futur. Voir le futur, c’était trop flippant pour elle. Bref, le pire restait à venir. Des flashes de son rêve de la nuit lui revenaient pour mieux la mettre mal à l’aise au possible, et elle était en train de commencer à rougir comme une adolescente boutonneuse à qui un joli garçon aurait fait un sourire. Ce qui ne lui était pas arrivé depuis… ce qui ne lui était jamais arrivé. Rachele ne rougissait jamais par gêne, elle était sans gêne. Elle rougissait par intérêt, pour faire croire à un homme qu’elle courtisait qu’elle était flattée par les compliments ou intimidée par la prestance de son interlocuteur. Pour éviter qu’il ne le remarque, même si c’était couru d’avance, elle commença à faire le tour de la galerie et à observer les tableaux, chaussures toujours en main.

-Que… qu’est-ce que vous faites là ? Ce n’est pas pour vous chasser ni rien, évidemment, bien au contraire, hein ! Mais c’est juste que c’est… surprenant… troublant…

Il avait enfin éteint la musique, et elle pouvait s’entendre penser. La jeune femme n’avait pas l’habitude d’être vouvoyée, pas plus qu’elle n’aimait ça. Elle avait l’impression de prendre dix ans d’un coup, ou d’être traitée comme quelqu’un de respectable. Ce qu’elle n’était pas, même si elle s’était rachetée une conduite depuis sept ans. En tous cas, il venait de poser la question que tous les deux se posaient, à savoir sa présence devant lui. Elle continua sa marche silencieuse, donnant l’impression qu’elle n’était là que pour les tableaux. Elle se demandait si c’était lui qui les peignait, auquel cas elle lui reconnaissait un talent certain. Depuis que ses relations avec ses parents s’étaient améliorées, elle avait pas mal traîné avec sa mère de musée en musée et d’expo en expo, pour le plaisir d’apprendre ce que sa mère avait à lui apprendre sur l’art. Elle était une artiste, elle aussi, dans un sens. Elle sculptait les mots pour donner naissance à ce que Julian qualifiait de chef d’œuvre littéraire. Elle s’arrêta enfin devant une toile d’un mètre de haut sur quatre-vingt centimètres de large. Si les autres tableaux présents avaient certes un cachet incroyable, c’était celui-là qu’elle préférait. Elle n’aurait pas su en expliquer la cause, elle avait juste cette sensation au creux du ventre. Elle voulait cette toile.

– Croyez-moi, toutes les questions que vous vous posez, je me les pose depuis bien plus longtemps que vous. Et j’en ai certainement le double.

Beurk le vouvoiement ! C’était trop bizarre de le vouvoyer alors qu’elle couchait carrément avec lui en rêve. Mais voilà, la distinction se faisait là : on n’était pas dans un rêve.

– Par exemple, vous pourriez peut-être me dire si vous vous êtes retrouvé à l’Ospedale Generale Santo Spirito il y a sept ans ? Sérieusement, ça expliquerait pourquoi je rêve de vous depuis que j’ai dix-sept ans, ça voudrait dire que je vous avais déjà vu avant la librairie. En parlant de la librairie, vous pourriez aussi m’expliquer pourquoi vous avez bloqué sur moi ? Parce que, bon, de mon côté c’est logique, non ? Je rêve d’un inconnu pendant sept ans, et boum, il surgit brusquement devant moi. Y a de quoi se poser tout un tas de questions. Et sinon, vous ne vous êtes jamais fait la remarque que vous ressembliez au Peter de mon livre ? Juste histoire de vous prouver que je ne débloque pas complètement, je vais expliciter : depuis l’âge de dix-sept ans, je rêve d’un inconnu. Et je me suis servi de l’image de cet inconnu pour créer mon personnage, il lui est identique en tout point. Alors, maintenant, j’aimerais vraiment savoir qui vous êtes, et pourquoi vous êtes dans ma tête et dans mes rêves ! Et aussi le prix de cette toile.

C’est à ce moment-là qu’elle décida de se retourner vers lui, tout en pointant le tableau en question. Ça faisait très théâtral, et a fortiori, Rachele avait un goût prononcé pour la mise en scène de son comportement. C’était sa façon de se protéger, de ne pas montrer qui elle était au fond : une femme un peu détruite qui se reconstruisait comme elle pouvait, et qui avait une peur bleue de souffrir. Alec avait laissé sur elle des cicatrices bien plus dévastatrices que de simples marques physiques. Il lui avait infligé la peur de la gente masculine, tout homme confondu, il avait détruit la confiance qu’elle avait en elle-même, d’où le personnage de la femme fatale que rien ne touche ou n’affecte. Qu’aucun homme ne peut posséder assez longtemps pour que le cœur cède. Alors pourquoi ressentait-elle cet étrange élan envers un inconnu qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam ? Elle décolla délicatement une de ses mèches blondes de sa joue, et avec une habilité surprenante, ramena l’entière totalité de ses cheveux en arrière à l’aide d’une seule main (l’autre toujours occupée avec les chaussures) et forma un chignon qui dégagea complètement son visage. L’eau de pluie ne lui coulait plus le long du visage, du cou et de la nuque ainsi, et par conséquent, la veste qu’il lui avait aimablement prêtée ne serait pas trempée à son tour. Elle aperçut, derrière lui, son propre reflet dans la vitrine en verre. Pour un peu, elle en aurait grimacé. Jamais, ô grand jamais, elle n’avait été aussi peu présentable, si ce n’était une seule fois où ça avait été pire, celle où Julian l’avait récupérée en lambeaux sur le pas de la porte de leur maison d’enfance. La jeune femme misait beaucoup sur son aspect physique, et elle était le genre de femme à ne pas sortir sans être un minimum maquillée et toilettée, même pour sortir la poubelle à trois mètres de sa porte. Alors là, elle se sentait vraiment mal à l’aise. Mais elle ne le montra pas, c’était à ça que son masque servait.

L’inconnu, quant à lui, semblait un peu déstabilisé par les questions qu’elle avait posées. Peut-être même qu’il la prenait pour une folle, ce pour quoi elle ne l’aurait pas blâmé : dans le cas où leur position aurait été inversé, elle l’aurait pris pour un fou. Profitant de cet instant, elle l’observa comme si c’était la chose la plus naturelle à faire dans ces moments-là. En fait, elle se demandait s’il était vraiment identique à l’homme dont elle rêvait. Pour ce qu’elle en avait vu à la librairie, le visage était vraiment similaire, mais pour le reste, elle n’avait pas eu assez de temps pour l’examiner. Et puis franchement, elle n’avait pas à se justifier si elle voulait mâter. Elle le faisait, et c’était tout.

– Je ne voudrais pas paraître impolie ou exigeante, mais vous n’auriez pas, à tout hasard, un peu de café bien chaud ? Ou du thé, je saurai me contenter de peu, très sincèrement. Oh, et aussi des chaises, qu’on puisse s’asseoir et discuter, peut-être ? Je viens de courir une demi-heure sous la pluie, j’ai failli me tordre la cheville en cassant mon talon, donc si je pouvais m’asseoir, ce serait franchement le plus beau cadeau que vous pourriez me faire en cet instant…

La carte de la provocation à moitié sous-entendue n’était peut-être pas l’idéale à ce moment-là, mais que voulez-vous, on ne change pas une équipe qui gagne. Et Rachele avec sa provocation outrageuse à toute heure, c’était carrément une équipe gagnante à tous les coups.


