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MERCI DE PRENDRE EN PRIORITÉ LES RÔLES MASCULINS

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 [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!

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Dante A. Pūrmale

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■ Date d'arrivée à Vérone : 19/09/2011

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MessageSujet: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   Ven 23 Sep - 11:33

Pour un visiteur extérieur, la quantité de vapeurs moites filtrant sous la porte de la salle de bain aurait pu être alarmante... Plongé dans l'eau presque brûlante jusqu'à l'arrête du nez, Dante fixait intensément le flacon de gel douche posé sur le rebord opposé. Dans son regard concentré luisait une étincelle de défi, faisant écho à l'agacement à peine contenu qui lui bouillait les sangs. Si ses prunelles avaient été un bazooka, le jeune homme aurait éradiqué depuis belles lurettes ce satané suppôt de Satan qui le narguait sans vergogne. Il l'aurait bien réduit en un petit tas de cendres fumantes, sans crier gare, pour lui faire payer cette insolence, cet outrage au bien-être commun ! ...Bon, d'accord : probablement avec un bon gros trou dans le mur juste derrière, et des traces de matières non identifiées, dont probablement ses propres organes, partant en tout sens.
Dans un clapotis de vaguelettes, notre homme des cavernes tendit le bras vers le récipient, impuissant. Encore trop loin. *Grrrr...* Bah, quoi ? Vous pensiez peut-être que c'était le fait de se laver qui l’ennuyait autant ?! Non mais je vous jure !
C'était le seul défaut de cette immense baignoire -où il se prélassait depuis une bonne demi-heure déjà: la distance. Pour attraper le savon, Dante allait devoir pousser son bras hors de l'eau, l'abandonnant quelques instants à la température plus fraîche, par contraste, de l'air ambiant. Après quelques secondes supplémentaires d'une lutte farouche -à l'issue bien évidemment incertaine- Dante poussa un léger grognement, s'avouant finalement vaincu. Ce n'était pas aujourd'hui non plus qu'il allait se découvrir des pouvoirs de télékinésie, c'était très net. Et bien dommage, aussi. Pourtant ce n'était pas la ferveur qui lui manquait.

Une fois décrassé de la tête au pied, l'informaticien quitta à regret son petit confort personnel pour s'envelopper dans une serviette propre et moelleuse. Passant devant le miroir au cadre doré qui surplombait la vasque, le jeune homme ne put s'empêcher de jeter coup d'œil haineux à son reflet. Une espèce de loque au teint pale, les cheveux humides et en bataille, le lui rendit sans concessions. Une barbe d'une bonne semaine lui mangeait le visage, masquant ses traits sans effort apparent. Malgré toutes les cochonneries qu'il pouvait avaler et le peu de sport qu'il faisait, Dante avait perdu du poids... S'en aurait presque été inquiétant, si tant est qu'il y prête attention. Après la mort d'Elisa, sa vie s'était résumée en une succession de "laisser-aller", de grincements de dents et de tristesse. Elle avait induit un grand vide au creux de sa poitrine... elle était là... puis l'instant d'après, elle avait disparu. Telle la flamme d'une bougie sous la tempête. Elle n'avait pas fait long feu.
Face à cette image, l'ombre de son sourire d'antan s'étala sur ses lèvres. Il avait horreur du romantisme, et de tout ce qui s'y rattachait. Et pourtant, ça ne l'empêchait nullement de s'étaler en métaphores ridicules.


"Ça va vraiment pas toi, hein ?"

Le reflet ne répondit pas. Au moins il n'était pas complètement schizo, c'était déjà ça. Le timbre de sa voix grave sonna à ses oreilles comme un éboulis de pierres: rocailleuse, maladroite, comme si sa gorge avait perdue l'habitude de la communication orale. Portant la main à ses joues hérissées de poils drus, Dante procéda à un examen visuel des dégâts. Et à mesure qu'il s'observait, une envie irrépressible de se raser montait en lui, son corps se rappelant à son bon vouloir. A ce train là, il allait vraiment ressembler à un ours mal léché... Abandonnant la peau rappeuse de son visage, ses doigts se rendirent mécaniquement jusqu'au rasoir électrique qui lui tendait les bras, relié par son cordon ombilical à une prise sous le lavabo. C'était la première fois qu'il y allait à fond depuis que "Melle Rebekka" avait emménagé chez lui en tant que nouvelle "colocataire", débitrice de sa mère.
Suite à un combat acharné contre sa pilosité récalcitrante, Dante s'observa d'un œil nouveau. Il avait déjà l'air beaucoup moins négligé. Comme quoi, la civilité ne tenait pas à grand chose en ce bas monde ! Et pour la première fois depuis bien longtemps aussi, remettre son jeans crade roulé en boule sur le carrelage bleuté le rebuta complètement. Il avait besoin de vêtements propres, surtout histoire de ne pas anéantir les effets du bain qu'il venait de prendre. Et puis parce que la squatteuse avait fait une machine la veille, et que le linge fraîchement lavé trônait de manière aguicheuse dans une grande panière, toute proche. Celle-ci, posée sur le sèche-linge masqué par un paravent, fleurait bon le sain.
A l'idée que Rebekka avait dû pénétrer dans sa chambre pour récupérer ses fringues sales, Dante se renfrogna légèrement. La serviette nouée autour des hanches, le jeune homme parvint à se dégoter un boxer noir et un pantalon pas trop froissé dans le tas. Il enfila le tout, avant de replonger dans les profondeurs du panier, à la recherche d'une chemise ou d'un autre truc qui pourrait faire office de haut.


    Débardeur, short, veste cintrée, pantalon de toile, jeans, soutien-gorge *hum* -un rictus amusé étira ses lèvres- tee-shirt féminin, petites chaussettes, autre débardeur, autre short, petite culotte en dentelle lâche, chemisier...


"Hein ?!"

Revenant sur le dernier article qu'il avait entrepris d'écarter, Dante le prit délicatement entre ses mains et le porta à ses yeux. C'était le truc le plus moche qu'il avait jamais croisé de toute sa vie. Pourtant, sur sa propriétaire ça devait sûrement avoir un certain charme. Sûrement. Un certain charme... Sauf que Là, dans l'immédiat, c'était plutôt... trippant. Et Terriblement titillant. Résistant à une envie profonde de céder à ses pulsions gamines, notre homme reposa le sous vêtement sur le dessus de la pile et en détourna des prunelles rendues dorées par la lumière du soleil de l'après-midi.
Rebekka était sortie en ville depuis trois heures à peine. Elle ne reviendrait certainement qu'à une heure très avancée de la soirée. Autrement dit, il était seul. Et... il avait vraiment envie de faire l'imbécile. Une envie qui se mua bien vite en un besoin presque vital... Allez, on s’en fou, y’a personne de toute manière ! Hein hein hein.

D'aucun aurait plutôt pensé au mot "grosse connerie" à la vue de Dante, soudain métamorphosé, s'emparant de la petite culotte comme d'un trophée. D'autres auraient plutôt penché pour une immaturité chronique trop longtemps contenue en voyant la dentelle épouser le haut de la tête de ce qui était pourtant bien un homme de vingt-cinq ans, fixée habilement à ses oreilles pour la maintenir en place. Les derniers auraient trèèèès certainement poussé un soupire d'exaspération en voyant Dante, le gamin de cinq ans d’âge mentale, s'envoler à travers le salon, se hissant de canapé en canapé tout en souplesse, sa serviette de bain en guise de cape, puis enchaîner roulades sur roulades pour échapper à une fusillade invisible, se ruer sur le tapis avant de se planquer derrière les fauteuils molletonnés en hurlant à plein poumon...