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MessageSujet: Re: Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele   Dim 3 Avr - 22:09

Il avait senti cette chaleur, lorsque leurs doigts se frôlèrent. Un trop bref contact, qui était beaucoup plus que deux mains qui semblèrent se toucher, mais plutôt une invitation à Josh de capturer la main de son interlocutrice toute entière. Il avait senti cette chaleur pendant un millième de seconde – l’avait-il alors seulement réellement ressentie ? – et il voulait l’éprouver encore, de façon plus vive, de façon plus intense. Puis il se ressaisit. Il cligna des yeux plusieurs fois d’affilée pour chasser l’idée de sa tête. Qu’est-ce qui lui prenait ? Il ne la connaissait pas, et il venait de se mettre à vouloir la prendre dans ses bras. Il ne savait pas ce qui se passait, mais ce n’était pas bon. Où était passée la décharge electrique reçue lors de leur première rencontre ? Lorsqu’à la librairie, leurs regards s’étaient croisés, et qu’une sensation plus qu’étrange l’avait envahi, lorsque la jeune femme l’avait attrapé par la main, et qu’elle l’avait lâché aussitôt suite au choc, Josh avait été persuadé de connaître ce visage autrement que sur les couvertures de ses livres ou les interviews qu’elle avait pu donner. Pendant des jours, il s’était convaincu qu’il ne s’agissait qu’un effet de son cerveau, qu’il avait imaginé tout ça, ou même qu’il avait simplement confondu le visage de Rachele avec une autre femme rencontrée par le passé. Mais le fait de la revoir, là, devant lui, le fait qu’elle soit entrée dans sa galerie (qui était censée être fermée au public), le fait qu’ils se soient reconnus, et puis cette chaleur agréable alors qu’il faisait un temps de chien dehors et que les lieux n’étaient pas vraiment surchauffés, ça ne pouvait pas être un effet de son imagination. Ça ne pouvait pas être une coïncidence non plus.

Après avoir éteint la musique et posé sa question, Josh s’était contenté de rester sur place en la suivant simplement du regard. Il se demanda alors si elle était là juste pour observer ses tableaux, ce qui paraissait être le cas vu la façon dont elle se déplaçait. Cette idée lui parut alors légèrement gonflée, puisqu’il y avait écrit noir sur blanc que la galerie était fermée pour l’instant. Etait-elle le genre de personne à entrer où elle le désirait lorsqu’elle le voulait ? Sûrement. Mais qui entrait dans une galerie d’art fermée au public ? Etait-elle alors à ce point accro à la peinture ? Ou était-elle ici pour lui, parce qu’elle avait reconnu son nom à l’entrée, parce qu’elle savait que c’était lui, parce qu’elle avait eu envie de le revoir ? T’emballe pas, Josh, elle ne connait que ton prénom. Ton nom, maintenant, mais jusqu’à il y a quelques minutes, elle ne s’attendait pas à te trouver ici, t’as vu la tête qu’elle a fait ? Attends simplement qu’elle réponde. Réponse qui ne tarda plus trop à venir. Et quelle réponse ! Josh fronça les sourcils à plusieurs reprises, se forçant à rester concentrer tout au long de la réplique de Rachele, essayant de son possible d’intégrer tous ces mots. Mais qu’est-ce qu’elle lui baragouinait ?

« Par exemple, vous pourriez peut-être me dire si vous vous êtes retrouvé à l’Ospedale Generale Santo Spirito il y a sept ans ? »

L’Ospedale Santo Spirito ? Il y a sept ans ? Josh n’avait jamais mis les pieds à l’Ospedale Santo Spirito, la question était vite réglée. Mais Rachele ne semblait pas vouloir lui laisser le temps de répondre, du moins, pas pour l’instant. Il se contenta donc de fermer bouche et de continuer à l’écouter attentivement, parce que plus elle parlait, plus il se demandait ce qu’il foutait là, et qu’est-ce que c’était que ce délire.

« Sérieusement, ça expliquerait pourquoi je rêve de vous depuis que j’ai dix-sept ans, ça voudrait dire que je vous avais déjà vu avant la librairie. »

Wow wow wow. What ?!
Mais là encore, pas le temps de réfléchir beaucoup plus sur le sujet, car elle enchainait.

« En parlant de la librairie, vous pourriez aussi m’expliquer pourquoi vous avez bloqué sur moi ? Parce que, bon, de mon côté c’est logique, non ? Je rêve d’un inconnu pendant sept ans, et boum, il surgit brusquement devant moi. »

Oui, oui, en effet, logique. On rêve d’un inconnu – toujours le même – et puis boum, il apparait en vrai. Et boum, on bloque sur lui, parce que quand même, c’est THE inconnu du monde onirique. Non mais sérieusement, elle se foutait de lui ?

« Et sinon, vous ne vous êtes jamais fait la remarque que vous ressembliez au Peter de mon livre ? »

Ben voyons. Ça aurait du lui paraitre logique en lisant ce bouquin, genre : « Eyh, Nora ! T’as vu, le mec du livre, c’est moi ! ». Non plus sérieusement, il était vrai qu’il y avait quelques points de ressemblances sur les descriptions physiques faites de ce Peter, mais c’était un personnage fictif, et il n’avait jamais rencontré Rachele auparavant. Comment Josh aurait-il seulement pu se dire que le personnage principal du roman qu’il appréciait énormément était une copie conforme de lui-même ? Il avait pu s’y identifier, comme la plupart des autres lecteurs, mais pas à ce point là… Pas au point de se dire que Peter était inspiré de lui – de toute manière, comment cela aurait-il pu être possible ? C’était vrai ça, comment était-ce possible ?

« Juste histoire de vous prouver que je ne débloque pas complètement, je vais expliciter : depuis l’âge de dix-sept ans, je rêve d’un inconnu. »

Oui, ça, il avait cru le comprendre.

« Et je me suis servi de l’image de cet inconnu pour créer mon personnage, il lui est identique en tout point. Alors, maintenant, j’aimerais vraiment savoir qui vous êtes, et pourquoi vous êtes dans ma tête et dans mes rêves ! »

D’accord. Ah effectivement, tout s’expliquait. Sauf le pourquoi du comment qu’il était dans sa tête à elle. La première chose qui lui vint à l’esprit fut « Vous êtes sûre qu’il s’agit de moi ? », mais il connaissait très bien la réponse, aussi étrange que cela puisse paraitre. Donc… Que dire ? Mis à part que Josh avait l’air d’un con à fixer Rachele de cette façon. S’il avait pensé qu’elle était complètement barrée au début, il devait avouer que ça pouvait hypothétiquement se tenir. Non pas pour l’histoire de l’impression de déjà-vu (puisqu’il restait malgré tout persuadé de n’avoir jamais rencontré Rachele sept ans en arrière), mais pour l’histoire du regard, de la décharge électrique lors de leur premier contact, et de la chaleur lors du second. En tout cas, là, il se devait de dire quelque chose, car la jeune femme venait de se tourner vers lui en désignant une toile. Une toile qu’il aimait particulièrement, qui représentait une canette de coca renversée sur la banquise, un bateau en papier naviguant sur la rivière de soda presque gelé, un éléphant sur ce bateau qui tenait dans sa trompe une fleur jaune, et une abeille sur cette fleur avec un casque sur les oreilles pour qu’elle puisse écouter la musique de son iPod posé aux pieds de l’éléphant. On pouvait également apercevoir un pingouin jouant du ukulélé tout au fond de la scène. Son titre était « Nevermind », car l’abeille était à ce moment précis en train d’écouter du Nirvana. Non, je n’avais rien consommé d’illicite lorsque j’avais peint ceci. Juste de l’inspiration, et une envie de peindre n’importe quoi.

-Hu… huit cent cinquante euros, celle-ci, répondit-il après avoir retrouvé ses esprits. Eyh mais attendez ! se reprit-il en s’avançant de quelques pas vers elle. Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Vous débarquez comme ça, par on ne sait quel hasard, vous m’annoncez sur le ton de la conversation que vous rêvez de moi depuis que vous êtes ado – je ne veux même pas savoir de quel genre de rêves il s’agit – et puis vous me demandez le prix d’une toile ? Vous… vous allez bien ? Quoi que je n’ai rien à dire, ce n’était pas vous qui étiez en train de jouer la rock star sur du Jared Leto…. Quoi que d’un côté, c’est moins étrange de faire ce que j’étais en train de faire que de vivre ce que vous vivez. Hum… Donc euh… Oui ! Oui du coup, c’est quoi cette histoire ? Vous êtes venue pour admirer mes toiles parce que vous saviez que c’était ma galerie ou c’est… une sorte de… d’intuition qui vous a menée là ?

Il s’interrompit, écartant les bras en signe d’incompréhension, et continua de fixer Rachele des yeux. Elle venait de ramener ses cheveux en arrière d’une main, dégageant ainsi son visage des longues mèches blondes qui l’encadraient. Josh ne put s’empêcher d’imaginer Eleonora dans la même situation, se plaignant de n’avoir pas emporté de chaussures de secours et reprochant à Josh d’avoir cassé son parapluie trois jours auparavant. Il eut un petit sourire en coin en voyant le calme dont Rachele faisait preuve, mais un sourire imperceptible, ce n’était presque qu’un rapide mouvement des lèvres, car déjà son visage reprenait une expression déstabilisée. Aucune de leurs questions n’avaient été résolues. Et il ne se passa guère plus de temps avant qu’elle ne reprenne la parole.

« Je ne voudrais pas paraître impolie ou exigeante, mais vous n’auriez pas, à tout hasard, un peu de café bien chaud ? Ou du thé, je saurai me contenter de peu, très sincèrement. Oh, et aussi des chaises, qu’on puisse s’asseoir et discuter, peut-être ? Je viens de courir une demi-heure sous la pluie, j’ai failli me tordre la cheville en cassant mon talon, donc si je pouvais m’asseoir, ce serait franchement le plus beau cadeau que vous pourriez me faire en cet instant… »

Josh se ressaisit une nouvelle fois et répondit un rapide « Oui oui, bien sûr… » avant de traverser la salle, de passer devant Rachele et d’ouvrir une porte dans le fond. La pièce dans laquelle ils entrèrent étaient censée être un bureau, là où Josh s’occupait de sa partie administrative, celle qu’Eleonora n’avait pas le temps ou l’envie d’effectuer, mais en réalité, comme elle finissait toujours pas le faire à sa place, l’artiste l’avait transformé en un second salon, afin qu’il puisse se sentir chez lui autant à l’appart qu’à la galerie. Un énorme frigo, des poufs en forme de poire espacés un peu partout dans la pièce, une mini télé à écran plat reliée à une Xbox, et dans le coin du fond, une table et deux chaises avec tous les papiers empilés dessus, pour faire genre qu’il était parfois un peu sérieux. Il avait depuis l’achat de son hamac pensé à installer une balancelle ici, mais il aurait fallu pour cela soit virer la table du fond, soit le frigo, soit faire des travaux d’agrandissement, et Josh ne penchait pour aucune des options pour l’instant. Rachele et lui allaient donc se contenter des poufs pour le moment. Il mit en route la cafetière (la machine à expresso avait rendu l’âme la semaine précédente) et alla s’assoir sur une poire bleue en tâchant de revenir sur le principal sujet de la conversation.

-J’espère que ça ira… ça va votre cheville ? Je dois avoir de la glace dans le congèl’ du frigo, si vous voulez. La machine à expresso a rendu l’âme la semaine dernière, et comme je ne suis pas fan fan du café, je m’en suis passé jusqu’à aujourd’hui, mais du coup, j’ai beaucoup moins la classe en proposant du vieux café tout moche. Mais vous n’allez pas m’en vouloir parce que le pouf dans lequel vous êtes assise est ultra confortable, et que de toute façon, vous n’êtes pas venue ici dans l’espoir de déguster un café délicieux.

C’est bon Josh, elle a compris, t’enfonces pas. C’est pas comme ça que t’arriveras à dissiper ton malaise, de toute façon. Oui, il sentait mal, et pas seulement parce que ça lui faisait bizarre d’apprendre qu’il se trouvait dans les rêves de Rachele d’Aquino depuis plusieurs années, que visiblement, il s’agissait de lui et tout et tout, mais il se sentait mal à l’aise surtout à cause d’Eleonora, de sa jalousie et de ce qu’elle penserait et dirait si elle était en cet instant même au courant de la situation. Mais il décida malgré tout de l’ignorer et de se tourner vers Rachele, avant de reprendre :

-Vous savez, j’peux pas mieux répondre à ces questions que vous. Vous en savez d’ailleurs beaucoup plus que moi ! Reconnaissez que c’est carrément flippant pour moi de savoir que vous rêvez de moi – au moins vous pouvez mettre un nom autre que Peter sur votre inconnu – depuis sept ans sans que l’on se soit jamais rencontré. Parce que non, je n’étais pas à l’Ospedale Generale Santo Spiriti il y a sept ans, je n’ai d’ailleurs jamais mis les pieds à Rome.

Et il s’interrompit une nouvelle fois, regardant tout autour de lui d’un air suspicieux, exactement de la même façon que lorsqu’il s’était imaginé être la victime d’un robot tueur espion. Si ça se trouvait, on était en train de le filmer et dans quelques instants, Rachele allait exploser de rire en hurlant « JE t’AI EU ! », ce qui n’aurait été d’un côté pas plus mal, voire rassurant. Parce que cette histoire, c’était du grand n’importe quoi.
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MessageSujet: Re: Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele   Lun 4 Avr - 13:42



-Hu… huit cent cinquante euros, celle-ci. Eyh mais attendez ! Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Vous débarquez comme ça, par on ne sait quel hasard, vous m’annoncez sur le ton de la conversation que vous rêvez de moi depuis que vous êtes ado – je ne veux même pas savoir de quel genre de rêves il s’agit – et puis vous me demandez le prix d’une toile ? Vous… vous allez bien ? Quoi que je n’ai rien à dire, ce n’était pas vous qui étiez en train de jouer la rock star sur du Jared Leto…. Quoi que d’un côté, c’est moins étrange de faire ce que j’étais en train de faire que de vivre ce que vous vivez. Hum… Donc euh… Oui ! Oui du coup, c’est quoi cette histoire ? Vous êtes venue pour admirer mes toiles parce que vous saviez que c’était ma galerie ou c’est… une sorte de… d’intuition qui vous a menée là ?

Croyez-le ou non, mais Rachele trouvait que c’était relativement donné pour une œuvre comme celle-ci. Elle était pratiquement certaine qu’à Rome, il aurait pu la vendre pour le double, voire le triple de ce prix. Elle n’allait tout de même pas l’arnaquer de la sorte, aussi, alors qu’il ouvrait une porte au fond de la galerie, qui donnait visiblement sur une autre pièce (Einstein, sors de ce corps !) elle sortit de son sac à main son chéquier. Une fois qu’elle fut assise, avec la vitesse légendaire dont elle était pourvue, elle griffonna le montant qu’il lui avait indiqué, multiplié par trois sur le bout de papier, ne lui donnant cependant pas encore le chèque, car, comme elle l’avait fait remarquer, elle n’était pas impolie, et n’allait donc pas le couper en plein milieu de sa tirade. Elle se contenta de poser sa paire d’escarpins non loin d’elle et le fixa avec l’air le plus sérieux du monde, tandis qu’il lui demandait simplement ce que c’était que cette histoire de fous. C’était le terme approprié pour décrire la situation. Sauf qu’au moment où il évoqua la musique et la petite danse de tout à l’heure, elle ne put s’empêcher de pouffer doucement de rire, parce que franchement, si ce qui l’inquiétait, c’était qu’il avait peut-être eu l’air ridicule, alors franchement, elle l’aimait déjà. Au sens figuré du terme, bien sûr, n’allez pas y voir une quelconque interprétation du grand amour dont elle rêvait depuis sept ans. En tous cas, il avait fini. Il avait l’air d’un animal complètement apeuré et figé sur la route qui voit la voiture qui va l’écraser venir à grande vitesse. Accessoirement, si quelqu’un devait s’inquiéter dans l’histoire, c’était plutôt elle, non ? C’était elle la dingue qui faisait des rêves prémonitoires – encore qu’elle n’était pas sûre de pouvoir les qualifier ainsi, parce que pour le sexe, rien n’était (encore) fait. Maintenant qu’ils étaient installés tous les deux, elle se releva avec grâce et s’approcha de l’endroit où il était assis. Elle lui tendit le chèque, évitant cette fois le contact entre leurs doigts. Elle ignorait si elle était la seule des deux à ressentir l’électricité ou la chaleur qui surgissait à chacun de ces touchers, et elle ne voulait pas qu’il prenne plus peur qu’il n’en ressentait déjà. Il avait peut-être des problèmes cardiaques, qui sait ? Comment est-ce qu’elle ferait s’il faisait une attaque alors ?