"SUS A L'ENNEMIIIS ! TENEZ BON LES GARS ! KYAAAAAAAAAAAAAAA ! TATATATATATATATA !
Pfiiiiiiioouuuuuuuuuuu... AAAAAAAAAH"


Les balles sifflaient en continu au-dessus de sa tête, les sirènes inépuisables du village voisin, trop proche, annonçant un bombardement imminent. Les adversaires étaient tout près, se faufilant à travers les tranchées creusées par leurs camarades tombés la veille. Ces mêmes camarades qui avaient lancé le dernier assaut avant que la nuit ne tombe. Leurs cadavres obstruaient encore certains passages, quelques uns démembrés par l'impact des éclats d'obus qui sillonnaient régulièrement le ciel avant de retomber lourdement au sol, s'écrasant dans des gerbes de terres sèches, soulevant des nuages de poussière. Zigzaguant entre les mottes de terre ainsi créées, le Général Dante s'approchait inexorablement du siège de commandement adverse. Pete était déjà tombé devant lui. Enjambant son corps éclaté par l'onde de choc d'un mouvement alourdis par le poids de ses armes, le Général se précipita dans la tranchée la plus proche, envahissant le territoire ennemi. Un voile rouge flottait devant son regard. De la sueur dégoulinait en cascade le long de sa moelle épinière. Il fonça dans le tas, embrochant la plupart de ses assaillants sans hésitation, ni trace de pitié. Dans le feu de l'action, le haut-gradé trébucha soudain sur un casque tombé à terre. Le sien, de bien meilleure facture, évita à son crâne de trop grosses ecchymoses. Sonné à demi, Le Général fit fi de son mal de tête, se redressa d'un grand bond gracieux pour faire face. Il ne fallait pas qu'il faiblisse, il en allait de leur victoire ! Il fonça à nouveau. Derrière lui, une porte dérobée, invisible à l'œil nue, s'ouvrit soudainement dans un cliquetis de ferraille. Et, sous ses yeux ébahis, son aimée, qu'il croyait restée en sécurité chez eux, déboula dans la tranchée... Et dans son dos, un terrible guerrier adverse leva lentement sa baillonette, et s'élança. Sans réfléchir, le Général Dante bondit en avant, criant un avertissement:

"ELISA, ATTENTION DERRIÈRE TOIII !"
Dans le même élan, il se jeta en avant, plaquant la jeune femme au sol, usant de son propre corps pour amortir la chute qui n'en fut que plus douloureuse pour ses membres exténués... Devant sa victoire, le Général se releva vivement, riant gaiment. Sauf que.
Ce n'était pas du tout Elisa. Du tout, du tout.
Reprenant conscience de la réalité, le sourire joyeux que Dante affichait se figea brusquement. Levant une main à ses cheveux, le jeune homme ôta prestement le sous-vêtement de sa tête, le planquant derrière son dos. Un picotement lui parcourut l'échine face au regard de son tout nouvel adversaire. C'était... horriblement... désagréable. Et puis foutrement mauvais pour son matricule en plus de ça.

*Merdre.*
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Rebekka M. Leifsen
Il n’y a pas de certitudes, il n’y a que des opportunités

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MessageSujet: Re: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   Ven 23 Sep - 14:37

Avant de partir de l’appartement, Rebekka avait hésité à aller frapper à la porte de l’antre secrète de Dante pour lui demander s’il avait besoin qu’elle lui ramène quelque chose. Après tout, c’était ce que les colocataires normaux faisaient entre eux : ils se rendaient de menus services, et ça aidait grandement à la cohabitation. Dans le cas présent, il semblait à la Danoise que peu importe les efforts qu’elle fournirait, son compagnon d’infortune ne serait jamais, jamais, jamais satisfait. La main levée dans les airs, le doigt prêt à toquer sur la porte, le geste suspendu, elle avait pesé le pour et le contre, et finalement, s’était résignée à sortir sans lui adresser la parole, même pas pour lui signifier qu’elle rentrerait immédiatement après ses cours. Au fond, la porte d’entrée qui claquait, ça serait largement suffisant pour qu’il comprenne qu’elle n’était plus là. La jeune femme avait récupéré ses clefs de l’appartement et son sac à main, puis était sortie sans même lui souhaiter un bon après-midi. C’est sûr, c’était vraiment méchant ça. En comparaison avec ce que Dante lui avait sorti la veille, par message téléphonique, c’était de la pisse de chat.

Bekka n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Elle ne savait toujours pas pourquoi il ne l’aimait pas. Ou plutôt, pourquoi il la détestait. Elle avait essayé le moins possible de s’immiscer dans sa vie, elle ne lui avait pas causé le moindre problème. Elle s’était faite toute petite dans l’appartement, de sorte qu’il ne remarque presque pas sa présence. Elle ne comprenait pas spécialement pourquoi il avait accepté de lui donner son numéro de portable s’il n’avait pas envie de se lier un minimum avec elle. La seule manière qu’il semblait connaître pour communiquer, c’était aboyer sur les autres à longueur de temps, ou se murer dans une bulle de silence. Très pratique. Du coup, plutôt que de déprimer à cause d’un crétin – parce que, avouons-le, c’est ce qu’il est – elle avait décidé de lui rendre les coups. Il ne supportait pas qu’on marche sur le tapis en chaussures ? Elle faisait exprès de frotter la semelle de ses Doc Marten’s sur le tapis en question. Puisque la technique « je suis invisible » n’avait pas marché, elle avait commencé à étaler à la vue de tous ses affaires. Bon, pas jusqu’à aller laisser traîner une petite culotte sur le canapé, elle avait quand même quelques limites. Mais elle allait suffisamment loin pour que Dante s’énerve avec d’autant plus de facilité qu’elle lui fournissait toutes les excuses à ses crises de nerfs. Pourtant, les tentatives de réconciliation ne manquaient pas non plus. Seulement, l’Italien cherchait visiblement la guerre. Il allait la trouver. C’était mal connaître Rebekka Leifsen que de penser qu’elle fuirait face à la crétinerie incarnée en homme.

Il lui fallait une bonne vingtaine de minutes pour aller jusqu’à l’université en bus, et le même temps pour en revenir quand elle avait fini de donner ses cours. Ce jour-là, elle n’avait pas eu le temps de discuter avec Lullaby, et ça avait été bien dommage. Il lui semblait avoir aperçu sa jeune amie en pleine discussion avec un visage étrangement familier quand elle se rendait au gymnase pour préparer la salle de danse. Rebekka avait pris ses marques à l’université, fort heureusement. Il n’aurait plus manqué à son bonheur que le fait de se sentir mal à l’aise dans son travail pour qu’elle craque et commette un massacre. Elle avait eu du mal au début à faire comprendre aux apprentis danseurs et danseuses que oui, elle était un peu jeune, mais ô combien plus expérimentée qu’eux dans le domaine réservé de Terpsichore. Elle savait se montrer cool et laxiste, mais elle prenait plaisir à leur rappeler qu’une fois dans la salle de danse, il n’y avait plus aucune autre autorité que la sienne. Ceux qui ne l’acceptaient pas étaient gentiment priés de quitter les lieux pour ne plus y revenir. Elle assurait en moyenne trois à quatre cours dans la journée, du stade de débutant à celui de confirmé.
Mais cela lui laissait moins de temps pour entreprendre ces recherches qui lui occupaient l’esprit sans arrêt. Pourquoi est-ce qu’elle voyait des gens réels dans ses rêves, alors qu’elle ne les connaissait ni d’Adam ni d’Eve ?

Sur la route du retour, elle était passée à l’épicerie. Rien d’extravagant cette fois, elle en avait suffisamment mangé des remarques idiotes de l’autre abruti condescendant. De toute façon, elle n’allait pas cuisiner pour lui. Elle adorait la cuisine italienne, et s’était laissé tenter par une recette qu’elle avait trouvée sur internet la veille. Elle avait sagement noté chaque ingrédient dont elle aurait besoin, et avec les conseils du charmant vieux monsieur qui tenait l’établissement, avait trouvé son bonheur. En plus des articles qui lui permettraient de se faire son premier vrai repas italien depuis qu’elle était arrivée à Vérone, elle avait acheté également de quoi se faire des Wienerbrød, des viennoiseries typiquement danoises à base de pâte d’amande, de cannelle ou de noix de pécan. Avant de partir étudier à Paris puis à New York, elle avait eu l’habitude d’en faire avec sa mère… et de se disputer avec ses frères pour savoir lequel des rejetons de la fratrie pourrait engloutir le dernier spécimen survivant. Jens ou Henrik avaient tendance à partager avec elle, quand les jumeaux partageaient entre eux. Et si elle était la gagnante, elle en donnait généralement à ses parents. Même si les frères et la sœur avaient des disputes, ils représentaient dans l’ensemble une fratrie unie et soudée. Quand elle l’avait eu au téléphone trois jours plus tôt, et quand elle lui avait dit à quel point son colocataire était un cafard imbuvable, Niels avait proposé de faire le voyage juste pour lui demander poliment d’être plus agréable avec sa petite sœur. Elle avait bien ri. Il lui suffisait d’imaginer Niels, professeur de boxe anglaise dans un lycée réputé de Copenhague, face à Dante, petit informaticien de Vérone, pour retrouver le sourire.

Rebekka souriait d’ailleurs, quand elle enfonça sa clef dans la serrure de la porte et ouvrit cette dernière. Elle sourit un peu moins quand un monstre l’attrapa et la plaqua sur le sol. Surtout quand elle s’aperçut que le monstre en question avait 1) sa petite culotte en dentelle, qui venait de Paris et qui coûtait horriblement cher, sur la tête ; 2) visiblement oublié de mettre un t-shirt et 3) la désagréable idée d’être son colocataire misogyne et asocial. S’il avait aplati la mozzarella en lui faisant un tacle façon rugbyman, plus personne ne retrouverait son cadavre. On ne plaisante pas avec la nourriture, quand on connaît Rebekka.
Le laissant baigner dans l’horrible gêne qu’il devait ressentir – bien fait pour lui – la Danoise commença par aller ranger dans le réfrigérateur les ingrédients qui avaient besoin d’être mis au frais. Puis elle revint dans l’entrée/salon, posa ses clefs sur le meuble juste à côté de la porte et dont l’utilité était justement d’accueillir les clefs et autres babioles, retira sa veste et se tourna enfin vers le pervers à demi nu.