Interdiction de me le rendre, fut la première chose qu’elle dit avant de se rassoir. C’est le prix que j’aurai payé à Rome. Sincèrement, vous sous-évaluez toujours vos toiles comme ça ? Ça ne doit pas être très bon pour les affaires… Et puis, franchement, si vous n’êtes pas content, dites-vous que ça règlera la livraison. Il est hors de question que je l’emporte avec moi sous cette pluie battante tout à l’heure, et d’après ce que j’ai déduit, vous préparez une exposition, donc vous en aurez besoin pour montrer l’étendue de vos pouvoirs magiques, non ?

Rachele avait noté l’adresse de la maison de Borgo Venezia à l’arrière du chèque. Elle se cala un peu plus dans le pouf en forme de poire, qui était vraiment très confortable, et s’emmitoufla dans la veste. Elle avait un peu froid, d’un coup. Sûrement le fait d’avoir bougé un peu, et certainement aussi parce que le chauffage ne devait pas être mis à fond si la galerie était censée être fermée aux visiteurs.

Je suis entrée ici par votre faute. J’ai été attirée par l’endroit comme par un aimant, et je ne pourrais plus jamais me séparer de vous. Elle marqua une pause. Bon sang, si vous voyiez votre tête… ce n’est qu’une coïncidence, okay ? Je me suis perdue dans Vérone, et le premier lieu où j’ai cru entrevoir un signe de vie, c’était la galerie. J’ai vu une ombre bouger, et la porte était ouverte, alors me voilà ! Et honnêtement, arrêtez de croire que vous êtes le plus ridicule de nous deux. Ça aurait été sur du Akon en dansant la tecktonik, je dis pas que j’aurais pas ri, mais 30STM, c’est rien. Bon, quand même, vous auriez dû choisir le premier album, ça aurait augmenté mon respect et forcé mon admiration. Personne n’est parfait. Je vous dis que je rêve de vous, et ce qui vous fait presque plus peur, c’est votre comportement. Je crois que le plus taré de nous deux, ici, c’est encore moi.

Il avait pâli comme s’il avait eu la mort aux trousses à peine elle avait eu fini sa petite plaisanterie, ce qui expliquait pourquoi elle l’avait rassuré à peine quelques secondes plus tard. C’était un nerveux, ce garçon-là, et il avait l’air un petit peu naïf à gober toutes les paroles enrobées de sucre qui sortaient de sa bouche. La jeune femme n’avait pas l’habitude des hommes de cette trempe, elle se frottait habituellement aux personnes aussi manipulatrices qu’elle. Il allait falloir qu’elle fasse attention à ce qu’elle allait dire désormais.

-J’espère que ça ira… ça va votre cheville ? Je dois avoir de la glace dans le congèl’ du frigo, si vous voulez. La machine à expresso a rendu l’âme la semaine dernière, et comme je ne suis pas fan fan du café, je m’en suis passé jusqu’à aujourd’hui, mais du coup, j’ai beaucoup moins la classe en proposant du vieux café tout moche. Mais vous n’allez pas m’en vouloir parce que le pouf dans lequel vous êtes assise est ultra confortable, et que de toute façon, vous n’êtes pas venue ici dans l’espoir de déguster un café délicieux.

Elle accepta la tasse chaude et fumante qu’il venait de lui amener avec un sourire non-feint. Rien que de tenir le récipient entre ses deux mains lui apportait déjà un peu de chaleur. Elle le remercia rapidement et but une gorgée. Le liquide lui brûla presque le palais et la langue, mais cela ne lui faisait rien. Le goût n’était pas terrible, mais en comparaison avec le réchauffement qui se faisait dans tout son être, elle était bien capable de supporter un café un peu raté.

Mon dieu, c'en est presque orgasmique tellement ça fait du bien. Ma cheville va bien, merci. J’ai déjà vécu cent fois pire, alors même si elle était tordue, froissée ou déboîtée, je crois que je pourrais l’endurer sans me plaindre, vraiment.

La vérité, toute la vérité et rien que la vérité, levez la main droite et dites ‘’je le jure’’. Alec n’y était jamais allé de main morte, alors maintenant, quand elle se blessait, c’était à peine si elle ne continuait pas ce qu’elle était en train de faire avant. A moins de se casser une jambe ou d’avoir un traumatisme crânien, rien ne l’arrêtait, que ce soit brûlure, coupure, blessure, etc… il fallait souvent que Julian insiste pendant une heure pour lui désinfecter une plaie, voire pour l’emmener chez le médecin en urgence, ou à l’hôpital. Parfois, au plus profond d’elle-même, Rachele se demandait si elle ne laissait pas ces ‘’bobos’’, comme elle les surnommait, la lancer jusqu’à ce que cela devienne insupportable juste pour vérifier qu’elle était encore en vie, juste pour tester sa propre existence. C’était dans ces moments-là qu’elle se croyait définitivement dingue et bonne à enfermer. Ceux-là, et les réveils après les rêves sur Joshua.

-Vous savez, j’peux pas mieux répondre à ces questions que vous. Vous en savez d’ailleurs beaucoup plus que moi ! Reconnaissez que c’est carrément flippant pour moi de savoir que vous rêvez de moi – au moins vous pouvez mettre un nom autre que Peter sur votre inconnu – depuis sept ans sans que l’on se soit jamais rencontré. Parce que non, je n’étais pas à l’Ospedale Generale Santo Spiriti il y a sept ans, je n’ai d’ailleurs jamais mis les pieds à Rome.

Il n’était jamais allé à Rome. Cela éradiquait la dernière hypothèse qui venait de se former dans son esprit. Elle s’était dit que peut-être qu’elle l’avait vu sur une photographie, avec Alec. Après tout, l’Américain avait presque fait le tour de l’Italie avant de débarquer à Rome, il s’était probablement arrêté à Vérone. Tout le monde s’arrêtait à Vérone, et surtout les touristes. Quand on soustrayait les asiatiques et leurs appareils photos et vidéos, il restait bien sûr les Européens qui venaient voir la ‘’Maison de Juliette’’ et son fameux balcon, mais il y avait aussi les Américains. Sauf qu’elle doutait vraiment que Joshua ait été le genre de garçon avec qui Alec aurait traîné. Certes, il avait été ami avec Julian, jusqu’à un certain temps, mais Joshua n’était pas comme Julian, et il était certainement l’opposé d’Alec. C’était tout à son crédit qu’elle faisait cette remarque mentalement. Elle finit par capter l’espèce de regard paranoïaque qu’il lança à nouveau autour de lui, et soupira.

Est-ce que tu peux arrêter de flipper deux secondes, oui ? Elle s’était légèrement énervée, et le tutoiement en était ressorti. Sérieusement, je ne vais pas te bouffer, encore moins te sauter dessus pour te violer. J’ai encore une certaine ligne de conduite tu vois, et je ne touche pas aux hommes qui ont déjà quelqu’un. J’ai jamais été une harceleuse, je ne traque pas les gens, donc j’aimerais vraiment que tu arrêtes de te croire espionner par je ne sais quelle idiotie les hommes peuvent penser capable de les espionner. Rachele finit tranquillement sa tasse de café, se sentant un peu réchauffée, et le toisa de nouveau. Je sais que tu es l’homme dont je rêve. Je ne peux pas l’expliquer non plus. Je sais que tu as une tâche de naissance qui ressemble à une étoile sur l’épaule gauche, je sais que tu as une fossette sur la joue gauche aussi. Comment je le saurai autrement qu’à cause de mes rêves, franchement ?

La blondinette releva ses jambes pour venir les caler sous elle et se massa lentement les tempes du bout des doigts. Elle sentait une sacrée migraine pointer le bout de son nez, et n’avait sérieusement pas besoin de ça pour envenimer la situation plus qu’elle ne l’était déjà.

Je crois pas aux conneries comme le destin, et tous ces trucs-là, d’accord ? Alors on n’a aucune explication ni l’un ni l’autre, certes. Ça ne change rien aux faits : je rêve de toi, et visiblement, il se passe quelque chose entre nous deux. J’estime que c’est suffisamment louche pour qu’on y attache une certaine importance, et surtout pour qu’on apprenne peut-être à se connaître. Parce que, manifestement, y a quand même quelque chose derrière tout ça qui a décidé qu’on devrait faire comme ça…


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MessageSujet: Re: Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele   Mar 5 Avr - 21:33

Josh eut un temps de réaction relativement long lorsqu’il tomba nez à nez avec le chèque que lui tendait Rachele. Uuuh, what the fuck ? Et le temps qu’il comprenne, elle avait déjà accompagné la parole à son geste et lui reprochait presque de vendre ses toiles trop peu chères… Mais d’où elle sortait ? Il osa saisir le bout de papier et y jeter un bref coup d’œil, avant de reposer ses yeux sur la jeune femme. Il n’avait pas cru qu’elle était sérieuse en lui demandant le prix de la toile, du moins pas au point de tripler ce dernier. Il s’apprêtait à répliquer, mais elle lui parla de livraison, et de « l’étendue de ses pouvoirs magiques », ce à quoi il ajouta un petit rire. Alors Josh se contenta de la fixer d’un air… partagé entre le « tu déconnes ? » et « je les évalue pas bien mes toiles ?! », regard qui dura plusieurs secondes, le temps de réaction nécessaire pour répondre :

-Wow… Ben… merci… Je ne m’attendais pas à ce que vous l’achetiez immédiatement, encore moins à ce que vous vous apprêtiez à verser cette somme… N’empêche que je les évalue très bien mes toiles ! Mais visiblement, j’avais sous-estimé celle-ci…

Et comme il ne la quittait pas des yeux, il la vit s’enfoncer dans le pouf et resserrer la veste autour d’elle, signe illustrant de façon explicite le fait qu’elle devait avoir froid. Josh s’apprêtait du coup à demander « Vous avez froid ? », mais étant donné qu’il connaissait déjà la réponse, cela lui parut inutile. Et il n’avait aucune veste supplémentaire, ni plaid, ni couverture, juste un chauffage pas vraiment mis au maximum. Il pouvait tout aussi bien se lever et aller l’augmenter un peu, mais ça faisait un peu trop prince charmant à la rescousse de la belle en détresse, non ? Quoi que c’était toujours mieux que de laisser crever de froid ladite belle en détresse. Ou alors, il pouvait lui prêter son pull, mais la situation risquait ensuite de devenir légèrement plus étrange – si c’était possible – compte tenu du fait qu’il allait se trouver torse-nu. Et imaginons qu’Eleonora choisisse précisément cet instant pour débarquer, Josh était dans la merde. Mais elle n’allait pas faire irruption dans la pièce, pas plus que Rachele n’allait mourir, alors tout allait bien. Seulement, le peintre n’eut une nouvelle fois pas vraiment le temps de prendre une quelconque décision car elle reprenait déjà, répondant plus ou moins à ses questions précédentes.

« Je suis entrée ici par votre faute. J’ai été attirée par l’endroit comme par un aimant, et je ne pourrais plus jamais me séparer de vous. »

Oh putain. Mais qu’est-ce que c’était que ce délire encore ? Eleonora avait peut-être eu raison, s’il avait dormi dans le lit plutôt que dans le hamac, il ne se serait pas réveillé si brusquement, et il ne serait pas en train d’halluciner actuellement. A moins que justement, il ne se soit pas encore réveillé… C’était ça ! Allez réveille-toi, Josh, réveille-toi, réveille-toi…

« Bon sang, si vous voyiez votre tête… ce n’est qu’une coïncidence, okay ? Je me suis perdue dans Vérone, et le premier lieu où j’ai cru entrevoir un signe de vie, c’était la galerie. »

Réveille-toi, réveille-t… Pardon ? Ah mais évidemment ! C’était une coïncidence. Pas un mauvais rêve. Josh le savait, c’était juste qu’il avait envisagé d’autres hypothèses… Il changea aussitôt l’expression de son visage, pour paraitre le moins idiot possible, ou moins parano, ou moins effrayé, ou moins… plus « normal », disons. Mais il fallait le comprendre, ce n’était pas tous les jours qu’une écrivain célèbre s’amenait dans sa galerie pour lui annoncer qu’elle rêvait de lui depuis sept ans sans qu’ils ne se soient jamais rencontrés, et que ça l’ait marquée au point d’écrire un roman dont le protagoniste était une copie conforme de cet inconnu du monde onirique – lui, du coup, qui appartenait bel et bien au monde réel, du moins, il l’espérait – en lui achetant un tableau trois fois le prix proposé. Non, en effet, c’était un jour à marquer dans le calendrier. Et peut-être qu’un jour, il rirait de cette histoire… Peut-être.

« Ça aurait été sur du Akon en dansant la tecktonik, je dis pas que j’aurais pas ri, mais 30STM, c’est rien. Bon, quand même, vous auriez dû choisir le premier album, ça aurait augmenté mon respect et forcé mon admiration. »

Josh rit de nouveau en s’imaginant danser la tecktonik au milieu de la galerie, et son sourire resta lorsqu’il l’entendit parler de la sorte du premier album du groupe américain. Elle lui plaisait bien, finalement. De plus en plus.

« Personne n’est parfait. Je vous dis que je rêve de vous, et ce qui vous fait presque plus peur, c’est votre comportement. Je crois que le plus taré de nous deux, ici, c’est encore moi. »

-Ah ben ça, je ne vous le fais pas dire.

Ça lui avait échappé. Avant même qu’il n’ait eu la jugeote d’oublier cette réplique, elle avait franchi ses lèvres. Boulet. Il enchaina aussitôt, tentant de rattraper sa bourde – car même si c’était elle qui l’avait avoué, il ne la connaissait pas encore assez pour prévoir ses réactions, et donc, elle pouvait tout autant mal le prendre qu’éclater de rire.

-Ce que je veux dire, c’est qu’effectivement, pour me paraissez un peu… tarée. Quoi que vous avez vos raisons, hein, les rêves, les décharges électriques, tout ça…

Il fut forcé de détourner le regard, car le simple souvenir de ladite décharge et de la chaleur éprouvée quelques instants plus tôt le rendait mal-à-l’aise. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais ce contact particulier ne le faisait pas se sentir parfaitement bien. Sans doute parce que c’était particulier, justement… Et comme par miracle, la cafetière venait de terminer son travail, ce qui lui donnait une excuse pour s’éloigner ne serait-ce que d’un mètre ou deux pour récupérer deux tasses de café, dont l’une alla trouver les mains froides de la jeune écrivain. Il lui rendit son sourire en peut-être un peu plus faible, et s’était retourné pour s’asseoir dans le bon sens (si, si, c’est utile de le préciser). Mais au moment précis où il fit semblant de ne pas s’avachir dans le pouf, le mot « orgasmique » lui parvint aux oreilles, qui le fit ouvrir de grands yeux de surprise. Non pas que le mot le dérangeait, loin de là, il ne s’était simplement pas attendu à l’entendre là, dans ces circonstances, dans ce contexte, de la bouche de cette personne. C’était du délire total. Surtout que lui, il ne le trouvait pas orgasmique du tout, son café. Finalement, il n’eut même plus l’air surpris lorsqu’elle lui apprit qu’elle avait vécu cent fois pire qu’une torsion de cheville. Cette femme, c’était une dingue. Quoi que pour vivre quelque chose de cent fois pire qu’une torsion de cheville, c’est peut-être plus une question d’être complètement barge ou pas. Si ? Bon, si, d’un côté, sans doute, mais pas au point de s’infliger elle-même ces trucs là – cent fois pire, ça faisait beaucoup quand même – donc quelqu’un d’encore plus barge qu’elle devait ou avait du faire partie de son entourage. En parlant d’entourage, avait-elle un petit-ami ? Sans doute pas, parce qu’il aurait déjà rappliqué, autrement. Si Eleonora avait cassé son talon un jour de pluie sans parapluie sous la main, elle aurait crisé dans le téléphone pour que Josh soit là dans les cinq minutes. Oui mais Rachele n’était pas Eleonora.

Puis il expliqua à la jeune femme qu’il n’avait jamais mis les pieds à Rome, et son nouvel instant de frayeur intense fit son apparition.

« Est-ce que tu peux arrêter de flipper deux secondes, oui ? »

Il en avait sursauté tellement le changement radical s’était fait de façon brusque. Elle l’engueulait maintenant ? Excusez-le de flipper un tantinet ! Quoi que d’un côté, elle avait raison, ça devait être chiant. Mais ce n’était pas de sa faute. Pas tout à fait.