Et là, ce fut la surprise. Nom d’un petit pois maléfique ! Dante ressemblait beaucoup moins à un grizzli quand il était rasé. Et surtout au niveau olfactif. Apparemment, il s’était rappelé où se trouvait la salle de bains. Rebekka l’en aurait sûrement félicité avec cynisme si elle n’avait pas eu le souvenir de la culotte en dentelle en tête. Main tendue bien à plat vers l’avant, paume vers le plafond, elle lui fit un léger signe de tête.

« Tu veux bien me rendre ce qui m’appartient, Superman… »

Une fois qu’elle eut récupéré son bien, la jeune femme se dirigea presque de façon mécanique vers la machine à laver. Elle jeta un coup d’œil désolé au slip qui trônait en plein milieu du tapis dans le salon, refusant de se demander ce qui était passé par la tête de Dante pour que la pièce à vivre se transforme en champ de bataille rempli de cadavres en tissu. Et quant à ceux qui se demandent encore pourquoi elle l’avait appelé Superman, c’était à cause de la cape. Qu’il ne vienne pas se plaindre, elle aurait pu choisir pire comme surnom pour son ego typiquement masculin. La culotte qui, à la base, était toute propre, alla finir sa course dans la machine à laver, dont elle referma le hublot comme elle aurait refermé la porte d’une cellule de prison.

« Si elle n’avait pas coûté aussi cher, je l’aurais brûlée. »

Maintenant que la grande bataille était finie, la blondinette se dirigea de nouveau vers la cuisine, prête à préparer de délicieux cannelloni à la roquette et à la mozzarella, rien que pour elle, puisque Môssieur ne daignait pas goûter à sa cuisine. Il ne savait pas ce qu’il perdait. Et en dessert, elle se ferait de délicieuses viennoiseries.
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Dante A. Pūrmale

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MessageSujet: Re: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   Sam 24 Sep - 14:39

Outch. La colère froide à peine contenue était sans aucun doute la pire réaction à laquelle Dante aurait pu s'attendre. La jeune femme qui lui servait de colocataire avait fini par se relever sans rien dire, lui adressant à peine un regard dédaigneux. Sans bouger d'un poil, l'informaticien suivit du regard ses déplacements. Elle avait fait les courses, visiblement, et n'avait pas l'air d'apprécier l'état déplorable dans lequel il avait mis sa poche d'épicerie en papier marron. Raclement de gorge gêné, balancement furtif d'un pied à l'autre. Dante avait l'impression de se retrouver au temps de sa petite amie, quand elle s'apprêtait à l'engueuler franchement pour une gaffe qu'il avait commise... Une grimace fureta au coin de ses lèvres. Ça sentait vraiment mauvais -au sens figuré- pour lui. Dommage, il pensait vivre un peu plus longtemps...

Alors que Rebekka posait ses clefs, le regard de l'énergumène glissa discrètement sur ses épaules pour en mesurer la tension. Une de ces vieilles habitudes qu'il avait prises avec d"Élisa... C'était d'ailleurs étrange que la danoise ressemble autant à son amie défunte. Et c'était très certainement pour cette raison qu'il se sentait aussi mal à l'aise en sa présence. Par ailleurs, dans un éclair de compréhension soudaine, Dante se dit que sa mère avait dû remarquer ces points communs. Comme lui l'avait fait dès le premier regard, lorsqu'il l'avait découverte confortablement installée sur le canapé, quelques deux semaines auparavant. Le jeune homme avait alors été tout bonnement stupéfait. De sa présence, bien évidemment. Mais surtout de l'audace qu'avait eu l'autorité maternelle en lui refilant sans accusé de réception une colocataire dans les pattes.
Au fond, il fallait bien avouer qu'il appréciait le peu qu'il connaissait de la danseuse. Au fond. Bien au fond. Car à chaque fois qu'il posait son regard fatigué sur sa tête blonde, chaque fois qu'il la voyait esquisser un geste anodin, il l'associait inconsciemment à Élisa. Et c'en était d'autant plus rageant, et douloureux. Combien de fois déjà l'avait-il surprise à passer négligemment la main dans ses cheveux mi-longs, d'un geste si semblable, à tel point qu'un soupçon de joie le traversait pour immédiatement mourir sur ses lèvres lorsqu'il la reconnaissait ? Ces deux interminables semaines, le webmaster s'était crée son propre enfer personnel. Pourquoi ne pas se faire du mal quand on peut éviter aux autres de nous en faire, après tout ?

Enfin, dans l'immédiat de la situation délicate où il se trouvait noyée, l'attention de Dante était focalisée sur Rebekka en tant que personne, et non fantôme du passé. Alors qu'elle tournait son regard sur lui, dans lequel il crut déceler brièvement une pointe de stupeur, Dante carra la mâchoire, prêt à encaisser. Encaisser quoi ? Aucune idée... Mais c'était la première fois qu'ils se retrouvaient tout deux réellement face à face. Et ce n'était pas en sa faveur. Même s'il était propre et rasé de frai... et sans lunettes. Quoique sans la "serviette-cape" nouée autour du cou, ma foi, Dante avait un côté plutôt charmant. Elle ne disait toujours rien. Mais notre homme tiqua cependant lorsqu'il vit sa main tendue soudainement vers lui, paume en l'air, en attente... Et avant même qu'elle ne se soit exprimée, le petit garçon qu'il était encore un peu dans sa tête y déposa la culotte de fines dentelles qu'il tenait jusque là cachée dans son dos. Regard baissé, penaud, il faillit lui marmotter des excuses, mais n'en eut pas le temps, ni le courage. Le silence qui régnait alors que Bekka constatait les dégâts de l'appartement et enfournait sa petite culotte dans le lave-linge -ce qui le fit sourire légèrement une fraction de seconde-, était pesant, presque insoutenable. Toujours immobile, Dante attendait la suite des événements. Et lorsqu'elle parla de son désir de brûler le sous-vêtement, il ne broncha pas spécialement... même si un éclat de culpabilité dévora un instant son regard. Qu'il finit par détourner sous le poids de celui de son interlocutrice. Il fallait dire qu'il avait peut-être, un peu, beaucoup abusé. Élisa lui avait dit une fois que pour certaines femmes, les dessous étaient quelque chose de fondamentalement privé. Et même si ce n'était pas le cas de sa nouvelle colocataire -et il n'en savait rien- ce qu'il avait fait était de toute manière carrément impoli... qu'il soit entièrement propre ou non ! M'enfin, il s'était tout de même bien marré...

Sans rien ajouter, la blondinette repassa dans la cuisine américaine. Lui-même fit une jolie moue du coin des lèvres tout en ôtant sa cape de fortune et en la balançant sur le canapé. Il entreprit ensuite de trouver un tee-shirt -proche- dans tout ce capharnaüm, qu'il enfila avant de ramasser le reste des vêtements échoués de-ci de-là, pour les refourguer dans la panière à linge. Puis il lissa le tissus des fauteuils, réarrangea les coussins ainsi que les plantes vertes qui lui avaient servi de jungle artificielle, avant, enfin, de remettre le tapis déglingué en place. Alors seulement, Dante s'accouda au comptoir de la cuisine, le menton dans les mains, le malaise cédant assez rapidement la place à de la curiosité. La danseuse s’affairait autour de la planche à découper, lui tournant le plus souvent le dos.


"Qu’est-ce que tu fais ?"

Si Dante regimbait autant à goûter ses plats, c’était entre autre par acquis de conscience, il s’en rendait maintenant compte. Ça faisait un bon moment que le jeune homme avait arrêté de concocter sa propre nourriture, préférant de loin la commande et la livraison à une activité qui l’aurait obligé à repenser à… avant. Quand il passait parfois jusqu’à des après-midi entières à cuisiner, avec Élisa, pour finir sur des petits têtes à têtes amoureux et des galipettes sous la couette sur la lancée. Aussi quand Rebekka avait fait irruption dans sa vie, quelques deux semaines auparavant, Dante s’était montré froid et distant… et en colère, voyant qu’elle souillait de sa présence les endroits où Élisa aimait à se tenir, qu’elle infestait les souvenirs qu’il aimait chérir. C’était toujours le cas, ne vous fourvoyez pas. Cependant, à mesure que les jours passaient, l’informaticien s’avouait un peu plus que ce n’était pas sa faute. Qu’elle ne cherchait pas volontairement à l’énerver. Et qu’il était dans son tord. Après tout, Dante n’était pas non plus un crétin fini... il y avait peut-être une lueur d’espoir quelque part pour qu’il finisse par s’arranger. Peut-être.