-Oui bah j’espère bien que tu vas ni me bouffer ni me violer !

Josh eut cette fois-ci l’intelligence et le respect de ne pas faire la remarque qu’il s’apprêtait à faire à propos des trois derniers mots prononcés, remarque qu’il effaça bien vite de son esprit, de façon à faire comme s’il n’avait jamais été le genre de mec à faire ce genre de remarque.

-Et puis j’ai jamais insinué que tu étais une harceleuse… j’avais juste imaginé que…

Qu’un robot tueur qui aurait très bien pu s’avérer être ton complice – ils étaient passés au tutoiement, ce qui allait certainement alléger le malaise que ressentait Josh – avait planqué des caméras partout dans ma galerie pour me prendre au piège.

-Laisse tomber, c’pas important.

« Je sais que tu es l’homme dont je rêve. Je ne peux pas l’expliquer non plus. Je sais que tu as une tâche de naissance qui ressemble à une étoile sur l’épaule gauche, je sais que tu as une fossette sur la joue gauche aussi. Comment je le saurai autrement qu’à cause de mes rêves, franchement ? »

Parce que ça ne pouvait être drôle autrement, Josh avait choisi cet instant pour boire une gorgée de café, qu’il avala évidemment de travers en entendant ces mots, et avec laquelle il s’étouffa. Incapable de reprendre sa respiration, il fit tomber sa tasse par terre pour s’agripper au pouf, dans l’espoir peut-être qu’une telle pression puisse lui permettre de libérer ses voies respiratoires. Bordel, comment elle savait pour l’étoile ? L’étoile, merde ! Il toussa, toussa et toussa encore à plusieurs reprises, mais ça empira lorsqu’il s’aperçut que Rachele continuait de parler, alors qu’il était visiblement en train de s’étouffer à quelques dizaines de centimètres d’elle.

« Je crois pas aux conneries comme le destin, et tous ces trucs-là, d’accord ? »

C’était plutôt une bonne nouvelle parce que lui non plus, habituellement. Mais là, il le voyait bien venir son destin, pour le coup.

« Ça ne change rien aux faits : je rêve de toi, et visiblement, il se passe quelque chose entre nous deux. »

Oui, oui, il était également d’accord sur le principe, mais leur histoire risquait de s’achever bien plus tôt que prévu s’il continuait à ne pas pouvoir respirer. A présent, il voyait tout noir avec quelques étoiles blanches par-ci par-là, l’impression de s’enfoncer dans une autre dimension avec la voix lointaine de Rachele à laquelle il tentait de se raccrocher malgré tout.

« … pour qu’on y attache une certaine importance… »

Elle continuait carrément. Ou peut-être qu’il ne toussait pas assez fort et que prise dans son discours qu’il essayait malgré tout d’écouter attentivement, elle ne remarquait pas l’agitation soudaine dont il était pris.

« Parce que, manifestement, y a quand même quelque chose derrière tout ça qui a décidé qu’on devrait faire comme ça… »

« Y a quelque chose derrière tout ça qui a décidé qu’on devrait faire comme ça… » Josh dut se répéter la phrase deux ou trois fois dans sa tête d’homme agonisant avant de la comprendre, en même temps qu’il était tombé à genoux et essayait tant bien que mal de recracher ce qu’il avait dans la gorge. Mais ce qui l’aida à se calmer fut la fin du discours de Rachele, qui lui indiqua qu’elle avait peut-être enfin réagi à la situation d’extrême urgence qui venait de se dérouler à quelques centimètres d’elle. Par je ne sais quel miracle, la gorgée de café finit par trouver sa voie et n’eut pas à faire demi-tour afin d’empêcher Josh de mourir, Josh qui reprit son souffle à grandes inspirations. Tremblant, il s’affala de nouveau dans son pouf, et tâcha de s’en remettre. Il nettoierait la tasse et la tâche de café sur le sol plus tard. Au bout de quelques instants, son regard se porta de nouveau sur la jeune femme et il prit la parole, tout en se massant la gorge :

-Hum… Je… je suis d’accord. Il se passe un truc, peut-être même le truc le plus étrange de toute ma vie jusqu’à présent, et euh… Comme tu dis, il ne doit pas y avoir cinquante mille façons d’élucider ce mystère. Si on peut/doit l’élucider. Mais y a forcément une raison. Euh… juste une chose… t’as vraiment vu cette tâche de naissance en forme de presque étoile ? Dans tes rêves j’veux dire ? Je te crois, hein, je te crois pour la partie des rêves et tout, mais… sérieusement, le coup de l’étoile, c’est… flippant.

Josh n’était jamais autant passé du rire à la frayeur, de la frayeur au rire en si peu de temps. Il n’avait non plus jamais entamé une journée de la sorte, ni rencontré d’écrivain célèbre complètement barge. Quoi qu’il n’était pas mal non plus dans le genre dingue. Il sentait qu’il allait devoir appeler Eleonora dans l’heure qui allait suivre pour lui annoncer qu’il n’allait pouvoir passer la récupérer pour déjeuner. Rachele et lui n’allaient pas arrêter leur discussion en si bon chemin, quand même.
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Rachele d'Aquino
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MessageSujet: Re: Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele   Ven 8 Avr - 10:05

HJ : je m'excuse pour ce post complètement minable.




Lors de sa dernière tirade, Rachele avait fermé les yeux, ce qui était la principale raison pour laquelle elle n’avait pas vu à quel point Joshua était en train de s’étrangler avec sa gorgée de café. Et quand bien même elle l’aurait vu, elle n’aurait pas été très utile, sauf pour lui taper dans le dos, peut-être. Elle l’entendit bien tousser cependant, et avait, malheureusement pour l’infortuné jeune homme, pensé qu’il avait simplement avalé de travers. Elle ne rouvrit les yeux que lorsque le gros de la crise fut passé, intriguée par les étranges inspirations qu’il faisait. C’est là qu’elle aperçut la tasse de café renversée sur le sol, ainsi que le liquide qui s’y était répandu. Alors ses yeux se portèrent sur son interlocuteur, qui se massait une gorge visiblement devenue douloureuse, et c’est à ce moment précis qu’elle comprit ce qui venait de se passer. Apparemment, il n’y avait plus rien à faire pour l’aider. Seulement, muée par son instinct, la blondinette bougea rapidement pour se retrouver à genoux à côté du pouf où était assis Joshua ; elle se tenait le buste très droit, et après un moment d’hésitation, elle porta ses mains à la gorge du jeune homme. Avant son soudain mouvement, elle avait retiré la veste qu’il lui avait prêté, après avoir conclu que son propre blouson et sa robe sècheraient plus vite s’ils étaient à l’air libre et non emprisonnés sous une tierce couche de tissu. Elle était également plus à son aise pour bouger de cette façon. Dès l’instant où ses doigts entrèrent en contact avec la peau gracile de son cou, la chaleur se répandit de façon exponentielle dans ses muscles, ses nerfs et l’intégralité de son corps. C’était mieux que n’importe quel radiateur. Ça avait le même effet que si elle s’était plongée dans un bain bien chaud, aussi réchauffant que relaxant. Elle sourit quand elle sentit les vibrations de ses cordes vocales sous ses doigts.

-Hum… Je… je suis d’accord. Il se passe un truc, peut-être même le truc le plus étrange de toute ma vie jusqu’à présent, et euh… Comme tu dis, il ne doit pas y avoir cinquante mille façons d’élucider ce mystère. Si on peut/doit l’élucider. Mais y a forcément une raison. Euh… juste une chose… t’as vraiment vu cette tâche de naissance en forme de presque étoile ? Dans tes rêves j’veux dire ? Je te crois, hein, je te crois pour la partie des rêves et tout, mais… sérieusement, le coup de l’étoile, c’est… flippant.

- Je croyais que tu ne voulais pas savoir en quoi mes rêves consistaient, rétorqua-t-elle d’un air narquois. Elle-même, elle savait qu’elle aurait dû être inquiète de savoir autant de choses sur lui, ce qui faisait autant de faits que lui ignorait sur elle, mais tout s’était déroulé de cette façon, et pas autrement, alors elle en acceptait la réalité. Cela faisait longtemps qu’elle était devenue une telle fataliste. C’était encore une sorte d’autoprotection, se dire que ce qui était fait était fait et que rien n’aurait pu changer la situation. Tais-toi et laisse-moi faire, d’accord ? On en reparle après.