Dans l’immédiat, son regard plein d’intérêt errait d’un bout de la cuisine à l’autre, suivant les mouvements de Bekka, avec un air feint de "je pose juste la question pour paraître poli". Alors qu'en réalité son estomac gargouillant lui murmurait galamment que ce qu’elle préparait lui rappelait quelque chose. Et quelque chose dont il raffolait, qui plus est !

Mais Dante n’eut cependant pas l’occasion de poser la question qui le taraudait. Car à peine son regard porté vers l’égouttoir de l’évier, il blêmit. Ses prunelles, agrandies par la stupeur et l’effroi, ne quittaient pas des yeux une tasse blanche "I love Paris" entrain de sécher, alors que les mots qu’il tentait de prononcer s’étranglaient dans sa gorge :


"Où… où est-ce que t’as trouvé ça… ?"

C’était un souvenir de la capitale française, qu’ils avaient acheté ensemble lors d’un voyage en amoureux. Le Louvre, la tour Effel, les jardins de Versailles, le musée d’Orsay... Ils avaient passé une semaine merveilleuse, à deux. Élisa avait craqué sur cette tasse –alors que lui-même la trouvait d’un ridicule et d’un banal épouvantable. La jolie blonde avait même insisté pour lui prendre son pendant, la version tee-shirt pour homme... qu’il avait évitée de justesse. Toujours est-il que cette tasse était posée habituellement sur la commode de sa chambre, religieusement gardée, une vieille marque de rouge à lèvre en rongeant le bord. Dante savait donc déjà où sa colocataire l’avait trouvée. Mais il était tellement scotché, qu’il avait peine à le croire. Sans doute qu’elle l’avait emportée en même temps que le linge sale qui traînait partout, la veille. Et qu’elle avait cru bon de la laver, détruisant par conséquent une nouvelle trace de sa petite amie décédée.

Son effarement se transforma vivement en colère. Le jeune homme passa les mains sur ses paupières closes, les pressant légèrement afin de garder le peu de contenance qu'il maîtrisait encore. Elles glissèrent ensuite sur ses joues brûlantes, pour finalement terminer leur course sur le bois sombre du bar, bras croisés, doigts bien à plat. Ce n’était pas sa faute. Calme. Calme mon grand. Durant quelques interminable secondes, Dante scruta intensément la silhouette floue de Rebekka, la vue brouillée par les larmes. Des larmes qui n’en coulèrent pas pour autant. Puis, sans un mot de plus, l’âme en proie à une quantité fulgurante de sentiments divers et variés, l’homme tourna le dos à la danseuse, et pris la direction de la pièce mystère, chancelant sur ses jambes tremblantes. S’il restait plus longtemps, il savait qu’il allait s’écrouler. Que la façade qu’il maintenait en place ces deux dernières semaines serait réduite en une fine pluie de poussière grisâtre. Et qu’il allait craquer.

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Rebekka M. Leifsen
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MessageSujet: Re: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   Sam 24 Sep - 16:24

Rebekka entendait Dante s’affairer dans son dos. Plutôt que de se retourner – on ne cède pas à la curiosité, on ne cède pas ! – elle continua de laver la roquette sous l’eau du robinet. Elle supposa qu’il rangeait le bazar qu’il avait mis dans l’appartement, et sourit en repensant à l’accueil auquel elle avait eu droit. Finalement, il devait peut-être s’amuser un peu de temps en temps, et ne pas être un simple homme des cavernes grognon. En revanche, elle prendrait garde à cacher sa lingerie dans les jours à venir. Elle ne tenait pas spécialement à rentrer et le voir avec un de ses soutien-gorge sur la tête, à imiter Mickey Mouse. Les hommes et leurs lubies bizarres… Elle continua de suivre sa recette à la lettre, hachant rapidement la roquette une fois qu’elle l’eut sortie de l’eau bouillante dans laquelle elle l’avait plongée quelques secondes. Elle s’affairait maintenant à découper le poireau en petits morceaux, tandis que dans son dos, elle sentait une présence, heureusement pas trop proche. Et contrairement à elle, Dante ne semblait pas pouvoir réfréner sa curiosité, puisqu’il lui demanda instamment ce qu’elle était en train de préparer. La Danoise aurait pu répondre. Oui, elle aurait pu, mais ça n’aurait pas été aussi drôle dans ce cas-là. Elle ignora superbement sa question, continuant sa recette, hachant l’ail pour le mélanger au poireau qui marinait tranquillement dans son huile d’olive.

Puis quelque chose changea. L’atmosphère devint subitement plus lourde, comme si un orage n’allait pas tarder à naître dans la pièce. Ce qui était techniquement impossible puisqu’ils étaient en intérieur. C’est donc que ça venait de Dante. Ce fut la seule raison pour laquelle Rebekka ne se tourna pas aussitôt, prête à affronter une nouvelle fois la colère du maître de l’appartement. Elle se demandait déjà ce qu’elle avait encore fait pour subir son courroux. La réponse vint bien vite.

La tasse.

Celle qui était tranquillement en train de sécher sur le bord de l’évier. Celle qu’elle avait trouvée la veille dans la chambre de l’Italien. Celle dont s’échappait presque une colonie de moucherons, et dont l’odeur faisait peur à sentir. Elle l’avait lavée, à moitié noyée sous le liquide vaisselle. Voilà qui était la cause de l’énervement de Dante. Une bête tasse comme on en trouvait partout dans les boutiques touristiques de Paris. Même elle avait eu le bon goût de s’abstenir d’acheter telle horreur pour l’offrir à un membre de sa famille. Et pourtant, les cadeaux moches ou débiles, ça ne manquait pas dans la famille Leifsen, surtout entre les enfants. Elle, elle avait droit à tout ce qui pouvait se rapporter de près ou de loin à un pingouin. Pas sa faute si elle adorait les pingouins ! Encore plus depuis qu’elle était allée voir le dernier film de Jim Carrey, elle rêvait littéralement de transformer l’appartement en banquise pour y abriter une petite colonie de manchots. Sauf qu’en Italie, ça allait beaucoup moins bien marcher qu’à New York. Aux Etats-Unis, ils avaient au moins l’intelligence d’avoir de la neige en hiver. Bref, pour en revenir à nos moutons, Dante allait lui faire une crise de nerfs pour une petite tasse. Bienvenue dans ma vie, mon colocataire est bon pour l’asile psychiatrique, bonsoir ! Rebekka baissa l’intensité du feu sous la poêle, puis se saisit de la tasse alors que l’autre venait de faire demi-tour et marchait comme un zombie en direction de son antre secrète. Elle n’eut aucun mal à le rattraper, et avant qu’il ait pu dire quoi que ce soit, elle lui mit la tasse dans les mains, la trace de rouge à lèvres bien en évidence de ses petits yeux. Elle aurait pu dire quelque chose, mais elle estimait ne pas avoir à s’excuser pour une fois.

Rebekka était au courant, en quelque sorte, de la situation que traversait Dante. La mère de ce dernier l’avait informée que son fils traversait une crise, depuis que sa petite amie était morte. Bien sûr, la quadragénaire avait omis de dire à la Danoise à quel point elle ressemblait physiquement à la disparue. Donc oui, Rebekka comprenait que c’était dur pour Dante de voir quelqu’un débarquer et chambouler son petit univers. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle elle avait essayé de ne pas s’imposer au départ. Mais Zané lui avait aussi demandé de bousculer un peu son fils. Elle le trouvait trop amorphe, il avait besoin d’un, et je cite, « bon coup de pied dans le derrière » pour se remettre sur pieds, puisqu’il s’obstinait à ne pas vouloir consulter un psychologue. Là-dessus, Rebekka ne savait pas vraiment si elle conviendrait pour le rôle. Elle avait d’autres chats à fouetter, et surtout, elle n’était pas baby-sitter pour dépressif. Ça se saurait sinon, elle serait devenue infirmière. Et elle était danseuse. CQFD.

« Je suis blonde, okay ? Pas stupide. Ni méchante gratuitement. »

Manière délicate de lui faire comprendre qu’elle avait saisi l’importance de la tasse, au point d’y laisser la relique cosmétique bien en place, et que, malgré les réflexions auxquelles elle avait eu droit depuis qu’elle avait mis un pied dans l’appartement, elle avait décidé de ne pas effacer quelque chose qui semblait important aux yeux de Dante. Autre traduction : je vaux bien mieux que toi mon pote, les opossums vaincront. Elle plaça ensuite ses index de chaque côté de sa bouche, et, en même temps qu’elle leur faisait faire une courbe, elle agrandit son sourire. Histoire de lui montrer qu’il n’avait aucune raison de pleurer. Pour une fois. Et contrairement à elle.

Elle alla ensuite démarrer la chaîne hi-fi qui trônait sur l’un des meubles du salon. Elle savait exactement quel CD s’y trouvait, puisque c’était celui qu’elle écoutait en boucle depuis des semaines. Let There Be Morning, des Perishers, son préféré. Une petite réminiscence de sa déprime post-largage. Ce besoin de musique qu’elle éprouvait, c’était aussi une façon de combler le silence quand elle se retrouvait seule dans le salon. Sa tête se remplissait de pensées, plus ou moins agréables en fonction de l’objet du souvenir. Elias lui manquait toujours. De moins en moins, mais il lui manquait toujours. Les bons moments. Quand il la faisait rire, ou quand il dansait avec elle. Une chose était sûre, les disputes avec Dante ne lui rappelaient pas ces bons moments. Cela lui rappelait au contraire toutes les bagarres, les affrontements. Un point positif pour l’Italien !

« Bon, sur ce, bonne soirée en ermite ! »

Rebekka était revenue dans la cuisine américaine. Pas un seul instant elle ne doutait que Dante allait retourner s’enfermer dans sa grotte, avec sa précieuse tasse. Elle sortit du réfrigérateur la pâte feuilletée qu’elle avait préparé la veille, pour les Wienerbrød, ainsi que le pot de confiture, puis déballa la pâte d’amande. Elle avait juste à laisser la pâte monter une fois qu’elle aurait mis les garnitures dedans, puis à enfourner pendant une dizaine de minutes. Ces viennoiseries succulentes étaient relativement simples à préparer, si on oubliait la pâte feuilletée. Très long, ça, à faire, entre les pliages et dépliages qu’il fallait orchestrer toutes les trois heures. La jeune femme venait de disposer trois plaques différentes sur le bar américain. Une pour la pâte d’amande, une pour la cannelle et la dernière pour la confiture. Elle avait de quoi faire une demi-douzaine de chaque sorte. La blondinette se frotta les mains : elle allait se régaler ! Maintenant, elle n’avait plus une minute à perdre en enfantillages. Elle retourna à ses cannellonis et à sa recette. Rien de mieux qu’un bon repas pour vous remettre d’aplomb, c’est ce que disait sa grand-mère. Et là-dessus, Rebekka n’allait pas la contredire.

Et Dante dans tout ça ? Elle s’en fichait complètement.
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Dante A. Pūrmale

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MessageSujet: Re: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   Sam 24 Sep - 18:56

L'instant d'après, elle lui avait barrée la route, la tasse entre les mains, sans aucune parole. Les prunelles noisettes de Dante avaient vaqué un instant sur les traits fermes du visage de Rebekka, avant de descendre lentement vers l'objet, craignant ce qu'il allait y trouver. Et ce qu'il savait ne plus être à sa place... Mais lorsque son regard inquiet accrocha la marque de rouge à lèvre à peine délavée, le jeune homme s'immobilisa, alors qu'un léger sourire de soulagement s'emparait de ses lèvres. Elle était toujours là. La petite part qu'Élisa avait laissée derrière elle... Le jeune homme en traça les contours du bout de l'index, comme pour se rassurer sur son existence. Il était tellement absorbé -limite autiste- qu'il ne prêta qu'à moitié attention à sa colocataire, après qu'elle lui eut prouvé qu'elle n'était pas aussi à la ramasse qu'il l'avait cru. Et puis, une chose en entraînant une autre, il finit par récupérer ses capacités mentales fondamentales, ses quelques neurones se reconnectant entre eux. Et il se sentit honteux d'avoir réagi de la sorte. Même si c'était plus fort que lui. Même s'il n'avait pu se résoudre à sourire et passer à autre chose...

A vrai dire, Dante commençait tout juste à retrouver la civilisation -ou du moins à se civiliser lui-même de nouveau. Sans compter que sortir d'une torpeur qui durait depuis presque une année n'était pas une mince affaire. Depuis quatre ou cinq jours, l'informaticien s'éclipsait en douce pour recommencer à courir, rentrant avant même que Rebekka ne revienne et ne se doute de quelque chose. Pourquoi ? Peut-être parce qu'il avait fini par se complaire dans son rôle d'aigri de service, fuyant par là-même la compagnie des êtres humains. En tout cas, ça avait été la pire expérience de ces quelques mois d'inactivité, ses muscles lui hurlant qu'ils n'avaient pas la moindre envie de reprendre une activité physique régulière. Cependant, peu à peu, les courbatures s'amoindrissaient. Lentement, mais sûrement, Dante retrouvait sa pêche coutumière... et l'éclat d'aujourd'hui n'en était qu'un reflet bien évident.

Rebekka était retournée à ses affaires, sans plus se soucier de sa présence, insérant du même mouvement le CD qu'elle écoutait en boucle dans le salon depuis lurettes. Ce qui donnait au passage à Dante une idée assez net de la manière dont la jeune femme le percevait. Et cela ne fit qu'augmenter un peu plus son sentiment d'être un crétin irrécupérable. Aussi notre homme hésita t-il un court instant sur la marche à suivre... Devait-il retourner s'enfermer dans son espace privé -comme elle devait s'y attendre- et la laisser en paix ? Ou bien tenter de se rattraper tant bien que mal au risque de la crisper un peu plus vis-à-vis de sa personne ? En tout cas, rester planter là où il était comme un pauvre bougre ne risquait pas de faire avancer le schmilblick. Ses iris se portèrent sur la porte qui lui faisait face, indécises, avant de ramper le long de l'anse de la tasse, dessinant ses courbes Ô combien communes. Finalement, la raison l'emporta sur ses pulsions. Avec un petit soupire, Dante prit la direction de son refuge, ouvrit la porte d'un geste résigné, puis se posta dans l'encadrement. Allongeant le bras, sans même prendre la peine d'allumer la lumière, l'homme installa la tasse sur le meuble croulant d'albums photos sur sa droite. Poussant un peu plus loin, il s'empara du premier bouquin qui trônait sur la pile à côté de son bureau. Puis, caressant l'objet fétiche plongé dans la pénombre du bout des yeux, une toute dernière fois, il ressortit dans la salon en refermant derrière lui.

Dante ne prenait pas la peine de fermer à clef lorsqu'il était là: ça n'aurait servi à rien et aurait paru encore plus insultant à sa nouvelle colocataire. Il estimait que chacun avait besoin de son propre carré privé. C'était pour ça qu'il n'entrait jamais dans la chambre de Rebekka, même lorsqu'il y avait du lige à laver (ce qu'ils faisaient en se relayant). Pour l'éviter, il lui avait même placer sans un mot un panier à linge salle, juste à côté de sa porte. Dans l'immédiat, la blondinette tripatouillait à nouveau dans la cuisine. Sur le bar s'étalaient à présent trois des plaques de cuissons de l'immense four... Une nouvelle pincée de curiosité lui aiguillonna l'esprit. Mais plutôt que de l'interrompre -ce qui les auraient sûrement gênés tout deux- Dante s'installa confortablement sur le canapé et entama sa lecture, sans plus lui prêter attention lui non plus. La musique ne l'avait jamais empêché de bouquiner. D'autant plus qu'à force d'entendre le CD tourner sans arrêt à travers sa porte, il avait fini par apprécier ce groupe, et même à en connaître certaines chansons par cœur. C'est vous dire si Bekka en usait et abusait !

De temps en autre, des arômes de cuisson venaient lui chatouiller les narines, rappelant à son estomac gargouillant à quel point il mourrait de faim. Et que ça lui faisait envie... Plongé dans son boulot jusqu'à saturation, Dante n'avait pas pris la peine de manger depuis la veille. Et les restes de chinois que sa colocataire avait daigné lui laisser avaient été tout juste suffisant à combler sa faim. Tout à ses pensées, l'informaticien releva les yeux au bout de quelques pages des "fleurs du mal" pour parcourir les rayonnages de DVD qui couraient sous le meuble télé, face à lui. L'une d'elle supportait ses propres films, la seconde tanguait presque sous une collection impressionnante de Disney, presque au complet, ainsi que quelques autres dessins-animés et comédies romantiques. Élisa en raffolait littéralement. Dante ne comptait plus le nombre de soirées à regarder et re-regarder tous les Bernard&Bianca à la chaîne... et encore, s'il n'y avait eu que celui là ! Avec un rictus amusé, le jeune homme se retourna pour regarder le bar américain. Celui-ci aurait pu ployer à présent -s'il n'avait pas été en teck épais- tant il était chargé de pâtisseries qu'il n'avait jamais vues auparavant. Et qui le firent saliver. Sa gorge se serra, alors que son ventre criait famine. Se morigénant, Dante se redressa. Il ne prit même pas la peine de glisser quelque chose dans le recueil usé pour garder sa page: il le connaissait déjà par cœur. S'approchant de la cuisine, le web-master lorgna la nourriture un instant, avant de se tourner vers Rebekka. Il voulait faire un geste, n'importe quoi, pour commencer à rembourser l'ardoise... Qu'est-ce que des colocataires feraient, normalement ? Gêné, l'homme passa la main dans ses cheveux en bataille, avant de se racler la gorge discrètement pour attirer l'attention de la danseuse...