Rachele commença à faire de très légers mouvements circulaires sur la gorge de Joshua. Elle exerçait une pression très faible, qu’il devait à peine sentir. Pourtant, elle savait qu’il la ressentait. Il le lui avait révélé inconsciemment, lui aussi avait perçu la décharge électrique lors de la librairie, donc il était fort probable qu’il ressente la chaleur. Et si ça lui faisait du bien à elle, alors ça devait le soulager aussi. Bien sûr, tout cela n’était que pure supposition, mais en général, les suppositions de Rachele s’avéraient souvent être exactes. C’était son instinct. C’était de cette façon qu’elle choisissait les sujets de ses livres, ou les cadeaux qu’elle faisait à Julian. Toujours est-il que ce massage improvisé la perturbait. Parce qu’elle faisait des rêves érotiques concernant la personne qu’elle massait, justement. Et parce qu’elle sentait bien que plus elle prodiguait un peu de réconfort à Joshua, plus elle avait envie de faire plus. Elle avait l’impression étrange qu’elle savait exactement comment il réagirait si elle touchait certains endroits, comme sa clavicule, ou la zone juste sous le lobe de l’oreille. Et aussi l’impression que le simple toucher ne lui suffirait pas longtemps. Elle avait été alcoolique, complètement accro au whisky (contrairement à la majorité des filles qui préféraient la vodka) pendant deux ans, le temps qu’elle réussisse à décrocher. Elle savait reconnaître les effets de manque, qui ne sauraient tarder à venir. Elle savait qu’elle voudrait plus. C’est pour cela qu’elle se dégagea de manière peut-être un peu brusque et retourna s’asseoir à bonne distance du jeune homme. Rachele n’avait pas menti, elle n’était pas le genre de femmes à séduire un homme déjà en relation avec une autre personne. C’était arrivé une fois, peu de temps après la mort d’Alec. Ça avait été un accident de parcours, à l’époque, elle ignorait que l’homme était marié. Elle ne l’avait découvert que parce que sa femme l’avait appelé sur son portable au bout de deux semaines, parce que son numéro revenait trop souvent dans le journal des appels émis et reçus du téléphone du mari. Depuis ce jour-là, elle n’avait jamais entendu parler à nouveau de cet homme, ayant rompu tout contact avec lui. Et elle avait fait attention à toutes ces fréquentations qui avaient suivi. Rachele savait que beaucoup considéraient qu’elle n’avait pas de morale, pourtant, c’était un de ses principes, une règle à laquelle elle ne dérogeait jamais. Et en cet instant, elle ne l’avait jamais autant regretté. Même si elle ne comprenait pas pourquoi.

- Oui, j’ai vu cette tâche de naissance. Oui, ça doit être flippant pour toi, parce que contrairement à moi, tu n’as pas eu sept ans pour te faire à ces rêves. Non, je ne te décrirai rien, parce que c’est vraiment personnel. Tu y es peut-être, mais ce sont mes rêves.

Non mais puis quoi encore ? Il voulait peut-être qu’elle lui fasse un dessin, ou qu’elle lui fasse carrément une démonstration physique ? C’est à ce moment-là que son portable sonna dans son sac. Sauvée par le gong ! Ou, en l’occurrence, sauvée par Julian.

- Oui mon chéri d’amour ?
- Ah bah ça s’entend que la situation s’est arrangée. T’es où ?
- Galerie Oliversari.
- Je répète ma question : t’es où ?
- Va dans la chambre, y’a mon ordi sur le lit. Tu cherches sur les pages jaunes, et tu viens me chercher.
Elle entendit distinctivement la démarche éléphantesque de son frère à travers la maisonnette de Borgo Venezia, se demandant mentalement comment il faisait pour avoir le pas aussi lourd alors qu’il avait une allure assez svelte. Les mystères de la nature qui ne seraient jamais élucidés venaient d’agrandir leur nombre.
- Comment ça s’écrit ton truc ?
- O-L-I-V-E-R-S-A-R-I. Comme ça se prononce quoi.
- Okay. Ah bah c’est dans la Citta Antica.
- Ca m’avance vachement.
- J’suis là dans cinq minutes.
- D’ac. A tout de suite. Bisous.

Rachele appuya sur la touche raccrocher de son blackberry, puis elle se tourna vers Joshua, qui avait assisté à la conversation, sans entendre, bien sûr, tout ce que Julian avait pu dire. Et elle ne se doutait certainement pas que la discussion aurait pu laisser penser que son interlocuteur au téléphone était son frère.

- Désolée pour ça. Julian devait commencer à s’inquiéter de ne pas avoir de mes nouvelles. C’est mon frère, finit-elle enfin par préciser. Alors sous prétexte qu’il est né quelques minutes avant moi, il passe beaucoup de temps à me protéger. Je suppose que c’est quelque chose que font tous les grands frères. En tous cas, il ne va pas tarder à venir me chercher. Donc pour notre petite explication et autre, c’est un peu râpé.

Illumination. Idée de génie qui venait de se pointer dans son esprit de génie !

- Passe-moi ton téléphone portable.

Joshua rétorqua à peine et s’exécuta. La jeune femme saisit le portable et entra rapidement son numéro, qu’elle appela. A peine entendit-elle la première sonnerie qu’elle raccrocha, puis rendit son téléphone à son comparse.

- J’ai ton numéro et tu as le mien comme ça. Est-ce que ça t’ira, si je te textote dans la semaine ? Tu n’auras qu’à venir chez nous, on loue une maison à Borgo Venezia. Pour un déjeuner ou un dîner. T’inquiètes pas, mon frère sera là aussi, donc je te sauterai pas dessus.

Elle avait dit ça pour rire, mais elle était presque certaine qu’au fond, Joshua avait eu un peu peur. Les cinq minutes s’étaient visiblement écoulées, puisqu’ils purent tous les deux entendre le klaxon de la voiture conduite par Julian. Elle récupéra ses chaussures qu’elle avait laissé sur le sol, puis avança tranquillement alors que Joshua la raccompagnait jusqu’à la porte.

- Je suis contente de t’avoir retrouvé, tu sais. Malgré les circonstances bizarres et tout le reste. Merci pour le café et l’accueil d’ailleurs.

Elle hésita quant à ce qu’elle devait faire : la bise, ou lui serrer la main. Elle opta finalement pour aucune de ces deux solutions, mais pour un simple baiser sur la joue. C’était complètement innocent, et sans aucune arrière-pensée. Même si cela fut très agréable. Il pleuvait toujours à l’extérieur, et Julian avait rabattu la capote de la voiture. Elle se précipita sous les gouttes d’eau puis dans la voiture et s’assit à côté de son frère, qui démarra aussitôt qu’elle eut mis sa ceinture, sans un dernier regard pour la galerie.


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MessageSujet: Re: Je préfère rêver ma vie a être un oiseau, plutôt que la perdre à rêver que j’ai des ailes || Joshua & Rachele   Ven 8 Avr - 22:59

Josh sursauta légèrement lorsque Rachele se rapprocha de lui. Ce n’était pas vraiment le fait qu’elle se soit déplacé qui le fit réagir, mais plutôt la façon dont elle s’était placée. Pourquoi tendait-elle ses mains vers son visage maintenant ? Elle voulait l’étrangler, n’est-ce pas ? Après que son complice ait fait en sorte qu’il s’étouffe, tentative ayant visiblement échoué puisqu’il était toujours en vie – pour l’instant, la jeune femme se devait de terminer le travail en l’étranglant de ses propres mains. Pourquoi ? Pourquoi tant de cruauté ? Josh était un gentil garçon, il n’avait jamais fait de mal à personne (pas encore), et, et… on voulait le tuer ? Il aurait du se douter que ces histoires de rêves n’étaient que des sornettes. Il aurait ainsi peut-être eu une chance de survivre… Josh eut néanmoins le réflexe de se reculer légèrement tandis qu’elle approchait ses mains de lui, prétextant le fait qu’il ne tenait pas réellement à décéder dans l’immédiat, mais au fond, il n’était pas idiot au point de vraiment penser ça. Il savait que la jeune femme qui se tenait devant lui n’était pas une meurtrière (enfin ça, il n’en savait rien, mais en tout cas elle n’était pas sur le point de le tuer lui), et puis il ne put reculer bien loin, alors il laissa les mains de Rachele se poser sur sa gorge encore endolorie. Et l’effet fut immédiat.