"Je suis désolé pour ma réaction. C'était idiot. Tu...-Dante eut un geste d'impuissance-Enfin, Ça te tente qu'on... Enfin t'as le droit de refuser... J'veux dire, je suis quand même un vrai connard depuis le début, pas franchement agréable ni très drôle avec ça. Mais si ça te tente, on peut...

Une grimace lui tordit la bouche un court instant, comme si les mots avaient du mal à s'envoler de leur propre chef. Ce qui n'était pas non plus très loin de la vérité. Dansant d'un pied à l'autre, de plus en plus mal à l'aise, Dante finit par désigner les rangées de DVDs d'un geste maladroit.

"On peut se regarder un film. Ce que tu veux. Élisa... Élisa c'est... c'est mon ex. Enfin bref, elle adorait les dessins-animés et les comédies romantiques. Après si tu préfères les films d'actions, un peu vieillot ou historiques, y'a pas de souci, c'est juste que je les ai déjà tous vus.

A présent, la balle était dans le camps de Rebekka. Ce qui avait un côté vraiment désagréable. Se jeter à l'eau n'était pas chose facile, mais se prendre un "râteau" était encore plus dur. Détournant de peu son regard, Dante finit par désigner les petits pains amoncelés dans un plat devant lui, ce qui ne fit qu'augmenter sa dalle. Il les désigna brièvement du menton avec intérêt avant de reprendre:

Et, heu, ça... c'est quoi ?

Non content de lui avoir lancé la balle, le jeune homme offrait maintenant à sa colocataire la possibilité de marquer un penalty. A voir s'il allait se manger le ballon dans la coquille de protection ou laisser passer le but.
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Rebekka M. Leifsen
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MessageSujet: Re: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   Lun 26 Sep - 7:57

Pendant que Dante faisait face à son propre dilemme interne, Rebekka, elle, enfournait les viennoiseries dans le four. Cela lui laissait une dizaine de minutes pour garnir les cannellonis de la farce de roquette et mozzarella, tout en remuant dans la casserole la sauce béchamel. Elle savait faire cette sauce à la perfection, tant ses frères en raffolaient. Elle avait à peine fini que le four sonna brièvement, signe qu’elle devait sortir les Wienerbrød si elle ne voulait pas qu’ils soient trop cuits. Spatule en main, elle les disposa à tour de rôle dans un grand saladier normalement fait pour les pâtes, laissant ainsi le temps à ceux du dessus de refroidir tout en gardant ceux du dessous au chaud. Du coin de l’œil, elle observa Dante s’installer dans un des canapés avec un livre. Dire qu’elle était surprise qu’il soit resté était encore trop faible, mais elle s’estimait assez heureuse qu’il ne coupe pas la musique. Habituellement, elle avait pris la manie de se trémousser sur les différents airs. En la présence d’un éventuel observateur, elle ne s’y risquerait pas. Elle se contentait, de temps à autre, de dodeliner de la tête en rythme. Elle finit tranquillement de farcir les pâtes, puis disposa chacun des cannellonis dans un plat. Elle versa la sauce béchamel dessus, et enfourna le plat dans le four. Plus que vingt minutes, et le repas serait enfin prêt.
C’est ce moment-là que choisit Dante pour faire une approche. La jeune Danoise se retourna quand elle entendit son raclement de gorge. Il faut dire que depuis les dix minutes où il avait décidé de rester et de tenter la cohabitation dans l’ignorance de l’autre, elle avait perçu les quelques gargouillements de l’estomac mécontent de l’Italien. Il pouvait toujours se plaindre que sa cuisine avec des airs bizarres, en cet instant, elle savait sans l’ombre d’un doute qu’il rêvait d’engloutir l’une des viennoiseries à l’odeur alléchante.

Stop.

Elle rêvait.

Il ne venait quand même pas de lui faire des excuses, en admettant au passage qu’il était un crétin ?

Ah bah si.

Tandis qu’il pataugeait allégrement dans la semoule et dans les excuses, Bekka s’était accoudée sur le bar, le menton posé dans la paume de ses mains, un grand sourire vainqueur qui étirait ses lèvres. Elle savourait. Ce n’était certainement pas tous les jours que ça allait arriver, alors autant en profiter un maximum. Elle n’allait pas non plus remuer le couteau dans la plaie. Même si ça aurait été très drôle. D’ailleurs, elle ne se souvenait pas de la dernière fois où un garçon avait eu autant de mal à aligner les mots dans une phrase pour lui parler. Quoique… Cela devait bien remonter à l’Opéra de Paris, donc avant ses dix-huit ans. Un sacré bail, quand même ! Maintenant, il lui proposait de faire un truc normal, genre quelque chose que des colocataires ordinaires feraient, à savoir regarder un film. Elle apprenait au passage le prénom de la fille qui était morte. Un instant, elle se demanda pourquoi il l’avait appelée Elisa quand elle était revenue des courses. Mas plutôt que de se poser mille et une questions ce soir, elle préféra se concentrer sur ce que le jeune homme disait. Elle tourna la tête vers le meuble où étaient rangés tous les DVD. Elle avait déjà parcouru des yeux la plupart des titres qui s’y trouvaient, sans jamais osé en passer un. Après tout, elle n’avait pas voulu risquer les foudres du seigneur Dante. Dante qui la ramenait aussitôt dans la cuisine, en lui posant une nouvelle question, cette fois-ci sur les Wienerbrød.

« Ce sont des Wienerbrød. Des… euh… je ne sais pas comment on le dit dans ta langue… Pains de Vienne ? »

L’expression sonnait bizarrement à ses oreilles, donc ça ne devait pas être la bonne traduction. Rebekka haussa les épaules, en signe d’agacement léger. Elle maîtrisait l’italien, certes, mais parfois, le vocabulaire avait tendance à lui échapper. Les mots se mélangeaient dans sa tête, passant d’une langue à une autre si facilement que c’en était parfois déconcertant, et surtout très embêtant si elle venait à glisser du russe en plein milieu d’une conversation en anglais. L’italien qu’elle avait appris en cours depuis l’âge de dix ans avait le désavantage de ne pas être celui parlé par les autochtones, mais un résidu de méthode. La Danoise ignorait totalement que Dante se débrouillait certainement aussi bien qu’elle en anglais, même si sa mère ne lui avait fait la conversation que dans ce langage. Toujours est-il qu’elle continua sur sa lancée dans une petite explication.

« Ça vient de chez moi. Du Danemark, » précisa-t-elle même pour la forme. Après tout, son nom avait plus des consonances germaniques qu’autre chose, et tout le monde ne pensait pas immédiatement danois en l’entendant. « C’est très bon. Enfin, il faut oser tenter, bien sûr, même si ça peut parfois être un peu trop coloré. »

De nouveau un grand sourire illumina son visage. Ce n’était qu’une petite allusion à la critique que Dante avait formulée sur l’un des repas qu’elle avait préparé dans la semaine. Comme elle adorait la cuisine indienne tout autant que l’italienne, elle avait préparé des lentilles corail, et plus précisément avait fait un Dahl, une sorte de plat végétarien composé uniquement de légumes et d’épices. Plat que Dante avait refusé de toucher en raison des « petits pois fluo ». Encore une preuve de ce qu’il avait lui-même avancé : il s’était vraiment conduit comme le pire des abruti depuis son arrivée.

« Tu sais quoi ? Je vais te reconnaître ça au moins une fois, tu as raison : depuis le début tu te comportes comme un crétin désagréable et chiant. C’est bien que tu l’admettes. »

Bon, ben pour le coup de ne pas remuer le couteau dans la plaie, c’était loupé. A ce moment-là, le four sonna la fin des vingt minutes de cuisson. La blondinette tourna le dos à Dante, le temps de sortir le plat du four. Elle dénicha ensuite deux assiettes propres et y disposa dans chacune une portion de cannellonis pour une personne. Elle prit l’une des assiettes dans sa main, plaça l’autre en équilibre sur son bras, et se saisit de l’autre main restée libre du plat qui contenait les viennoiseries. Les six mois pendant lesquels elle avait travaillé en tant que serveuse à New York avaient eu leur utilité, tout de même.

« Je suppose que tu voudrais me faire croire que tu n’as absolument pas faim, et tout ça, et tout ça, mais je t’entends gargouiller depuis quinze minutes. Prends les couverts, les verres et l’eau, tu veux bien ? » Demanda-t-elle alors qu’au même instant elle s’éloignait vers le salon, pour déposer sur la table basse les assiettes et le plat.

A son passage, elle aperçut la couverture du livre que Dante lisait peu avant le début de leur première discussion civilisée. Elle connaissait bien le recueil de poésie. Il était, à vrai dire, difficile de ne pas le connaître après des années d’études en France. Les Français étaient bien trop fiers de leurs écrivains morts et célèbres pour épargner la jeunesse d’un apprentissage à la limite de l’endoctrinement. Ce fut donc sans aucune difficulté que les vers de son poème préféré lui revinrent en mémoire. Seulement, elle ne s’était pas attendue à les réciter à haute voix, et en français qui plus est.

« J'ai prié le glaive rapide de conquérir ma liberté, et j'ai dit au poison perfide de secourir ma lâcheté. Hélas ! Le poison et le glaive m'ont pris en dédain et m'ont dit : tu n'es pas digne qu'on t'enlève à ton esclavage maudit. »

Etonnant de constater à quel point cela pouvait se rapporter à l’histoire locale de la ville, la fameuse romance de Roméo et Juliette. Etonnant de voir, quand cela la concernant, comment tout finissait par tourner autour de cette histoire. Pour masquer un trouble qui n’aurait su grandir en elle, la jeune Rebekka se tourna vers les étagères remplies de films. Elle détaillait les noms des dessins animés, beaucoup plus intéressée par ces vidéos que par les vieux films d’action dont Dante lui avait parlé quelques minutes auparavant. Pendant un instant, son choix se porta sur Mary Poppins – il y avait des pingouins dedans – mais finalement, elle finit par se décider pour Bambi. Cela faisait très longtemps qu’elle ne l’avait pas visionné.

« Tu es d'accord pour qu’on regarde les informations avant ? Je ne suis plus au courant de rien depuis que je suis en Italie… »

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Dante A. Pūrmale

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MessageSujet: Re: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   Mar 27 Sep - 21:33

Durant un court instant, Dante crut qu'il allait vraiment se manger un vent. Ce qui n'aurait été qu'un juste retour des choses, et l’aurait au moins rassasié. En théorie.

Quand l’informaticien avait vu Rebekka le fixer aussi intensément alors qu'il se dépêtrait maladroitement de son propre embarra, ça avait une fois de plus renforcé sa nette impression d'avoir été injuste. Bien évidement, notre homme ne comptait pas non plus faire ami-amie avec elle en un clin d'œil. D'une part parce que c'était tout à faire impossible, au vu de leur caractère respectif, et de l'autre... et bien, ma foi -pour aussi fervente qu'elle soit-, se connaissant lui-même, Dante soupçonnait qu'elle ferait de nouveau quelque chose qui l'irriterait à un moment ou un autre. On n’apprend pas au vieux lièvre à restreindre sa descendance... Bon d'accord, l'image est plutôt sale en plus d’être lubrique. Avec une histoire de loup et de brebis on s’en sortirait probablement mieux, mais il faudrait aussi éviter que trop de pensées sur une anthropophagie éventuelle vous traverse. En d'autres termes : le lion -un lion- ne s'associe pas, avec le cafard ! A voir qui serait le fauve, et qui se retrouverait dans le rôle de l’insecte. Mais tout ceci n’est que pure spéculation, bien évidemment...

Toujours est-il que dans le moment présent, Dante était heureux d'avoir enterré la hache de guerre. Pour aussi courte que soit -certainement- la trêve. Il écouta avec délice les explications de Rebekka sur les Wienerbrød, celles-ci ne faisant que lui faire monter encore d'avantage l'eau à la bouche, si c’était possible. Il apprit aussi par là même que sa nouvelle colocataire était danoise. Son nom semblait pourtant se rapprocher de l'allemand... même s"il ne s'était pas du tout posé la question auparavant. A vrai dire, c'était même la première fois qu'il s'intéressait à elle en tant qu'être humain, c'est vous dire le niveau mentale de la bête.


« C’est très bon. Enfin, il faut oser tenter, bien sûr, même si ça peut parfois être un peu trop coloré. »

A ces mots, Dante pinça les lèvres en une jolie moue à la fois contrariée et, allez savoir comment il s’y prenait, honteuse. Il avait tout à fait saisi la pique, et l'allusion acheva le brin de fierté qui lui restait pour aujourd’hui. Il avait vraiment était salaud, c'était le moins qu'on puisse dire. Même s'il agissait plutôt par pur réflexe défensif. A ce stade là, le web-master pouvait soit faire péter son orgueil, soit s'écorcher la gorge avec une excuse. Ce qui prouvait bien que, si hache de guerre il y avait, la tête au tranchant acéré n'était sûrement pas la partie qui faisait un petit coucou aux vers. Par ailleurs, la remarque que Bekka fit ensuite sur ses qualités de chieur désagréable aux capacités cérébrales limitées –admirez la fioriture- lui fit bien entendre qu'elle n'oubliait rien non plus. *Urg*. Une main dans les cheveux, Dante grommela dans sa barbe rasée de frais une phrase incompréhensible. Une histoire de couteau à remuer dans la plaie. Rien de bien extravagant.

Alors qu'il relevait enfin la tête pour faire face au regard de la blondinette, le jeune homme haussa un sourcil intrigué… et une lueur affamée brilla dans ses prunelles noisettes. Transformée en serveuse de fortune à l'équilibre stupéfiant, le bras de Rebekka soutenait à présent une assiette pleine de cannellonis. Ce qui était au passage… son plat préféré. Et très certainement qu'une simple coïncidence, très certainement. Sûrement. Une coïncidence. Et… il y en avait pour lui aussi ?!

Alors que la danseuse lui demandait de prendre les couverts, Dante ne quittait pas l'assiette des yeux. Il finit néanmoins par détourner le regard de la nourriture alléchante, jugeant cela plus pratique pour s'emparer des ustensiles. Ça lui fit une étrange impression d'ouvrir à nouveau les tiroirs. Comme s’il avait avalé le parfum d’un souvenir oublié, s'étouffant sur la brûlure de l'alcool. Depuis qu'il était tombé en dépression, puisqu'on peut le dire ainsi, notre homme n'avait plus vraiment osé s'aventurer trop loin dans la cuisine. Elle recelait tant de choses auxquels il n'était pas encore prêt, alors, à se confronter. En cet instant cependant, les pupilles à nouveau fixées sur le dos de Rebekka et sa soyeuse chevelure, Dante ne savait plus du tout où il habitait. La scène qu'il observait se superposait maladroitement à toute une multitude de situations similaires, la silhouette de Bekka, si semblable, perdant ses contours progressivement... Elle devint ensuite floue, comme brouillée... avant de se fondre en une ombre, pour finalement se transformer une fraction de seconde en l’essence d'Élisa... Dante secoua la tête frénétiquement pour chasser cette nouvelle hallucination. S'il continuait ainsi, il n'allait bientôt plus pouvoir couper aux séances chez le psy. Ce qui l'aurait pourtant soulagé, entre nous… Car notre homme, tout fraîchement hissé au premier barreau de la civilisation retrouvée, avait encore certains blocages dont il ne parvenait pas à se défaire. Le coup de la tasse en était un. Mais si seulement ça avait été le seul.

Débarquant à nouveau dans ce qui était sa réalité, les prunelles de Dante rappelèrent miséricordieusement à son cerveau que c'était sa colocataire, bien vivante, qu'il contemplait. Et pour ne pas attirer l'attention sur lui -déjà qu'elle le prenait pour un ermite grognon, autant éviter de passer au "pervers psychopathe"- l'informaticien s'empressa de retourner à sa tâche. Une carafe d'eau immaculée, des serviettes et quelques couverts posés sur deux plateaux empilés, le jeune homme finit par rejoindre Rebekka dans le salon. Avec un hochement de tête à l'attention de la demoiselle pour lui signifier son accord concernant la télé, Dante sépara les plateaux qu'il entreprit d'installer sur la table basse en verre. Après avoir agencé le reste du matériel, le jeune homme se saisit d'un dessous de plat en marbre noir veiné de sillons bleu-nuit et y apposa le saladier de Wienerbrød.