Putain de merde, mais c’était quoi ça encore ? Toujours la même chose. La même réaction au contact des deux individus : un truc pas commun, complètement anormal. Mais qu’est-ce que ça pouvait être agréable… Sa gorge ne le fit soudainement plus souffrir, et il se sentit beaucoup plus détendu. Et étant donné que la liaison dura plus qu’un millième de seconde, Josh put s’appliquer à tenter d’identifier la source de cet effet, mais il n’y avait rien à expliquer. C’était simplement incroyable. Dans tous les sens du terme.

« Je croyais que tu ne voulais pas savoir en quoi mes rêves consistaient. »

Son air narquois le fit tout de même sourire, et il s’empressa de préciser :

-J’ai jamais dit que je voulais savoir. Je t’ai juste dit à quel point ça me faisait flipper.

Mais ce qui le faisait plus flipper en cet instant, c’était la situation. Rachele, les mains sur sa gorge à lui, visiblement en train d’effectuer un massage aux effets miraculeux. Même s’il n’y avait pas eu cette chaleur aussi agréable qu’inexplicable, Josh restait persuadé que ces mouvements circulaires auraient été efficaces. Mais à quoi elle jouait, en fait ? Voulait-elle juste confirmer qu’il se passait bel et bien quelque chose de physique entre eux, en plus des rêves et tout ça ? Cherchait-elle à créer du nouveau, ou à faire surgir une explication de cette façon ? Toutes les hypothèses étaient à présent envisageables pour Josh, qui ne savait plus du tout où donner de la tête. Son regard restait fixé sur Rachele, qui continuait à promener ses doigts sur ses cordes vocales. C’était étrange, beaucoup trop étrange pour être la réalité. La théorie du rêve refit surface, avec les supplications intérieures du peintre pour se réveiller immédiatement. C’était pas possible… Cette sensation… Qu’est-ce que ça pouvait signifier ? Qu’est-ce que ça venait foutre ici, à cet instant précis de sa vie, alors qu’il s’était apprêté à demander Eleonora en mariage ? Pourquoi ce jour-là Rachele était-elle venue faire irruption dans sa vie, une seconde fois ? Ce n’était pas contre elle, évidemment, du peu qu’il avait d’elle, elle semblait absolument géniale – tarée, mais géniale. Non, c’était après cette chaleur envoûtante qu’il en avait, après ces réactions à chacun de leurs contacts, à cette situation, tout simplement. Il en avait après tout ça parce qu’il sentait que ça ne pouvait pas qu’être bon, il avait un mauvais pressentiment, bien qu’il soit encore incapable de le déchiffrer. Et il se rendit compte une fois que l’écrivain retourna s’asseoir qu’il avait retenu sa respiration depuis la fin de sa dernière phrase. Il expira longuement le plus discrètement possible, tandis que la sensation de bien-être incroyable le quittait aussi soudainement qu’elle était apparue.

« Oui, j’ai vu cette tâche de naissance. Oui, ça doit être flippant pour toi, parce que contrairement à moi, tu n’as pas eu sept ans pour te faire à ces rêves. Non, je ne te décrirai rien, parce que c’est vraiment personnel. Tu y es peut-être, mais ce sont mes rêves. »

-Encore une fois, je n’ai jamais prétendu le contraire. Tes rêves te regardent, certes – même si visiblement, ils me concernent en partie – mais je ne veux rien savoir de plus. De toute façon, c’est beaucoup trop… étrange pour qu’on se penche dessus là-dessus, et…

Il n’eut pas le temps de trouver les mots adéquats pour terminer sa phrase qu’une sonnerie de téléphone retentit, et comme ce n’était pas la sienne, il s’agissait forcément de celui de Rachele. Haha, quel sens de la déduction.

« Oui mon chéri d’amour ? »

Ah.

« Galerie Oliversari. »
« Va dans la chambre, y’a mon ordi sur le lit. Tu cherches sur les pages jaunes, et tu viens me chercher. »


Carrément.

« O-L-I-V-E-R-S-A-R-I. Comme ça se prononce quoi. »

Haha, ceci rappelait à Josh le nombre incalculable de fois où il avait lui-même du épeler le nom de la galerie. ‘Comprennent rien ces italiens.

« Ca m’avance vachement. »
« D’ac. A tout de suite. Bisous. »


Donc, mademoiselle n’était pas célibataire. Rassurant, pas rassurant ? Josh choisit la première option, juste pour s’auto-assurer, en fait.

« Désolée pour ça. Julian devait commencer à s’inquiéter de ne pas avoir de mes nouvelles. C’est mon frère. »

Ah… Ah ben non. Haha.

« Alors sous prétexte qu’il est né quelques minutes avant moi, il passe beaucoup de temps à me protéger. Je suppose que c’est quelque chose que font tous les grands frères. En tous cas, il ne va pas tarder à venir me chercher. Donc pour notre petite explication et autre, c’est un peu râpé. »

-J’ai également entendu dire que c’était un de ces trucs de grands frères, répondit-il avec un sourire. Et quand à l’explication, on a qu’à…

Là encore, il chercha ce qui était le meilleur à répondre. Se revoir ? S’appeler ? Aller voir un expert en choses bizarres et complètement inopinées ? Peut-être que Josh allait aller le voir, ce psy dont Nora lui parlait depuis des siècles, finalement. Mais Rachele le devança en lui demandant son portable, que Josh tendit machinalement, répondant ainsi aux questions existentielles qu’il était en train de se poser. Il sortir ainsi de la poche arrière de son jean un iPhone loin d’être le dernier modèle, semblant revenir de lui, avec l’écran complètement pété (mais il fonctionnait toujours !) et le boitier complètement rayé. Ne cherchez pas la source de la maltraitance de cet appareil, à force de s’asseoir dessus, de dormir dessus, de marcher dessus, de tomber dessus… le pauvre n’en avait plus pour très longtemps. Mais là n’est pas le sujet principal.

-Ouais, bien sûr, un diner, ça serait cool. Je ne m’inquiète pas, de toute façon.

Il se demanda sur le coup s’il pouvait se risquer à emmener Eleonora, mais rien que la partie du « comment tu l’as rencontrée, et pourquoi qu’on va manger chez elle, et pourquoi que tu me l’as pas présentée avant, et qu’est-ce qu’elle foutait à la galerie […] ? » le gonflait déjà. Et puis il se souvient qu’il s’agissait de Rachele d’Aquino. L’écrivain super célèbre dont Nora était fan (et lui aussi, mais à présent, c’était différent). Donc peut-être que… Mmh, mieux valait attendre le texto pour l’instant, et aviser après. Dans tous les cas de figure, Nora trouverait matière à râler.

Presque inconsciemment, Josh ne cessait de sourire, malgré le fait qu’il flippait complètement et qu’il ne savait absolument pas comment réagir. Il se laissa embrasser sur la joue sans broncher ou s’imaginer des tas de scénarios d’interprétations, et hésita même à en faire de même. Il opta au final pour un sourire plus prononcé, en répondant « Content que… ça t’ait plu ! » Petit rire. « Non, sérieusement, je suis… agréablement surpris, disons. Je sais pas si ‘content’ soit bien le mot, cette histoire me fait honnêtement plus flipper qu’autre chose. Mais content d’avoir fait ta connaissance, ça c’est sûr. »

Après avoir regardé la voiture partir, Josh n’eut qu’une seule envie : remettre la musique à fond, mais pas pour se prendre une nouvelle fois pour une rock star, plutôt pour pouvoir se remettre de cette visite plus que troublante. Se changer les idées. Même si ça allait être difficile, vraiment très difficile. Surtout qu’il était censé récupérer sa petite-amie dans moins de trois quarts d’heure, pas sûr qu’elle ne remarque rien à son état légèrement changé. C’était carrément pas possible, cette histoire… Ce délire ne pouvait, ne devait être réel. Jusqu’à quel point allait-il se retrouver dans la galère, encore ?

[RP CLOS]

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