Pendant ce temps, Rebekka zappait jusqu'à la chaîne info, qui déroulait son journal non stop même la nuit. En gros plan venaient les visages des candidats aux élections municipales, présentés chacun leur tour, en suivant leurs programmes respectifs, mais aussi leurs dernières déclarations en date. Dante n'y prêta guère attention. Ça faisait des jours et des jours que tout ce barda régnait : il en était tout à fait blasé. S'installant aux côté de la blondinette -pas trop près non plus- Dante reprit donc son bouquin, pour l'ouvrir au poème que la jeune fille avait précédemment cité. La page de droite reprenait la version originale, en français, celle de gauche n'étant qu'une pâle traduction lettone. Quoiqu'en réalité, notre homme n'en savait rien: il ne parlait pas grand chose de la langue de Baudelaire. Ce qui lui importait le plus, ce qu'il aimait par dessus tout dans les vers originaux, c'était leur musique. Lorsqu'il était seul, il lui arrivait parfois de s'arrêter sur une strophe, n'importe laquelle, et d'en goûter les sons sur son palais pendant de longues minutes. Alors seulement il parcourrait la transcription, en saisissant la profondeur. Il avait toujours l'impression qu'il s'apprêtait à sauter à l'élastique, avec ce langage. Appréhension, peur, crainte. Surprise. Joie. Extase. Ce n'était bien évidemment que son propre point de vue… Élisa, elle, ne supportait pas Baudelaire. Ce qui avait donné lieu à de longues discussions soldées la plupart du temps de manière assez désagréable.

Pris d'un élan soudain, Dante en murmura les derniers vers pour lui-même, ses paroles se noyant sous les commentaires du journaliste du petit écran:


"Imbécile ! De son empire si nos efforts te délivraient, tes baisers ressusciteraient le cadavre de ton vampire ! "

Dante parcourut la traduction. Et se sentit désagréablement touché par son sens… Toutefois, avant même qu'il ne s'y penche plus avant, un gargouillis d'estomac lui rappela soudain la présence des mets du jour, pile sous son nez. L'homme abandonna ses pensées sans regret. Refermant l'ouvrage dans un petit claquement pour attirer l'attention de Rebekka, Dante lui adressa un sourire amusé, non dénué cependant d'une certaine chaleur.

"C'est une tradition dans ton pays de manger froid ?"

C'était une simple pichenette, qui n'avait rien d'agressif. Mais lorsqu'il se rendit compte qu'après tout ce qu'ils s'étaient envoyés, elle pourrait mal le prendre, le rouge lui monta légèrement aux pommettes. L’informaticien détourna le regard, soudain mal à l'aide, croisant les doigts pour que le petit pont qu'ils avaient établi ne se fracasse pas à la première vaguelette. Il était sûrement un peu trop fragile encore pour supporter quoique ce soit, ne serait- ce que le chatouillis d’une plume. Aussi le jeune homme marmonna t-il un "désolé" sincère, avant de se maudire intérieurement pour son humour barbant… D'autant plus qu'entre Danemark et Lettonie, il ne savait pas s'il y avait une grande différence de température. Bref.

"Enfin, ce n'était pas pour t'embêter, c'est que, juste que... ça à l'air bon, ce serait dommage de devoir le réchauffer."

Faible sourire de paix, regard vers les DVD. Dante préféra tout de même se taire avant de commettre une vraie boulette. Au moins jusqu’à ce qu’il ait mangé, s'il vous plait !
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Rebekka M. Leifsen
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MessageSujet: Re: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   Mer 9 Nov - 17:39




“Yippee-ki-yay, motherfucker!„

Albert, vous commencez à m’énerver ! Si vous continuez, je vais finir par changer d’ami imaginaire !


L’écran de la télévision était allumé. La jeune femme attrapa vivement la télécommande et zappa jusqu’à l’une des chaînes d’informations non-stop. Et voilà que commençait le blabla habituel sur la crise économique mondiale. C’était la fin du monde, d’accord, on le savait maintenant, il fallait que les journaux télévisés passent à autre chose. Comme toujours, rien au sujet du Danemark. D’ailleurs, la seule fois où elle avait entendu parler de son pays natal aux informations, c’était à la suite de la caricature de Mahomet dans un journal danois. C’était pour dire… L’image changea et passa aux visages des quatre candidats à l’élection municipale de Vérone. Et parmi ces quatre faces, une qui l’intéressait particulièrement. La politique, elle n’en avait rien à faire. Surtout elle, qui était bien plus libérale que tous ces Italiens qui ne juraient que par leur belle et grande église catholique. La grande majorité des Danois étaient luthériens, c’est-à-dire protestants, et il n’y avait qu’un seul archevêché catholique, à Copenhague. Si, devant les vieilles générations, les jeunes jouaient encore le jeu de la virginité jusqu’au mariage et du respect de la Bible, en réalité, beaucoup d’entre eux militaient depuis longtemps pour les droits homosexuels et la liberté sexuelle. De toute façon, la majorité pénale s’établissant à quinze ans, il était difficile de faire entrevoir une vie de privation à la nouvelle population. Toujours est-il que les différents programmes politiques lui passaient allégrement par-dessus la tête, Bekka ne prêtant attention qu’aux menus détails. Comme la prise de vue de la très grande demeure Andreotti, en plein centre de Vérone. La danoise nota mentalement l’adresse dans sa tête, se promettant d’aller y faire un tour, un de ces quatre. Après tout, monsieur l’ancien sénateur avait quelques comptes à leur rendre, à elle et ses cauchemars.

Ce fut le claquement que produisit le livre en se fermant qui la ramena doucement à la réalité. Et comme s’il ne pouvait s’en empêcher plus de cinq minutes, Dante lui lâcha une nouvelle réflexion, peu sympathique. Cependant, le sourire qu’il lui adressait démontrait tout le contraire de ce qu’il venait à peine de dire. Rebekka haussa un sourcil narquois, comme elle savait si bien le faire, en signe de moquerie. D’ailleurs, Dante suivit très vite sa réflexion moqueuse d’excuses, que la jeune femme accepta silencieusement de bon cœur. Après tout, mieux valait éviter que toute l’histoire reparte en sucette immédiatement, sinon, on ne s’en sortirait jamais. "Enfin, ce n'était pas pour t'embêter, c'est que, juste que... ça à l'air bon, ce serait dommage de devoir le réchauffer." Avant qu’elle n’ait pu rétorqué quoi que ce soit, le Letton avait engouffré dans sa bouche une bonne portion de cannellonis avec sa fourchette. La jeune femme le regarda avec des yeux grands comme des soucoupes, puis ne put s’empêcher de rire franchement au fur et à mesure que son compagnon de dîner devenait rouge et agitait ses mains devant lui pour faire de l’air. Quelle idée, aussi, d’engloutir aussi vite un plat qui sortait à peine du four. « Alors, tu vois, dans mon pays, » finit par répliquer Bekka entre deux éclats de rire, « on évite surtout de se brûler la langue comme ça. » Elle continua cependant de rire pendant quelques minutes, sûrement au grand désespoir de Dante, mais ça n’était qu’un juste retour des choses, au final. Elle fut même forcée de reposer son plateau sur la table, de peur qu’il ne lui échappe des mains – mains dont elle avait d’ailleurs besoin pour se tenir le ventre tant elle riait – et ne se renverse sur le sol. Des larmes de rire commençaient à perler au coin de ses yeux quand elle finit enfin par se calmer. Fiou. C’était une sacrée façon de faire redescendre la pression.

Mais l’heure n’était plus aux rires. Non, l’heure était à l’horreur, au traumatisme, l’heure était aux dessins animés. L’heure était à Bambi. Le film qui avait certainement créé des cauchemars à des millions d’enfants sur la planète, un véritable cauchemar. Et encore heureux qu’au final, on n’entendait que le coup de fusil, car au départ, les dessinateurs voulaient même représenter l’agonie de la biche ! Dans un dessin animé pour enfants ! Non mais c’est des malades à Walt Disney en fait. Pas étonnant que le film finisse dans le top 25 des films d’horreur. Bekka savait même qu’il existait des groupes facebook « J’ai été traumatisé par Bambi ».

Cela ne l’empêcha pas de lancer le film.

On va partir sur l’idée que tout le monde a vu Bambi. Donc vous savez tous comment ça commence : dans la forêt, alors que le jour se lève, un oiseau bleu annonce à toute la forêt la naissance d'un petit prince. Dans un bosquet d'arbustes, une biche vient de donner naissance à un faon. Réveillé par sa mère, ce dernier dit bonjour à tous les animaux regroupés en cercle autour de lui.

C’est à ce moment-là que ça a commencé à devenir bizarre.

Panpan, le lapin, est apparu à l’écran. A côté d’elle, Bekka sentit Dante faire un bond d’un mètre de haut, acte qui la surprit et lui fit renverser le verre d’eau qu’elle était en train de boire sur elle. Résultat, son maillot était complètement trempé. Elle se releva précipitamment et fixa le jeune homme d’un regard noir.

« Nan mais ça va pas la tête ? »
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MessageSujet: Re: [PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!   

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[PV Bekka] Le début de la fin... ou simple continuité ?!

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